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ITW Loeiza Vari Le Roux, de Bordeaux à l’Alabama : « Grâce au basket-fauteuil, je m’envole pour une superbe aventure »

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Loeiza Vari Le Roux vit aujourd’hui un rêve éveillé. A tout juste 22 ans, elle s’est engagée avec l’Université d’Alabama aux Etats-Unis. La meneuse internationale devient la première française à intégrer une université américaine. Pour BeBasket, elle est revenue sur son parcours et évoque avec nous ses prochains objectifs.

Si sa vie a basculé en janvier 2014 lors d’un accident la privant de l’usage de ses jambes, la jeune basketteuse a depuis accompli un formidable chemin. La Finistérienne a passé cinq ans au Pôle France de Bordeaux avant de choisir d’intégrer l’une des universités les plus réputées des Etats-Unis (cinq fois vainqueur du championnat universitaire entre 2009 et 2019). Elle nous livre son histoire. 

« Le basket-fauteuil était une évidence pour moi »

« Depuis petite, j’aime le sport et en particulier le basket, sport que j’ai commencé à l’âge de 5 ans au club des Arzelliz à Ploudalmézeau. C’était le basket et rien d’autre. A l’âge de 15 ans, j’ai été victime d’un accident qui m’a privé de l’usage de mes jambes. Suite à ce traumatisme, j’ai fait un an de rééducation pour apprendre à « revivre » avec une paraplégie, et ensuite un an sans sport. Je sentais qu’il manquait quelque chose dans ma vie pour que je me sente bien. J’ai voulu tester plusieurs sports avec le Handisport Finistère (handbike, natation, basket, ping-pong) et j’ai finalement choisi le basket au sein du club handisport de Brest en section loisir, c’était une évidence pour moi.

Certes, je ne cours plus après la balle mais j’ai retrouvé les mêmes sensations : le shoot, la précision, le ballon, l’esprit d’équipe et la gagne ! Compétitrice dans l’âme, la compétition me manquait. Je me suis donc renseignée, accompagnée de mon père, si il y avait une formation dans le basket-fauteuil. J’ai donc effectué les tests de détections pour rentrer au Pôle France à Talence avant de l’intégrer l’année suivante.

Cela fait maintenant 5 ans que je suis au Pôle France à m’entraîner tous les jours. En parallèle, je suis étudiante en licence d’AES (Administration Economique et Social) où j’obtiendrai mon diplôme à la fin de l’année. »

« Un sentiment de fierté »

« Lors de l’annonce, j’ai été rempli d’une immense joie, j’ai crié il me semble (rires) et beaucoup d’émotion aussi. Je ne réalisais pas trop jusqu’à relire plusieurs fois le message et me rendre compte qu’il m’était bien destiné. J’ai ressenti comme un sentiment de fierté. Ce que je vis depuis maintenant 7 ans n’est pas facile tous les jours et un projet comme celui-ci ne peut me donner que l’envie de continuer à me battre et à vivre encore plus intensément. Je crois un peu au destin et si la vie en a décidé ainsi, c’est que je dois faire quelque chose avec ce handicap. Je me rends compte que la vie est faite de surprises et la plupart du temps, elles sont extraordinaires. »

Réussir à allier études et basket-ball de haut niveau

« J’aimerais exercer le métier de professeur des écoles en primaire. C’est pour cela que je vais commencer le Master Education et Enseignement à l’Université d’Alabama. Je trouve que professeur des écoles, c’est un très beau métier. J’aime instruire les enfants, j’aime aussi la relation que je crée avec eux. J’aime leur insouciance et leur regard sans jugement. Mais surtout, je veux sensibiliser et parler du handicap dès le plus jeune âge pour qu’il devienne une norme au sein de notre société et qu’il fasse moins « peur ». J’aimerais aussi pouvoir concilier mon métier et ma vie de basketteuse de haut niveau pendant plusieurs années encore pour me lever le matin et me dire que j’aime ce que je fais. »

