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Limoges, autopsie d’une première partie de saison ratée : « Quand on changera notre mentalité… »

Seulement 13e de Betclic ÉLITE, lesté de dix défaites sur les douze dernières rencontres, Limoges est déjà très loin de son objectif de playoffs à la trêve. Quel est le problème au CSP ?
Limoges, autopsie d’une première partie de saison ratée : « Quand on changera notre mentalité… »

Le dépit de Dario Gjergja : à la trêve, Limoges est loin des attentes

Crédit photo : Quentin Berbey / Limoges CSP

Pour trouver quelqu’un qui dit du bien du Limoges CSP actuel, il a fallu aller chercher longtemps. Et c’est Janis Gailitis, l’entraîneur de la SIG Strasbourg, qui s’y est collé… « Limoges est une équipe avec beaucoup de capacités. Ils ont du caractère, ils n’abandonneront pas et ils vont trouver un moyen d’y arriver. Ils ont un très bon coach, des joueurs affirmés et il leur faut du temps. Les meilleurs matchs de cette équipe sont devant elle. »

À vrai dire, difficile d’aller à l’encontre de cette dernière phrase puisqu’il n’y avait pas lieu d’être franchement enthousiasmé par la première partie de saison du CSP, si ce n’est les deux rencontres inaugurales contre Bourg-en-Bresse et Dijon, qui ont soulevé localement un enthousiasme sans demi-mesure comme Limoges en a le secret.

Une frénésie vite retombée, d’abord par l’élimination à Saint-Chamond en Coupe de France (80-82), la première défaite officielle de la saison, puis la déculottée reçue à Nancy (117 points encaissés) puis l’impair à Beaublanc contre Le Portel fin octobre, dans ce qui reste encore le seul succès stelliste de l’exercice…

« On ne s’attendait pas à en être là à la trêve »

« Il faut se rappeler d’où l’on vient », plaide le coach Dario Gjergja. « À un moment, on n’avait plus que 5-6 joueurs disponibles. Et quand les autres sont revenus, on a perdu le maigre équilibre qu’on avait trouvé. » Bilan : après le 2/2 de la première semaine, une série de dix défaites en douze matchs et un classement devenu de plus en plus sinistre au fil des semaines. À la trêve, le Cercle Saint-Pierre est 13e de Betclic ÉLITE, déjà loin, très loin, des playoffs…

« C’est dur », reconnait le capitaine, Nicolas Lang. « On ne s’attendait pas à être là à la trêve. Si on est là, c’est qu’on fait quelque chose de mal. Je ne crois pas à l’histoire de la chance : une saison doit tourner si on fait les choses correctement. Ça va le faire. À nous de nous vider la tête pendant la trêve, déjà. Perdre, ce n’est plaisant pour personne mais ce n’est aussi pas fait pour tout le monde. Quand tu as des jeunes joueurs ou des gens qui ne sont pas habitués à la pression comme on peut l’avoir à Limoges, il y a un effet boule de neige qui peut très vite arriver… Je vois actuellement des ballons perdus ou des shoots ratés qui n’existeraient jamais si on était en confiance. »

« Le pire, c’est que je vois les gars faire les efforts en défense »

Reste qu’il n’y a pas besoin d’être titulaire du Brevet d’État pour comprendre les raisons de la déliquescence limougeaude. Avec 90,8 points concédés par rencontre, le CSP est l’avant-dernière plus mauvaise défense du championnat. « On ne peut pas encaisser 100 points à tous les matchs, c’est inacceptable », peste Dario Gjergja. « Quand on changera notre mentalité et que l’on comprendra que la défense nous fera gagner des matchs, tout sera différent. Il faut que l’on travaille notre défense si l’on veut être plus compétitifs. »

Une lapalissade, ou un poncif absolu. Surtout que les joueurs ont conscience du problème. « Notre axe de progression pour 2026 ? La défense, la défense, la défense, et la défense », nous disait Gavin Ware en marge du All-Star Game. « Le pire, c’est que je vois les gars faire les efforts en défense », ajoute Nicolas Lang. Ce n’est donc pas que Limoges ne défend pas, c’est plutôt que Limoges ne sait pas défendre.

Plus de 90 points concédés par match, Limoges est la deuxième équipe la plus permissive du championnat (photo : Quentin Berbey)

« C’est paradoxal », poursuit le shooteur mulhousien. « J’ai déjà joué dans des équipes où l’on prenait 20 points de moins mais où les gars faisaient trois fois moins d’efforts en défense. En soi, je n’ai pas l’impression que l’on pêche au niveau de l’intensité. Un Leon Stergar par exemple, il est sorti de notre match à Strasbourg en ayant tout donné. On pense que la défense se résume à l’intensité mais c’est aussi du vécu collectif, des histoires de rotation, se parler, être beaucoup plus vocal. En 2025, les joueurs sont trop forts pour que ce ne soit que du un-contre-un. À nous de trouver notre défense et d’être sur la même longueur d’onde. » 

Certes longtemps minée par les blessures, cette équipe limougeaude semble également cruellement manquer de maturité, malgré la présence de vétérans confirmés (Mason – Lang – Invernizzi – Ware). « On peut faire des bonnes choses mais on manque parfois de concentration, d’attention », regrette Dario Gjergja. « Certains joueurs ne comprennent pas à quel point toutes les possessions sont importantes sur un match de 40 minutes. Tout compte : le moindre rebond offensif échappé, le moindre lancer-franc raté. À la fin, c’est ce qui fait la différence entre une victoire et une défaite. »

Des changements imminents

Et les autres chantiers ? « Il y a beaucoup de choses à améliorer mais ce n’est pas en conférence de presse qu’on va en parler », repousse Nicolas Lang, qui a tout de même donné des pistes dans son éloge de la SIG Strasbourg, de cette équipe hiérarchisée, et de ces joueurs de l’ombre qui embrassent pleinement leur rôle.

