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Le 4 septembre 2002, Team USA voyait « son » mondial virer au fiasco

Avant le Mondial 2002, Team USA restait sur dix années sans la moindre défaite avec des joueurs NBA. À Indianapolis, l’Argentine a brisé une série de 58 victoires consécutives (87-80), avant que les États-Unis ne sombrent jusqu’à une inattendue sixième place devant ses supporters. Créant une onde de choc sans précédent sur la planète basket.
Le 4 septembre 2002, Team USA voyait « son » mondial virer au fiasco

Au Mondial 2002, Team USA a vécu une désillusion majeure à Indianapolis, battue par l’Argentine avant de terminer seulement sixième.

Crédit photo : Youtube
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Depuis l’apparition de la Dream Team aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992, aucune sélection composée de joueurs NBA n’avait battu les États-Unis. Dix ans plus tard, lors de la coupe du Monde 2002 disputée sur son sol à Indianapolis, la série semblait encore partie pour durer. Team USA avait ainsi commencé son Mondial 2002 par cinq victoires de rang. Puis tout s’est écroulé en quelques jours à Indianapolis : une première défaite historique contre l’Argentine, suivie d’une une élimination contre la Yougoslavie et un dernier revers face à l’Espagne lors des matchs de classement. Bilan : trois défaites, une sixième place sur le sol américain, et un véritable traumatisme pour tout un peuple.

58 victoires consécutives

Sur le papier, cette sélection américaine n’avait pourtant rien de la Dream Team de 1992. Plusieurs grandes stars NBA avaient en effet décliné l’invitation. Kobe Bryant, Tim Duncan ou Kevin Garnett, avaient notamment choisi de se reposer, tandis que Shaquille O’Neal, Jason Kidd ou Ray Allen étaient sur le flanc.

Le sélectionneur d’alors, George Karl, disposait néanmoins d’un groupe exclusivement composé de joueurs NBA. Aucune véritable superstar, mais 12 joueurs référencés et, surtout, expérimentés dans la grande ligue, parmi lesquels plusieurs All-Star tels que Paul Pierce, Reggie Miller, Jermaine O’Neal, Ben Wallace, Shawn Marion, ou Elton Brand.

Les premiers matches n’avaient donné aucune raison de s’inquiéter. Algérie, Allemagne, Chine, Russie puis Nouvelle-Zélande avaient été battues, les États-Unis remportant leurs cinq premières rencontres avec près de 30 points d’avance en moyenne.

L’Argentine réalise l’impossible

Mais le 4 septembre 2002, l’Argentine allait changer l’histoire du basket international. Face aux Américains, l’Albiceleste se présente elle aussi invaincue, portée par une génération qui allait bientôt prendre une place majeure sur la scène mondiale : Manu Ginobili, Luis Scola, Fabricio Oberto, Andrés Nocioni ou encore Pepe Sanchez.

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L’Argentine ne se contente pas de résister. Elle mène du début à la fin et compte jusqu’à 20 points d’avance dans le deuxième quart-temps. Team USA revient à six longueurs après la pause, sans jamais parvenir à recoller. Victoire logique de l’Argentine 87-80, qui brise la série de 58 succès de rang des étasuniens. Le symbole est immense. Pour la première fois, une sélection américaine composée de joueurs NBA vient de perdre un match.

Avec l’humilité qui le caractérise, El Manu (15 points face aux U.S.) pointera du doigt une différence majeure entre les deux équipes : « Nous nous connaissons. Nous savons où seront les écrans, quand couper pour recevoir une passe. Apparemment, Team USA non. » Une manière de souligner le fait que la sélection américaine n’avait aucun vécu collectif. Et visiblement préparé ce mondial sur ses terres avec un peu trop de suffisance.

De l’accident à la débâcle

Une défaite de Team USA pouvait encore être considérée comme un avertissement. La suite du tournoi va lui donner une tout autre dimension. Dès le lendemain, la Yougoslavie battait à son tour les U.S. sur le fil (81 à 78) en quarts de finale, sous les coups de boutoir de Peja Stojakovic (20 points) et Vlade Divac (16). Eliminant ainsi les Américains avant le dernier carré à la surprise générale. Deux jours plus tard, l’Espagne d’un immense Juanca Navarro (26 points) les dominait à son tour (81-75) dans le match pour la cinquième place.

Les États-Unis terminaient donc sixièmes avec trois défaites lors de leurs quatre derniers matches. A l’image de son pourcentage de réussite aux lancers sur l’ensemble du tournoi (62,8%), Team USA ne s’était pas montré au niveau pour monter sur le toit du monde face à son public. Une désillusion qui poussait George Karl à s’interroger publiquement au sortir de la compétition: « L’argent et l’avidité de la NBA ont-ils un effet sur notre esprit de compétition ? ».

Bis repetita aux jeux d’Athènes

Le traumatisme d’Indianapolis n’empêchera pas une nouvelle déconvenue deux ans plus tard. Aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, les États-Unis devront en effet se contenter du bronze. L’Argentine de Manu Ginobili remportera, elle, la médaille d’or après avoir éliminé Team USA en demi-finales.

Ces deux compétitions participeront ensuite à la remise à plat du programme américain et à la recherche d’un engagement plus durable de ses joueurs sous la houlette du duo Mike Krszyszewski (sélectionneur) – Jerry Colangelo (président). Un binôme qui posait les bases du succès de team USA aux jeux de Pékin après l’échec du mondial 2006 au Japon, remporté par l’Espagne du MVP Pau Gasol.

Indianapolis reste donc à jamais le premier séisme de la sélection américaine. Le 4 septembre 2002, Team USA n’avait pas seulement perdu contre l’Argentine. Elle venait de découvrir que les temps avaient changé. Et que la simple présence de joueurs estampillés NBA en son sein, n’offraient plus aucune garantie de succès.

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