ITW Timéo Pons après son année freshman en NCAA : « Je reste aux États-Unis l’année prochaine, c’est sûr »

Timéo Pons a pris 11 kilos de muscle lors de son année à New Mexico
Le Français Timéo Pons (2,02 m, 19 ans) était de passage à Indianapolis pour les phases finales du NIT (National Invitational Tournament), où New Mexico a été éliminé en demi-finale par le Tulsa Golden Hurricane — l’équipe d’un autre Tricolore, Léon Sifferlin.
Pendant que la ville se préparait à accueillir le Final Four de la March Madness, nous avons retrouvé l’ailier des Lobos avant son retour à Albuquerque pour revenir longuement sur sa première saison en NCAA.
Pourquoi avoir choisi les États-Unis ?
J’ai toujours été un gabarit assez fin. Et les États-Unis sont reconnus pour faire prendre de la masse aux joueurs. Je me suis dit que c’était mon principal axe de progression, et qu’ils seraient les mieux placés pour m’aider sur ce point. J’ai pris onze kilos cette saison. Je parais encore skinny quand tu me regardes, mais je sens vraiment que j’ai gagné en force.
Comment s’est passée ton adaptation à la vie américaine ?
Mon premier mois, j’avais l’impression d’être dans un film. Les infrastructures sont énormes, tout correspond exactement à ce qu’on imagine. L’adaptation s’est vraiment très bien passée, j’ai kiffé du début à la fin.
« Un gars a sorti un pistolet pour menacer quelqu’un »
Il y a eu un choc culturel particulier ?
Oui, dès la première semaine. On organisait une petite soirée de bienvenue, et un gars sort un pistolet pour menacer quelqu’un. Un vrai pistolet. Ça m’a vraiment choqué. Mais à New Mexico, il n’y a que des fous.
Et sur le campus, comment ça se passe au quotidien ?
J’habite à côté, donc j’y vais principalement pour les cours. Mais ce qui est marquant, c’est qu’on se fait reconnaître. Des gens qu’on ne connaît pas demandent des photos au supermarché. New Mexico, c’est connu pour le Pit — une salle mythique — donc les fans sont très présents. C’est un statut qu’on ne ressent pas vraiment en France.

Crédit photo : UNM Lobo Basketball / Facebook
Parlons du terrain, quelle est la plus grande différence avec la France ?
En France, tout est axé sur les systèmes collectifs, les passes, les lectures. Ici — en tout cas dans mon équipe cette saison — c’était beaucoup de défense intense et énormément de un-contre-un. Je n’avais jamais vraiment été un joueur de un-contre-un. Les Américains sont individuellement très forts, mais il leur manque parfois un peu de QI basket par rapport aux Européens.
Tu as progressé dans ce registre du un-contre-un ?
Énormément. C’est ce qui me rend vraiment satisfait de ma saison, malgré la frustration sur le temps de jeu. Défensivement aussi, parce que prendre du physique m’a permis d’encaisser les contacts, de tenir face aux attaquants adverses.
« Je suis resté fort mentalement parce que je sentais que je progressais vraiment »
Justement, tu n’as pas joué autant que tu l’espérais. Comment tu l’expliques ?
Plusieurs facteurs. J’ai fait la Coupe du Monde U19 avec l’équipe de France l’été, donc je suis arrivé un mois après le début de la préparation. Les coachs m’ont dit que ça m’avait mis en retard sur les principes de jeu — même si je n’étais pas forcément de cet avis. Et puis il y avait beaucoup de seniors dans le groupe, des joueurs plus âgés, plus expérimentés, plus costauds. Donc c’était compliqué de s’imposer en tant que freshman.
Comment as-tu vécu mentalement cette saison à attendre ton tour ?
C’était dur, surtout au début. Je suis venu aux États-Unis pour jouer, pas pour m’asseoir. J’avais d’autres offres, dans des programmes plus importants, mais j’avais choisi New Mexico parce que je pensais que c’était le meilleur environnement pour moi. Finalement ça ne s’est pas passé comme prévu, mais je suis resté fort mentalement parce que je sentais que je progressais vraiment. Et ça, ça ne ment pas.
L’encadrement aux États-Unis, c’est vraiment une autre dimension ?
Complètement. Il y a une dizaine de coachs sur le banc. Deux qui gèrent la défense, deux l’attaque, un qui gère les changements — ce n’est même pas le head coach. Le head coach, lui, il est là pour stabiliser le groupe, garder tout le monde calme même quand on est menés. Et puis on a des coachs de développement individuel assignés. Le soir, je revenais souvent travailler seul avec l’un d’eux. Tu peux même appeler un manager à 2h du matin pour qu’il vienne prendre tes rebonds — et il viendra.
« Je vais très probablement transférer pour trouver un programme où je peux vraiment jouer »
Tu as retrouvé Léon Sifferlin au NIT, avec qui tu avais joué la Coupe du monde U19. C’est spécial ?
Hier soir, on est restés à parler jusqu’à 2h du mat, pendant trois heures, juste à refaire le monde — cette saison, l’équipe de France, tout. Quand tu partages des moments comme ça avec quelqu’un, le revoir ça fait toujours plaisir.
Et toi, c’est quoi la suite ?
Je reste aux États-Unis l’année prochaine, c’est sûr. J’ai passé une saison à attendre mon tour, et maintenant que ce tour arrive, je ne vais pas partir sans avoir eu ma chance. Je vais très probablement transférer pour trouver un programme où je peux vraiment jouer — quitte à descendre d’un niveau. L’argent et tout ça, ça viendra après. Là, je veux juste jouer au basket.
L’interview complète de Timéo Pons en vidéo juste en dessous :
Eliott Caillot depuis Indianapolis






















Commentaires