« Il faut que l’on imbrique les choses et que chacun arrive à trouver le rôle qui le rend heureux. Il faut arriver à faire en sorte que chacun soit épanoui pour que l’équipe soit en confiance. Il faut qu’on y arrive. Ce serait limite plus facile si on avait un ou deux connards. On pourrait pointer quelqu’un doigt. Là, ce n’est pas le cas, on a des bons mecs… »

Reste que plusieurs sont menacés, à commencer par le deuxième pivot Nikola Jovanovic ou Shawn Tanner, encore inutilisé cette saison, et qui a récemment dévoilé une partie de son spleen en story Instagram. Avant la trêve, le directeur sportif Crawford Palmer a promis du changement et on peut s’attendre à une ou deux recrues la semaine prochaine à Beaublanc.

 

Vendredi dernier, à Strasbourg, Dario Gjergja a tout de même pointé du doigt ces joueurs « supposés majeurs qui n’ont pas fait leur boulot ». On pense évidemment au duo Frank Mason III – Armaan Franklin, loin d’avoir le rendement escompté à la mène, ou à Justin Lewis, même si l’intérieur présente une vraie circonstance atténuante : il est rookie, et ce Limoges-là n’est pas le meilleur environnement pour découvrir le monde pro. « Je ne parlerai pas des joueurs individuellement », balaye le technicien croate. « Je ne parle que de l’équipe. Ou de moi quand je fais de la merde (sic)… » 

Gjergja a-t-il les clés ? 

Dario Gjergja constitue lui-même un dossier épineux. Dans ce genre de situations, le coach peut représenter un fusible facile, surtout sur un banc aussi mouvant que le CSP qui a accueilli onze coachs différents sur les dix dernières années. Mais le natif de Zadar a été très rapidement (dès le mois de novembre) prolongé pour deux années supplémentaires par ses dirigeants, ce qui lui confère une certaine sécurité. Le nouveau sélectionneur de la Bosnie-Herzégovine a d’ailleurs reçu le soutien public de sa hiérarchie la semaine dernière, Crawford Palmer affirmant au Populaire du Centre « qu’il n’était pas devenu un mauvais coach ».

Il est toutefois permis de se demander si Dario Gjergja a vraiment les clés pour se sortir d’une situation aussi instable. Non pas que ses compétences soient en cause, plutôt parce qu’il n’a quasiment jamais vécu cela au cours de sa carrière, qu’il n’a jamais été confronté à une telle adversité. Pour cause, sur ses 14 dernières saisons, il a été sacré… 14 fois champion de Belgique, et s’est adjugé 29 trophées avec Ostende. La preuve qu’il sait gagner, mais peut-on vraiment savoir gérer une situation de crise quand on n’a connu que le succès ?

Le palmarès délirant de Dario Gjergja en 14 saisons avec Ostende

« Apparemment, quand on est coach, il faut traverser ce type de période », souffle-t-il, un peu désabusé. « Mais il y a une chose qui est sûre : je n’abandonnerai jamais, ce n’est pas dans ma mentalité. Que va-t-on faire ou changer pendant la trêve, je n’en sais rien. Mais je suis persuadé que nous sommes meilleurs que ce que nous montrons actuellement sur le terrain. » Reste désormais à le prouver au reste du monde…

Propos recueillis à Strasbourg,

Image Alexandre Lacoste
Alexandre Lacoste est arrivé sur BeBasket en 2011, lorsque le site se prénommait encore Catch & Shoot. Amateur de portraits et de reportages, généralement au plus près des équipes de France lors des compétitions internationales, il aime chercher des angles originaux et des sujets qui vont au-delà du simple résultat sportif.

Commentaires


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lou_grand
Modestement, j'ai l'impression qu'on n 'a pas l'effectif pour faire le jeu attendu, axé sur la défense. Hormis Stergar et Magrit, on n'a pas de "défenseur dans l'âme" dans cet effectif. Mason est sur courant alternatif, Lang et Invernizzi pas de gros défenseurs, Ware prend des fautes rapides et Franklin et Lewis des rookies en Europe. Tous sont de bons joueurs de basket, pas de soucis, mais l'osmose ne se fait pas. Les absences n'ont pas aidées, c'est certain, et on serait à 6V-8D avec un effectif au complet contre Le Portel et avec un poil plus de jujotte contre Nanterre ou Cholet. Mais avec des si.... Alors va vite falloir basculer parce que sinon, c'est les PO... de proB qui nous attendent.
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derniermot
Je pense qu'il faudrait quand meme qu'il soit plus positif. Ok, il est passionné, mais chaque action perçue negativement (BP, tir raté, faute sifflee contre eux), on a l'impression que sa fille est morte. Pour en avoir causé avec les joueurs, ça affecte sa credibilité. C'est comme un coach qui gueulerait tout le temps Le body language est terrible
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