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Julien Mahé interpelle le basket belge : « Il est grand temps qu’on puisse présenter la meilleure équipe possible »

Éliminée de la course à la Coupe du monde 2027 après sa défaite contre la France (72-80), la Belgique a de nouveau dû composer avec de nombreuses absences. Après la rencontre, son sélectionneur Julien Mahé a appelé à un travail de fond de la fédération pour convaincre davantage d'internationaux de répondre présent, tout en rappelant la responsabilité des joueurs.
Julien Mahé interpelle le basket belge : « Il est grand temps qu’on puisse présenter la meilleure équipe possible »

Julien Mahé a vécu sa première expérience de sélectionneur, avec la Belgique

Crédit photo : FIBA
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La Belgique ne disputera pas la Coupe du monde 2027. Battus 80 à 72 par l’équipe de France à Anvers, les Belgian Lions ont officiellement vu leurs derniers espoirs s’envoler. Une nouvelle désillusion pour une sélection qui, depuis le début de ces qualifications, évolue sans une grande partie de ses meilleurs éléments et ce malgré la nomination l’an passé de Julien Mahé.

Si les forfaits des deux joueurs NBA Toumani Camara et Ajay Mitchell sont les plus médiatisés, ils sont loin d’être les seuls. Déjà privé de huit à neuf joueurs majeurs lors de l’Euro l’été dernier, la sélection doit une nouvelle fois composer avec un effectif largement amputé. Sans jamais chercher d’excuses, le technicien français estime néanmoins qu’un travail doit être mené entre la fédération et les internationaux pour inverser cette tendance.

« Un travail doit évoluer entre les fenêtres »

Julien Mahé refuse de remettre en cause l’investissement des joueurs présents. En revanche, il fait comprendre que la fédération belge peut agir davantage afin de réunir les meilleurs éléments lors des prochaines fenêtres internationales, comme a su le faire la Fédération française de basketball en allant à la rencontre des internationaux expatriés quand ceux-ci commençaient à enchaîner les forfaits, au cœur des années 2000 et début des années 2010.

« Entre les fenêtres, il y a un travail qui certainement doit évoluer pour qu’on puisse réussir à faire venir davantage de joueurs. » Pendant les rassemblements, le sélectionneur préfère concentrer toute son énergie sur les joueurs à sa disposition. « Sur la fenêtre, on ne contrôle que ce qu’on peut contrôler. Le focus est sur les garçons qui sont là. Tous les garçons qui sont venus jusqu’à maintenant sur chaque fenêtre… il n’y a rien à dire, juste chapeau parce que ce n’était quand même jamais simple. »

Malgré l’élimination, le coach de Nanterre attend une réaction dès lundi en Hongrie. « Même si on est éliminé, on se doit d’aller en Hongrie pour gagner parce qu’avec la qualité de ce qu’on a proposé ce (vendredi) soir, on doit être en capacité de matcher cette équipe hongroise. » Il n’oublie pas non plus la défaite concédée à Mons en novembre. « Elle est quand même très regrettable et dommageable… aujourd’hui, elle compte dans le titre de qualification. »

« C’est bien beau de dire qu’on veut venir, maintenant il faut le faire »

Le technicien breton est allé plus loin en évoquant le manque de disponibilité de certains internationaux. Sans citer de noms, son message est clair : les intentions doivent désormais être suivies d’actes.

« Je pense qu’il est quand même grand temps qu’on puisse présenter la meilleure équipe possible. C’est bien beau de dire qu’on veut venir, mais maintenant il faut le faire. Il faut venir parce que quand on voit ces matchs-là, si ça ne donne pas envie de venir à d’autres, je ne sais pas ce qu’il faut faire de plus. »

L’ancien coach de Gravelines-Dunkerque et Saint-Quentin estime toutefois que cette question dépasse le simple cadre sportif. « Il faut qu’il y ait un travail qui soit fait entre les fenêtres pour qu’on puisse enfin avoir la meilleure équipe possible. Vous dire quelle part du travail revient à chacun, ce n’est pas à moi de le commenter. »

« L’objectif n’est pas atteint, c’est ma responsabilité »

Nommé avec l’ambition de qualifier la Belgique pour la première Coupe du monde de son histoire, Julien Mahé assume pleinement cet échec.

« On m’a proposé le job avec un but : se qualifier pour la Coupe du monde, ce qui n’a jamais été fait. Le but n’est pas atteint. C’est ma responsabilité. On a perdu les matchs, c’est ma responsabilité. »

Le sélectionneur reconnaît toutefois avoir été surpris par les difficultés rencontrées pour réunir son effectif. « J’étais très loin de penser que ça se passerait comme ça. » Lui qui compare régulièrement la situation belge à celle qu’il connaît en France peine à comprendre certains renoncements. « Pour moi, c’est quelque chose qui m’échappe complètement. Qu’on puisse se dire qu’on va privilégier autre chose que de venir jouer pour son pays, ça me paraît affolant. »

Un hommage aux joueurs présents

S’il regrette les nombreuses absences, Julien Mahé a tenu à saluer publiquement ceux qui répondent systématiquement aux convocations.

« Quand je vois avec quel honneur et quelle passion viennent des garçons comme Manu Lecomte, Loïc Schwartz, Kevin Tumba, Andy Van Vliet ou Retin Obasohan (qui est venu en boitant d’Espagne)… ces garçons-là ont l’équipe au cœur. Pour moi, ce sont des exemples. Je suis très fier de travailler avec eux. »

Le sélectionneur conclut néanmoins en rappelant qu’il sera difficile d’atteindre les ambitions de la Belgique sans ses meilleurs joueurs. « Évidemment, si on veut coller avec les ambitions, il va falloir qu’on puisse présenter les meilleurs joueurs. Mais attention, je veux vraiment avoir énormément de respect pour ceux qui sont là. Chapeau à tous ceux qui sont là. »

Lecomte : « C’est frustrant »

Parmi les cadres toujours présents, Manu Lecomte (1,80 m, 30 ans) a lui aussi reconnu que les nombreuses absences compliquent considérablement la tâche de la sélection belge.

« On connaît la situation, énormément d’absents depuis le début de cette qualification, depuis novembre. C’est aussi très difficile pour les coaches. Honnêtement, oui, c’est frustrant. Moi, j’ai toujours envie de gagner. Je pense que tout le monde dans l’équipe est un gagnant, mais il faut aussi être réaliste parfois. »

L’ancien meneur de l’Élan Béarnais souligne que le groupe a dû être largement reconstruit au fil des fenêtres. « Il y a énormément d’absences, ce n’est pas facile. C’est vraiment une toute nouvelle équipe. Il y a des joueurs avec qui je n’avais jamais joué auparavant et j’ai été agréablement surpris de jouer avec eux. »

Malgré l’élimination, Manu Lecomte refuse de minimiser l’engagement du groupe. « Le résultat n’est pas là, c’est vraiment dommage. Nous, on peut juste se concentrer sur ce qu’on peut faire sur le terrain et je pense qu’à chaque fois on a vraiment livré un gros combat. »

Propos recueillis par Georges Xouras à Anvers,

Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.

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