La règle des 65 matchs NBA sabote les récompenses de la saison

Le syndicat des joueurs, bien qu’ayant accepté cette règle à contrecœur lors des négociations de 2023, pousse désormais pour des réformes.
Cette saison NBA aurait dû être célébrée pour l’excellence historique de ses superstars. Shai Gilgeous-Alexander mène une campagne MVP magistrale, Nikola Jokic compile des statistiques époustouflantes, et Victor Wembanyama démontre sa dominance des deux côtés du terrain. Pourtant, au lieu de débattre de ces performances exceptionnelles, la ligue se retrouve empêtrée dans une controverse juridique autour de la règle des 65 matchs.
Cette règle, entrée en vigueur en 2023, lie l’éligibilité aux récompenses au nombre de matchs joués. Elle a déjà éliminé trois joueurs majeurs de la course aux honneurs individuels, créant une situation que les agents et le syndicat des joueurs dénoncent comme « arbitraire » et « rigide ».
Un carnage dans les candidatures aux récompenses
Les dégâts causés par cette règle sont considérables. Luka Doncic, meilleur marqueur de la NBA avec 33,5 points, 7,7 rebonds et 8,3 passes par match, a été éliminé de la course au MVP et aux équipes All-NBA après s’être blessé aux ischio-jambiers lors de son 64e match officiel. Une blessure qui met fin à sa saison à un match seulement du seuil d’éligibilité.
Cade Cunningham, troisième dans un sondage MVP de mi-saison, a subi le même sort après avoir souffert d’un pneumothorax le 19 mars, lors de son 61e match. Anthony Edwards, troisième meilleur marqueur de la ligue, a également été exclu après avoir manqué un match en raison d’une blessure au genou droit.
La situation reste précaire pour d’autres superstars. Jokic et Wembanyama n’ont chacun joué que 62 matchs avec quatre rencontres restantes au calendrier. Une seule absence supplémentaire les éliminerait également des scrutins électroniques.
Une règle contre-productive qui divise
L’ironie de cette situation réside dans le fait que tous ces joueurs ont souffert de blessures légitimes, non liées au « load management » que la règle était censée combattre. Jeff Schwartz, agent de Cunningham et Jokic, a qualifié cette règle d’« arbitraire », tandis que Bill Duffy, représentant de Doncic, estime que « la saison record de son client mérite d’être notée dans les livres d’histoire, malgré sa blessure malheureuse ».
Le syndicat des joueurs, bien qu’ayant accepté cette règle à contrecœur lors des négociations de 2023, pousse désormais pour des réformes. L’organisation a appelé l’inéligibilité de Cunningham « un réquisitoire clair » contre la règle des 65 matchs et demande qu’elle soit « abolie ou réformée ».
Historiquement, les votants ont toujours pris en compte les matchs manqués dans leurs décisions. Mais cette nouvelle règle retire complètement ce jugement des mains des électeurs, effaçant des joueurs exceptionnels des records officiels pour une différence de seulement quelques matchs. Le commissaire Adam Silver reste néanmoins réticent à abandonner cette politique, qu’il considère toujours utile pour limiter le repos stratégique des stars.


























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