Son souvenir le plus marquant dans sa jeune carrière

« Mon plus grand et plus beau souvenir reste mon premier championnat d’Europe avec l’équipe de France féminine U24 qui s’est déroulé à Bordeaux. Le moment d’avant-match sur le terrain où, bras dessus, bras dessous, nous chantons la Marseillaise devant le kop des supporters français venus nous encourager. Ma famille bretonne était aussi venue m’encourager. J’en avais les frissons. Représenter les couleurs de la France pour un sportif de haut niveau, c’est une réelle fierté. C’est une première compétition qui m’a donné encore plus envie de travailler pour atteindre un niveau supérieur au basket. Au sein du collectif, cela nous a poussé les unes, les autres à être encore meilleures. »

Ses objectifs avec l’équipe d’Alabama Wheelchair Basketball

« Ayant l’opportunité de jouer aux côtés de joueuses internationales qui possèdent un niveau de jeu élevé et de me confronter à d’autres équipes de haut calibre me permettra de progresser individuellement et me poussera à devenir meilleure. J’aimerais également trouver ma place sur le terrain comme en dehors et apporter au maximum à l’équipe pour que nous puissions ramener un septième titre de championnes national au Crimson Tide. Ce serait énorme pour moi même si chaque match sera disputé je pense !

A titre personnel, obtenir mon Master en Science de l’Education serait une véritable satisfaction. En plus de tout cela, je souhaite évidemment en profiter pour découvrir le pays et me nourrir des différentes cultures qu’il peut y avoir au sein de l’équipe. Je souhaiterais aussi approfondir mon niveau d’anglais et saisir toutes les expériences qui s’offriront à moi. »

Le rêve des Jeux Paralympiques de Paris 2024

Dans l’attente des dates du championnat d’Europe, l’équipe de France féminine de basket-fauteuil poursuit sa préparation. Les joueuses de Frédéric Guyot et Guillaume Lefeuvre se retrouveront du 12 au 17 avril prochain à Dijon dans le cadre d’un stage de préparation. Et si Loeiza Vari Le Roux s’apprête à vivre une expérience unique dans sa jeune carrière de basketteuse Outre-Atlantique, participer aux Jeux Paralympiques de Paris en 2024 reste un objectif majeur.

« J’ai cette idée en tête depuis que j’ai fait mon premier stage en équipe de France. Cela fait maintenant 5 ans que j’ai un volume d’entraînement et de préparation physique relativement élevé. Je ferai tout pour atteindre un niveau de qualité et participer aux Jeux de Paris 2024 afin de rivaliser avec les plus grandes équipes internationales et ramener une médaille. C’est un réel accomplissement, une grande satisfaction de participer aux Jeux Paralympiques en tant que sportif de haut niveau. Tu te rends compte que le travail paie et que c’est le moment de montrer ce dont tu es capable au plus profond de toi.

Vivre des Jeux doit procurer et mélanger toutes sortes d’émotions très intenses. Cela doit aussi te permettre d’apprendre beaucoup sur toi-même. Je crois en mes coéquipières, j’ai confiance en mon équipe pour les années qui arrivent. Nous avons le même objectif en tête et c’est ce qui fait notre force. »

Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’JDA M DIJON-BOURGOGNE ORGANISATEUR STAGE FRANCE À DIJON DU 12 AU 17 AVRIL 2021 Jeep ER OBJECTIF PARIS 2024 Basket Ball Bastide ConvaTec’

Son message à la nouvelle génération

Avant de partir vivre son rêve américain au sein de la prestigieuse université d’Alabama, la jeune meneuse tricolore avait un message à faire passer à la nouvelle génération. Malgré le handicap, tout est possible.

« Le message que je souhaiterais faire passer se résume en un mot : « foncer ». Handicap ou non, que ce soit pour du loisir ou en compétition, le sport apporte énormément, autant physiquement que mentalement. Il te fait oublier les difficultés du quotidien, te permet de te dépasser,  de connaître tes limites et de te prouver que tu es capable de beaucoup de choses malgré ce handicap.

Aujourd’hui, le basket-fauteuil m’a ouvert énormément de portes et m’a permis de vivre des expériences incroyables. J’ai rencontré des personnes extraordinaires et grâce au basket-fauteuil, je m’envole pour une superbe aventure aux Etats-Unis. Le basket te rend meilleure en tant que personne. »

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ITW Loeiza Vari Le Roux, de Bordeaux à l’Alabama : « Grâce au basket-fauteuil, je m’envole pour une superbe aventure »