ITW Ivan Février, pilier du Portel : « On avance ensemble, sans rien lâcher »

Installé au Portel depuis 2023, Ivan Février réalise une grosse saison sur le plan individuel mais l’ESSM n’y arrive pas… mais ils ne lâchent pas
Ivan Fevrier (2,02 m, 26 ans) réalise une saison statistiquement impressionnante avec Le Portel en Betclic ELITE. En 17 matchs de championnat, l’ailier-fort affiche 16,4 points à 45,2% de réussite aux tirs, dont 37,7% à 3-points, accompagnés de 5,8 rebonds et 2,1 passes décisives en près de 29 minutes. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout dans le contexte chaotique de la saison porteloise que son discours prend toute sa dimension.
Une saison heurtée, entre blessures et instabilité
Le Portel traverse une période particulièrement délicate. Défait lourdement face à Paris, amputé de plusieurs cadres, le club a dû composer avec une succession d’événements rarement favorables. Pour Ivan Fevrier, le changement de coach la semaine passée – Arnaud Ricoux a pris la place de Kenny Grant – a marqué un tournant difficile à encaisser.
« C’est jamais facile, surtout pour une équipe où on a vécu des blessures et où on a rarement fait des matchs au complet. On avait l’impression qu’on nous coupait l’herbe sous les pieds chaque semaine. »
Entre les absences longue durée, l’intégration précipitée de jeunes joueurs et un contexte budgétaire contraint, l’ESSM n’a jamais pu réellement stabiliser sa rotation. Une réalité d’autant plus dure à vivre dans un club où l’exigence physique et mentale est permanente.
Arnaud Ricoux et le retour aux fondamentaux
Successeur de Kenny Grant, Arnaud Ricoux n’est pas un visage inconnu dans le vestiaire. Déjà présent dans le staff, il a rapidement cherché à recentrer le projet sportif sur l’ADN du club.
« Il a surtout apporté l’identité du Portel : l’esprit combattant, chaque possession. Reprendre confiance par le fighting spirit, avant de simplifier l’attaque, surtout avec les jeunes. »
Un discours clair, assumé, qui vise à recréer un socle commun après des semaines de turbulences. Pour Fevrier, cette ligne directrice est indispensable pour espérer inverser la dynamique.
Confiance, Chaudron et victoires
Pour relancer la dynamique, Ivan Fevrier identifie trois axes simples, presque évidents, mais essentiels dans le contexte actuel : « Reprendre confiance sur des choses simples, retrouver la communion avec le Chaudron, et aller chercher quelques victoires à domicile. »
Au Portel, la salle n’est jamais un simple décor. Quand l’équipe s’accroche, le public répond, et l’énergie peut rapidement basculer. Pour un groupe en manque de repères, une victoire au Chaudron peut servir de déclic, redonner de la croyance et replacer tout le monde dans un état d’esprit plus conquérant.
Une saison référence sur le plan individuel
Malgré les difficultés collectives, Ivan Fevrier a franchi un cap. Sans jamais faire de ses statistiques une fin en soi, il reconnaît une progression évidente.
« J’ai vraiment travaillé pour être la meilleure version de moi-même, peu importe l’équipe. Montrer l’exemple, tout donner, ne rien lâcher. »
Arrivé au Portel en 2023 dans un contexte déjà exigeant, Fevrier a connu les étapes, les doutes et même les blessures. De la première saison difficile à l’explosion progressive, son parcours s’est construit sans brûler les étapes. « Je voulais montrer que maintenant, on peut compter sur moi au plus haut niveau. »
Entre jeunes et cadres, un rôle de lien
À 26 ans, Ivan Fevrier se situe dans cet entre-deux rare, ni jeune espoir, ni vétéran installé. Un statut qui l’amène naturellement à jouer un rôle de connecteur dans le vestiaire.
« Mon but, c’est de leur donner confiance, d’être derrière eux, d’être dur avec eux. Et de transmettre mon énergie de compétition aux plus expérimentés. »
À l’entraînement comme en match, son exigence ne faiblit pas. Une intensité qu’il assume, persuadé que ce sont ces détails qui peuvent tirer un groupe vers le haut.
🔝 | Ivan Février porte Le Portel, 11 points déjà 🦾🏹#BetclicELITE pic.twitter.com/39p1kHBUvl
— DAZN France (@DAZN_FR) December 27, 2024
Grandir dans le leadership, sans se renier
La blessure précoce de Mike Smith et les responsabilités accrues ont accéléré son évolution. « Je ne pensais pas faire une saison à près de 17 points de moyenne, mais ça m’a permis de grandir dans mon leadership, d’être plus vocal. »
Caractériel et émotif, Ivan Fevrier a aussi appris à mieux canaliser ses réactions au fil de la saison. Dans un vestiaire rajeuni et parfois fragile, il sait que ses attitudes comptent autant que ses performances. Sa manière de réagir, dans les temps faibles comme après une erreur, peut peser sur l’état d’esprit collectif.
« Si j’explose, quelle image je montre aux jeunes ? »
Un questionnement assumé, qui l’a poussé à prendre du recul, à choisir ses mots et à montrer l’exemple autrement, par l’exigence quotidienne, l’intensité à l’entraînement et la constance dans l’effort, plutôt que par des réactions à chaud.

Une mission impossible… assumée
Le mot revient souvent dans son discours : mission impossible. Un terme fort, mais qu’Ivan Fevrier emploie sans résignation. Lucide sur la situation, l’ailier-fort refuse de baisser la tête et préfère y voir une opportunité de jouer libéré. « On n’a rien à perdre, on a tout à gagner. »
Dans un contexte fragile, ce message se veut rassembleur, notamment pour un groupe jeune. L’objectif est clair : se recentrer sur des bases simples et identitaires. « Tout partira de la défense. »
Un discours en phase avec le nouveau staff et l’ADN du club, où l’engagement et l’intensité doivent redevenir le socle pour retrouver une dynamique collective et reconnecter avec le Chaudron.
Regarder devant, sans brûler les étapes
Sur le plan personnel, Ivan Fevrier refuse de se projeter trop loin. « Rester humble. Essayer chaque jour d’être un meilleur homme et un meilleur basketteur. »
S’il ne cache pas son envie d’évoluer dans un projet plus compétitif à l’avenir, en France ou en Europe, l’essentiel reste la confiance. « Je veux juste attirer une équipe qui me fait confiance. »
Dans le contexte actuel, Ivan Fevrier ne parle ni de miracle ni de promesses. Seulement de travail, d’engagement et de respect pour un public qu’il sait très investi. Une ligne claire pour finir la saison, quoi qu’il arrive.



























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