Paris frustré, Tabellini pointe le « langage corporel défaitiste » après l’élimination contre la JL Bourg

Francesco Tabellini regrette certaines attitudes au sein de l’effectif du Paris Basketball
Malgré un retour dans les dernières minutes, le Paris Basketball a chuté d’entrée en Leaders Cup face à la JL Bourg (78-74), à l’Arena Futuroscope de Poitiers. Longtemps menés, revenus à portée de tir dans le money-time, les champions de Betclic ELITE ont même eu la balle de l’égalisation : à une seconde du terme, le tir à 3-points de Nadir Hifi, qui aurait envoyé les deux équipes en prolongation, a roulé sur le cercle avant de ressortir. Bourg-en-Bresse, qui avait compté jusqu’à onze points d’avance dans le troisième quart-temps (58-47, 27e) et encore neuf à 3’45’’ de la fin (72-63), a tenu bon grâce notamment à Ricardo Lindo Jr (16 points, 10 rebonds), Darius McGhee (10 points et 10 passes) et Assemian Moularé (10 points à 3/4 à 3-points), avant un ultime lancer franc d’Adam Mokoka pour sceller le score. Paris, lui, quitte déjà la compétition.
Tabellini : “On perd à cause des détails”
Après la rencontre, Francesco Tabellini n’a pas esquivé la déception. Tout en saluant la performance bressane, il a reconnu la supériorité de l’adversaire sur ce match couperet : “Tout d’abord, félicitations à Bourg, ils ont joué un super match, c’est une bonne équipe, avec un bon coach, et ils ont mérité la victoire.” Mais l’entraîneur italien a surtout insisté sur les petits riens qui, selon lui, ont fait basculer la rencontre, à commencer par l’impact au rebond : “Pour nous, c’est douloureux quand on perd à cause des détails, et puis tu vérifies la liste des stats, et tu vois qu’il y a eu 16 rebonds offensifs. C’est vraiment douloureux, et c’est quelque chose qu’on va régler.”
Au-delà des chiffres, Tabellini a pointé un mal plus profond, celui d’une irrégularité collective qui empêche Paris d’enchaîner les performances abouties. “En général, nous n’avons pas la consistance nécessaire. Nous avons besoin de la contribution de tous les joueurs. Aujourd’hui, nous n’avons pas la consistance nécessaire.” Selon lui, dans un match aussi serré, chaque possession compte et Paris n’a pas su exécuter son plan quand l’occasion s’est présentée : “Dans le dernier quart-temps, à chaque fois qu’on s’est rapproché, nous n’avons pas réussi à exécuter et eux ils ont fait de grosses actions. Et dans un match serré, ils méritent la victoire.”

Un problème d’attitude dans les moments difficiles
Si les aspects techniques sont perfectibles, l’entraîneur italien a surtout insisté sur l’attitude affichée par ses joueurs lorsque le match s’est tendu. Pour lui, la frustration a pris trop de place. “Quand vous ne jouez pas très bien, vous manquez des tirs… Je pense que c’est quelque chose qu’il faut régler”, a-t-il expliqué, avant de cibler le langage corporel de son équipe. “Notre langage corporel ne nous aide pas à gagner les matchs.” Il a détaillé ce qu’il considère comme un frein majeur à la performance : “Subir la façon dont le jeu se déroule, subir les erreurs que vous faites ou que vos coéquipiers font… Un langage corporel défaitiste ne vous aide pas du tout.”
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Interrogé sur la capacité de Paris à briller face au Real Madrid ou au FC Barcelone sans reproduire cette exigence face à des clubs moins huppés, Tabellini a rappelé que tout son système repose sur l’implication collective. “Si nous voulons performer à ce niveau, nous avons besoin de l’aide de tous les joueurs. Parce que sinon, le château va s’écrouler.” Dans un projet où les minutes et les responsabilités sont partagées, la moindre baisse d’intensité peut coûter cher : “Tout dans notre système concerne le collectif, nous partageons les minutes, nous partageons nos responsabilités.” Et lorsque le match est devenu plus rugueux, plus haché, Paris n’a pas su garder la maîtrise émotionnelle nécessaire : “Dès que le match est devenu un peu scratchy (éraillé), nous n’avons pas pu contrôler les émotions et c’est quelque chose qui nous fait mal.”
Dokossi : “On baisse assez vite les bras”
Allan Dokossi (2,05 m, 26 ans) a également dressé un constat lucide. Pour l’intérieur parisien, les 74 points inscrits traduisent un manque de rythme et d’adaptation au plan de jeu adverse : “On a mis que 74 points. On a manqué de rythme, ils ont réussi à nous ralentir, poser leur rythme de jeu.” Quand Paris subit ainsi le tempo, il devient difficile d’imposer sa propre identité : “Quand on subit comme ça, compliqué pour nous de lead et de mettre en place notre tactique.”
Au moment d’évoquer la suite de la saison, désormais recentrée sur le championnat, Dokossi a reconnu un déficit mental dans les moments où l’équipe se retrouve menée. “Je pense qu’il faut réussir à se focaliser sur le play gagnant. Ne pas baisser la tête dès qu’on est à -4, -5. On baisse assez vite les bras.” Il a également comparé la dynamique actuelle à celle du groupe sacré la saison passée : “Comparé à l’année dernière, la cohésion était vraiment là. Il faut rester une équipe.” Pour lui, il n’y a plus de calcul à faire : “Il reste que le Championnat. On va se battre pour le meilleur classement possible et essayer d’aller au bout.”
Moins de contestations, plus de travail
Les plaintes répétées envers l’arbitrage ont aussi alimenté la frustration générale. Dokossi en a pris sa part de responsabilité, estimant que cette énergie aurait dû être investie ailleurs. “On met trop d’énergie sur des choses superflues, moi le premier. Ça nous dessert plus que ça nous sert.” Refusant de minimiser la performance bressane, il a insisté : “Il faut féliciter l’équipe de Bourg, ils ont fait un gros match, il ne faut pas leur enlever ce crédit.” Avant de conclure sur la nécessité de se recentrer sur l’essentiel : “On doit plus travailler sur nos faiblesses sur le terrain que perdre notre temps sur des choses futiles comme l’arbitrage.”
Capable d’afficher un visage conquérant contre les cadors européens mais plus irrégulier dans d’autres contextes, Paris devra désormais effacer ce double visage. Comme l’a résumé Dokossi, “Contre les meilleures équipes, on montre notre meilleur visage”, mais “face à d’autres il y a du relâchement… peut-être inconsciemment.” Pour sauver sa saison, le message est clair : “Il faut en enlever l’un et garder celui d’outsider qui veut vraiment gagner tous les matches.”
A l’Arena Futuroscope,


























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