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Elie Okobo raconte la saison folle de Monaco : les impayés, la menace de grève et le retour improbable de Mike James

Elie Okobo est revenu sur les coulisses de sa dernière saison à l’AS Monaco, achevée par un titre de champion de France malgré les salaires impayés, une menace de grève et un effectif décimé. Désormais attendu à Dubaï, l’international français a également évoqué le retour inattendu de Mike James lors du match 5, son absence aux Jeux olympiques de Paris 2024 et sa nouvelle place en équipe de France.
Elie Okobo raconte la saison folle de Monaco : les impayés, la menace de grève et le retour improbable de Mike James

Elie Okobo, ici avec l’équipe de France début juillet, revient sur sa folle saison 2025-2026 à Monaco et ses projets en équipe de France

Crédit photo : Guillaume Poumarede
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Élie Okobo (1,91 m, 28 ans) a quitté Monaco sur un troisième titre de champion de France, remporté au terme d’une saison qu’il décrit comme particulièrement éprouvante sur le plan mental. Invité de First Team, l’arrière/meneur français a raconté les conséquences des problèmes financiers rencontrés par la Roca Team, la menace de grève des joueurs et les conditions improbables dans lesquelles Mike James a participé au match 5 des finales contre le Paris Basketball.

MVP de la saison régulière, de la Leaders Cup et des finales de Betclic ELITE, le Bordelais a aussi détaillé les raisons de son refus de disputer les trois dernières rencontres de la saison régulière. Avant d’ouvrir un nouveau chapitre de sa carrière à Dubaï, il est également revenu sur sa non-sélection aux Jeux olympiques de Paris 2024 et sur la confiance que lui accorde désormais Frédéric Fauthoux en équipe de France.

Elie Okobo situe le début des impayés au mois de décembre

La saison monégasque avait pourtant commencé dans des conditions favorables. Après avoir terminé l’exercice précédent sans trophée malgré une finale d’EuroLeague, l’effectif voulait reprendre les commandes sur la scène nationale. Monaco avait rapidement retrouvé de bons résultats, avant que les premiers retards de paiement ne viennent perturber le quotidien du groupe.

« Ça a commencé en décembre. Les paiements commençaient à arriver un peu plus tard que la normale. On nous a rassurés en disant que ça allait arriver, mais ça a mis beaucoup trop de temps », raconte Elie Okobo dans First Team.

Les victoires ont d’abord permis aux joueurs de maintenir leur attention sur le terrain. La situation est devenue plus difficile à supporter lorsque les résultats ont commencé à se dégrader, notamment après une lourde défaite sur le parquet du Žalgiris Kaunas.

« Tant qu’on gagnait, ça se passait bien, même si on en parlait. Le moment où on a perdu un match, et où ce n’était pas beau en plus, c’est parti en cacahuète. »

À l’intérieur du vestiaire, les discussions se sont progressivement éloignées du basket. Les joueurs cherchaient surtout à savoir quand les sommes promises seraient versées et comment le club comptait résoudre la crise.

« Quand tu arrives au vestiaire et que tu ne parles plus trop de basket, mais davantage de quand est-ce que ça va tomber, tu comprends que ce n’est pas normal. »

Une menace de grève avant le match de Nanterre

Le problème a duré plusieurs mois et conduit les Monégasques à envisager une action collective. Selon Elie Okobo, les joueurs ne savaient plus s’ils devaient continuer à s’entraîner et à disputer les rencontres malgré les promesses non tenues.

« La solution pour nous, c’était de faire grève. On ne savait plus quoi faire. Est-ce qu’on s’entraîne ? Est-ce qu’on ne s’entraîne pas ? Est-ce qu’on va au match ? Il fallait faire quelque chose parce qu’il ne se passait rien. »

La menace intervient notamment avant la rencontre face à Nanterre 92 organisée à Paris La Défense Arena, devant environ 17 000 spectateurs. L’annulation éventuelle de cette affiche aurait eu d’importantes conséquences pour le championnat. Le groupe avait pourtant décidé de tenir aussi longtemps que possible. Des échanges ont eu lieu avec les dirigeants, tandis que les joueurs attendaient une intervention susceptible de débloquer la situation financière.

Cette crise a également pesé sur l’environnement sportif. Okobo estime que le départ de Vassilis Spanoulis résultait à la fois des mauvais résultats, des tensions internes et des problèmes de paiement. L’entraîneur grec se trouvait, selon lui, dans une situation comparable à celle des joueurs.

Trois matches manqués et une présence en playoffs décidée le matin même

Alors que plus de 400 000 euros lui étaient encore dus, Elie Okobo a finalement refusé de jouer les trois dernières rencontres de la saison régulière. Il a continué à s’entraîner avec ses partenaires et à suivre sa préparation habituelle, mais n’accompagnait plus l’équipe lors des matches.

« J’aime aller sur les terrains, j’aime m’entraîner et je n’ai pas aimé ne pas être sur le terrain en fin de saison. Je regardais l’équipe, mais ce n’était plus possible. Au bout d’un moment, il faut faire passer des messages. »

La décision a été difficile à vivre pour le futur MVP de Betclic ELITE, partagé entre la volonté d’aider ses coéquipiers et la nécessité de défendre ses droits. Ses partenaires ont toutefois compris sa position. Sa participation au premier match des playoffs contre la JL Bourg est restée incertaine jusqu’aux dernières heures. Okobo affirme avoir obtenu la confirmation qu’il attendait le matin même de la rencontre.

