« Un très bel avenir devant lui » : quand le Rouennais Lucas Demahis-Ballou crève l’écran face à… Rouen

Lucas Demahis-Ballou était dans la zone vendredi soir contre Rouen
« Non, du tout, pas de pitié », pouvait en sourire Lucas Demahis-Ballou en conférence de presse. À 21 ans, le meneur d’Aix-Maurienne a torturé son club formateur vendredi avec une prestation quasi-parfaite face au RMB (17 points à 6/7, 5 rebonds et 6 passes décisives en 25 minutes).
Un enfant des Cotonniers
L’an dernier, Alexandre Ménard nous avait raconté qu’il aimait shooter les midis sur le parquet de la salle des Cotonniers lorsqu’il entraînait Rouen. Et qu’un gamin de 13 ans lui renvoyait les ballons. Cet enfant, c’était Lucas Demahis-Ballou.
Si les deux hommes ont été champions de France Pro B ensemble la saison dernière avec Boulazac, tout a démarré à Rouen pour l’actuel savoyard. Originaire du quartier Saint-Sever, au cœur de la rive gauche de la ville, il a passé son enfance dans le giron du SPOR, licencié de ses 6 à 18 ans au sein du club normand.

« C’est toujours bizarre d’affronter mon club formateur », pouvait-il glisser. « Mais c’est bien quand même, surtout de les affronter en pro : ça montre le travail que j’ai mené depuis que j’étais là-bas ! »
Un record personnel qui passe de 15 à 25 d’évaluation !
Pour le coup, oui, Lucas Demahis-Ballou a pu mesurer sa progression. Il a effectivement découvert le monde pro avec Rouen, disputant quatre matchs avec le RMB, validant ainsi une progression du baby basket jusqu’à la Pro B au sein du même club. Mais depuis, il n’avait dépassé la barre des 15 d’évaluation. Vendredi, il est monté jusqu’à 25 !
« J’avais beaucoup de décalages pour moi : c’est grâce à mes coéquipiers qui m’ont créé des ouvertures », a-t-il modestement avancé. « J’ai eu des tirs et ça s’est bien passé. »

Pour une analyse plus détaillée de sa performance, il a donc fallu se tourner vers son entraîneur, Julien Cros. « Au-delà de ses statistiques, il a été de suite très impactant offensivement. Il met deux tirs à 3-points très vite sur sa première entrée. Et quand tu commences à prendre feu, tu peux te mettre à forcer quelques situations : or, ça n’a pas du tout été le cas… Il a fini la première mi-temps avec deux tirs à 3-points tentés. Ça veut dire qu’il est resté dans le plan de match, sans forcer, et c’est l’image qui me vient en tête. Offensivement, il a fait un gros match. Défensivement, il a eu quelques belles séquences, de l’impact au rebond. C’est une prestation solide. »
Candidat au titre de meilleure progression ?
Une confirmation, surtout, de la nouvelle dimension qu’est en train de prendre le joueur sur les rives du lac du Bourget. Anonyme dans la rotation boulazacoise l’an dernier, où il n’avait certes pas été aidé par sa très grave entorse de la cheville pour démarrer la saison, il a plus que doublé sa moyenne offensive par rapport à sa pige blésoise à l’automne (de 6 à 12,3 points de moyenne), bien plus en confiance offensivement (de 23 à 44% à 3-points) et plus responsabilisé (de 16 à 22 minutes).

L’évolution statistique de Lucas Demahis-Ballou depuis un an
« Le choix de venir à Aix-Maurienne est clairement payant », apprécie Demahis-Ballou, prêté à AMSB jusqu’à la fin de la saison par l’ADA, qui l’a parallèlement prolongé jusqu’en 2027. « Je suis en confiance : ça vient du coach, du staff, des coéquipiers. Ça se passe bien et je ne regrette pas du tout mon choix. »
« Il monte en puissance »
D’autant plus plus marquant que Lucas Demahis-Ballou n’est pas arrivé dans des conditions idéales en Savoie. Recruté pour remplacer un Américain, ce qui était déjà une sacrée pression pour un meneur de 21 ans sans grande référence au niveau professionnel, il a débarqué au lendemain de la blessure traumatisante de son ex-coéquipier Lucas Ugolin, vécue à Gries, avant d’embarquer pour un road trip de plusieurs jours dans l’Ouest de la France deux heures après avoir rencontré ses nouveaux compagnons de route. Tout ça pour devenir, malgré lui, le protagoniste central de « l’affaire Demahis-Ballou », ce premier match à Quimper qu’il n’aurait pas dû disputer et qui va coûter à Aix-Maurienne la victoire acquise sportivement en Bretagne.

« Il s’est vite acclimaté, c’est assez fort pour un jeune joueur », souligne Julien Cros. « Il s’est de suite très bien adapté. Il s’est mis dans nos principes offensifs et défensifs. On voit qu’il monte en puissance depuis quelques matchs. Le mérite de l’avoir responsabilisé revient à Blois. Ils l’ont lancé cette saison et on est le deuxième tremplin. Pour l’instant, il répond très bien aux croyances qu’on place en lui. À mes yeux, cette doublette de jeunes meneurs français n’était pas un pari mais on en récolte les fruits en ce moment avec notre très bonne série (quatre victoires consécutives, ndlr). Lucas est un joueur qui a un très bel avenir devant lui. » Avec des petits airs de Théo Maledon dans le jeu, au-delà de leurs origines rouennaises communes…
À Aix-les-Bains,

























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