« Les joueurs français ne sont pas assez respectés en France » : Amath M’Baye regrette le traitement des JFL dans le podcast Mauvaise Lang

Amath M’Baye est revenu sur ses choix de carrière, dictés par le traitement des Français en France.
Invité du podcast Mauvaise Lang de Nicolas Lang (1,96 m, 35 ans), Amath M’Baye (2,05 m, 36 ans) a attendu ses 35 printemps pour découvrir les parquets de l’élite française. Un choix qui n’a rien d’un hasard, mais qui résulte d’un constat amer sur la mentalité du basket tricolore, dont il a fait part au micro de son coéquipier de sélection.
L’exil comme moteur de sa carrière
Pour Amath M’Baye, le désamour commence tôt. Alors qu’il termine son cursus espoir au Havre, l’envie de poursuivre ses études et de découvrir un autre basket le pousse vers les États-Unis (Wyoming, Oklahoma). Mais au moment de lancer sa carrière professionnelle, la France ne figure pas dans ses priorités. « Je ne voulais pas rentrer en France […] j’ai l’impression que les joueurs français en France ne sont pas assez respectés », tranche-t-il avec franchise.
Selon lui, les clubs de l’Hexagone souffrent d’un complexe de l’étranger persistant : « Il faut toujours se débrouiller pour mettre un « Cain-ri » devant toi ». Ce sentiment d’être constamment sous-évalué dans son propre pays a été l’une de ses « plus grosses motivations » pour réussir sa vie de basketteur sans frontières.
« Nul n’est prophète en son pays »
Pour étayer son propos, M’Baye cite volontiers Sylvain Francisco ou Axel Bouteille, des joueurs qui ont dû briller à l’étranger pour que leur talent soit enfin reconnu à sa juste valeur en France. Il va même plus loin en évoquant le traitement réservé à des légendes comme Nando De Colo lors de son retour : « Je voyais comment des fois on parlait de lui (…) on ne disait pas « c’est Nando De Colo », on disait « bon vétéran expérimenté » ».
Pour l’ailier-fort, ce manque de reconnaissance est systémique et pousse les meilleurs talents à l’exil : « Les meilleurs Espagnols jouent en Espagne, les meilleurs Italiens en Italie… les meilleurs Français se débrouillent toujours pour se barrer à un moment donné ».
Le Japon et l’Europe plutôt que la Betclic ELITE
C’est donc vers le Japon qu’il s’est tourné pour ses débuts pros, un choix guidé par la volonté de se développer techniquement dans un rôle de « 3/4 » que l’Europe ne lui offrait pas encore. S’en sont suivies des étapes prestigieuses en Italie (Milan, Bologne), en Turquie (Efes Istanbul) et en Russie au CSKA Moscou.
Aujourd’hui, alors qu’il boucle la boucle avec le Paris Basketball, Amath M’Baye savoure sa proximité retrouvée avec sa famille, tout en restant lucide sur son parcours. S’il reconnaît avoir été parfois « conservateur » dans ses choix de carrière, il ne regrette en rien ce long périple qui lui a permis d’exister là où on lui donnait les clés, loin d’un Hexagone qu’il jugeait trop frileux pour ses propres enfants


























Commentaires