« Je me préparais au cas où. Mon but, c’était de jouer. J’ai eu la confirmation le matin du match. »

La Roca Team a ensuite traversé les playoffs avec un effectif fortement réduit. Sergii Gladyr et Manuchar Markoishvili, anciens assistants de Spanoulis, ont repris l’équipe et accordé davantage de responsabilités aux joueurs. Okobo souligne leur capacité à maintenir le groupe mobilisé tout en assurant de nombreuses tâches (le scouting, la vidéo, faire les passes aux joueurs à l’échauffement etc.) habituellement réparties au sein d’un staff plus large.

Mike James achète des chaussures avant de disputer le match 5

Le dernier épisode de cette saison mouvementée intervient avant le match 5 des finales de Betclic ELITE contre Paris. Monaco pensait encore pouvoir compter sur Matthew Strazel, finalement suspendu. L’annonce provoque une nouvelle période de confusion au sein du groupe.

Mike James, à l’écart depuis plusieurs semaines, se trouvait alors sur le point de rejoindre Paris. Selon Okobo, le meneur américain devait initialement venir soutenir ses anciens coéquipiers et prendre ensuite un vol pour rentrer chez lui.

La suspension de Strazel a changé les plans. James a accepté de jouer sans avoir préparé la rencontre et sans disposer immédiatement de son équipement. Il aurait même dû se rendre dans un magasin pour acheter une paire de chaussures.

« On a su qu’il prenait l’avion, mais personne n’avait amené son maillot. Je crois qu’il est allé acheter des chaussures. C’était n’importe quoi. »

Okobo a préféré couper son téléphone et suivre sa routine habituelle. À son arrivée à l’Arena, la présence de James n’était toujours pas assurée.

« On me dit : “Peut-être qu’il va venir, peut-être pas.” Je fais mon entraînement individuel, je reviens et il est sur la table en train de se faire étirer. Je lui dis : “Qu’est-ce que tu fais là ?” »

Mike James a finalement disputé la rencontre avec le numéro de Matthew Strazel. Sans chercher à monopoliser le ballon, il a apporté son expérience et une option supplémentaire à une équipe privée de plusieurs joueurs majeurs. Okobo estime que son retour a été déterminant : « Sans lui, je pense qu’on ne gagne pas. »

Monaco a remporté le titre au terme d’un match au scénario improbable. L’ancien joueur de l’Élan béarnais et l’ASVEL a terminé la rencontre avec 15 points et 15 passes décisives, préférant répondre aux prises à deux parisiennes en servant ses coéquipiers plutôt qu’en multipliant les tirs.

Les Jeux de Paris 2024, une absence encore douloureuse

Au cours de cet entretien, l’international français est également revenu sur sa non-sélection pour les Jeux olympiques de Paris 2024. Après une saison réussie avec Monaco et une préparation qu’il jugeait correcte, il pensait pouvoir intégrer le groupe de Vincent Collet.

« Je l’ai tellement mal vécu. C’était hyper frustrant. Ça faisait six ou sept ans qu’on savait que les Jeux seraient à Paris. Quand j’étais jeune, j’avais calculé mon âge et je m’étais dit qu’à 26 ans, je serais très fort. »

Le débat de la rédaction · À vous de trancher

Elie Okobo doit-il être un joueur majeur des Bleus à la Coupe du monde 2027 ?

  • Oui
  • Non

Elie Okobo est malgré tout venu assister aux deux demi-finales et à la finale du tournoi olympique. Il assure désormais regarder vers les prochaines échéances, notamment la Coupe du monde 2027 et les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Son statut a évolué depuis la nomination de Frédéric Fauthoux. Le sélectionneur lui accorde davantage de responsabilités, même si le joueur refuse de considérer sa place comme acquise.

« Il me fait confiance et après, c’est à moi de performer. Il n’y a pas de piston. Il faut travailler, montrer qu’on a envie et être efficace dans un groupe. »

Elie Okobo veut gagner l’EuroLeague avec Dubaï

Après quatre saisons à Monaco, Elie Okobo s’apprête désormais à poursuivre sa carrière à Dubaï. Il voit des similitudes entre le projet émirati et les premières années de la Roca Team en EuroLeague. Dubaï a découvert la compétition européenne lors de la saison écoulée et souhaite rapidement rejoindre les équipes capables de viser les playoffs, puis le Final Four. Malgré les blessures rencontrées par le club, Okobo estime que le potentiel du projet est important.

« Le prochain chapitre de ma carrière, je suis impatient de le commencer. Je continue à progresser chaque année, je le vois et je le ressens. »

Le 31e choix de la Draft NBA 2018 arrivera avec un statut renforcé par sa dernière saison monégasque. Son objectif ne se limite pas à accompagner la progression de Dubaï : après avoir disputé deux Final Four (dont une finale avec Monaco), il veut désormais remporter l’EuroLeague.

Image Gabriel Pantel-Jouve
Gabriel Pantel-Jouve est le fondateur et rédacteur en chef de BeBasket, qu’il anime depuis 2010 (sous le nom de Catch & Shoot). Passé par l’Ecole Publique de Journaliste de Tours, puis deux universités en Amérique du Nord, il a pu développer son expertise sur le basket français, de la Ligue Nationale aux divisions amateurs, durant ces 20 dernières années. En parallèle, il est aussi engagé dans le développement de clubs du côté de Montpellier.

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