« Ne pas toujours expérimenter » : Frédéric Fauthoux aux fondations tactiques de l’équipe de France avec Victor Wembanyama

Frédéric Fauthoux recherche les profils à associer à Victor Wembanyama
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À partir de 5€Essai gratuitAprès deux matchs amicaux aux bilans contrastés face à la Serbie, l’équipe de France retrouve le chemin des qualifications à la Coupe du Monde 2027 ce jeudi, à Bercy, face à la Slovénie. Une rencontre que le sélectionneur ne compte pas prendre à la légère malgré les forfaits slovènes, alors qu’il doit encore peaufiner ses animations tactiques et techniques avec un groupe encore jeune.
À la veille du premier des deux matchs qualificatifs de la fenêtre, Frédéric Fauthoux a balayé ses différents sujets, enthousiaste de pouvoir bâtir petit à petit le projet qui pourrait le mener jusqu’aux Jeux Olympiques 2028 de Los Angeles, avec Victor Wembanyama comme capitaine à la barre des Bleus.
« Ce serait une grosse erreur de ne pas respecter la Slovénie »
Le premier écueil qui guette l’équipe de France réside dans l’absence de Luka Dončić, un forfait majeur qui pourrait inciter à un relâchement coupable. Mais la Slovénie, bien que privée de la superstar de Los Angeles, reste une équipe redoutable que Frédéric Fauthoux refuse catégoriquement de prendre à la légère. « C’est toujours des équipes particulières. […] Il y a toujours 6 ou 7 joueurs qui reviennent très régulièrement, qui ont déjà joué des Jeux Olympiques, des championnats du monde, des coupes d’Europe », rappelle Fauthoux.
Il pointe également le danger de leur adresse extérieure : « C’est une équipe qui prend énormément de risques sur le tir à trois points, et il suffit que ce soit un soir où ils sont en grande réussite, ils peuvent nous mettre à défaut ». Dès lors, l’excès de confiance serait le pire ennemi des Bleus : « Qu’on ne respecte pas assez cette équipe-là, et ça serait une grosse erreur de notre part. […] Les Slovènes viendront pour gagner, et à nous de respecter ça »

« Je ne veux pas que Victor change sa nature
parce qu’il est capitaine »
Avec la présence de Victor Wembanyama pour la première fois depuis les Jeux Olympiques de Paris 2024, l’engouement populaire atteint des sommets, du hall de l’hôtel aux portes des salles d’entraînement. Une ferveur que le staff doit apprendre à gérer : « C’est quelque chose qu’il faut aussi appréhender, dont il faut savoir aussi protéger le groupe un petit peu. […] Victor, aujourd’hui, est une star mondiale. […] Il va falloir s’habituer à vivre avec ».
Nommé capitaine à seulement 22 ans, Wembanyama apprend à endosser ce costume tout en restant fidèle à son jeu. Freddy Fauthoux se refuse d’ailleurs de le surcharger de consignes formelles, ou de lui dicter la démarche à suivre : « Victor est pour l’instant un capitaine surtout par l’exemple, par ce qu’il représente. Pour l’instant, je n’ai pas envie qu’il change sa nature parce qu’il est capitaine. Il y a tellement de façons de l’être […] qu’il faut d’abord qu’il soit lui-même ».
Dans ce sens, la présence de joueurs plus expérimentés comme Evan Fournier, Rudy Gobert ou encore Timothé Luwawu-Cabarrot est une aide précieuse pour la natif du Chesnay, qui discute beaucoup avec ses aînés dixit le coach.
« Très facile et très agréable à coacher », Victor Wembanyama rappelle à Frédéric Fauthoux son ancien coéquipier en sélection, Tony Parker, dans la passion qu’il y met. « Pour avoir aussi joué avec Tony, je connaissais très bien sa mentalité pour venir en équipe de France. Et sincèrement, ils ont le même engagement à revenir à chaque fois qu’ils peuvent. S’il n’y a pas de contre-indication médicale, il sera là à chaque été pour venir jouer avec nous ».
Plus de constance
Après un deuxième match amical face à la Serbie marqué par un passage à vide au retour des vestiaires, Fauthoux attend plus de constance pour les deux matchs qui comptent, face à la Slovénie puis en Suède : « Il va falloir combler ce petit quart d’heure où vraiment on n’a rien fait de bon pour garder l’avantage qu’on avait eu ». Pour y parvenir, des ajustements dans la rotation pourraient être envisagées. A l’image de l’association entre Rudy Gobert et Victor Wembanyama, pas encore probante, qui restera une arme ciblée plutôt qu’une solution systématique. « Il y a des chances qu’ils rejouent ensemble. Par contre, il ne faudra pas toujours expérimenter. S’ils jouent ensemble, c’est que je pense que c’est nécessaire pour l’équipe, pour changer le rythme d’un match parce qu’on est faible dans certains secteurs ».
Le poste de meneur de jeu concentre lui aussi une grande partie des attentions, par la diversité des profils et les talents évidents de chaque postulant. Sylvain Francisco, particulièrement performant lors du dernier amical face à la Serbie, semble tenir une longueur d’avance, juste devant Matthew Strazel : « Sylvain est un joueur qui a évidemment mûri, dans sa vie comme dans son jeu », raconte le technicien, qui le connaît depuis sa majorité. « C’est une grande chance, pour lui et pour l’équipe de France, de le voir jouer à ce niveau-là ».
Choisir, c’est renoncer. Alors Nadir Hifi est, lui, laissé un peu plus de côté dans cette fenêtre. Une décision purement stratégique, que le coach assume : « C’est compliqué de jouer avec plusieurs arrières de petite taille en même temps, il faut faire des choix. En ce moment, peut-être que Sylvain correspond mieux à cette équipe. » Le sélectionneur insiste néanmoins sur le fait que le meneur parisien ne doit pas renier son identité : « Il ne faut absolument pas qu’il change son jeu, parce qu’il reste un joueur d’exception ».
« Un socle collectif » malgré les contraintes du calendrier
L’été 2026 sera, à sa conclusion, peut-être la période la plus fructueuse pour le sélectionneur dans la pratique, avec la présence successive d’une grande partie des joueurs NBA et EuroLeague. S’il aimerait évidemment pouvoir les réunir « tous en même temps, parce qu’il faut un socle collectif », Frédéric Fauthoux se satisfait tout de même de ce qu’il peut obtenir de la part des franchises.
« La cohésion et les automatismes du groupe final » se trouvent forcément impactés par la situation, mais le staff tricolore compose au gré des présences, tout en concernant les absents. « On essaie de mettre des choses en place pour que le jour où ils sont tous là, les automatismes s’emboîtent le plus rapidement possible. […] C’est une très grande complexité de faire travailler des joueurs qu’on n’a pas sous la main. […] Pendant les hivers, le contact est téléphonique, on les observe pour savoir comment ils progressent », décrit-il.
Avec les présents en tout cas, l’équipe de France peut valider un sixième succès en sept matchs de qualifications au Mondial 2027. Entre-deux face à la Slovénie ce jeudi soir (20h30), dans une salle de Bercy attendue complète ; avant un déplacement en Suède ce weekend.
Depuis l’Accor Arena, Bercy…



































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