ITW Rayan Rupert : « Avec Tiago Splitter, j’ai su gagner ma place par ma défense, et Sidy [Cissoko] par son énergie »
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Rupert a changé son numéro de maillot NBA du n°72 (représentant la Sarthe) au n°21
C’est le genre de déplacements qui donne du baume au cœur au milieu d’une si longue saison. Au milieu d’un court mais intense road-trip des Portland Trail Blazers sur la côte Est, Rayan Rupert (1,99 m, 21 ans) a pu voir des visages familiers du côté de Washington. Son ancien coéquipier en équipe de France U18 et ami Bilal Coulibaly, un autre tricolore en Alexandre Sarr, et même une partie de ses proches qui ont fait le déplacement jusqu’à la capitale américaine. L’occasion de se ressourcer pendant quelques heures, même si l’inexorable calendrier NBA a forcément limité ces moments, puisqu’il fallait rapidement prendre le bus et l’avion en direction du prochain match.
C’est dans ce planning serré que l’arrière des Blazers nous a accordés quelques minutes dans un couloir près du vestiaire visiteur de la Capital One Arena. Avec un sentiment mitigé, puisque Rupert a réussi l’un de ses meilleurs matchs de la saison (10 points, 6 rebonds et 5 interceptions, son record)… dans une défaite face à la lanterne rouge de la NBA, 115-111. L’occasion pour l’ancien du Pôle France de revenir sur sa saison et sa renaissance depuis l’arrivée au coaching de Tiago Splitter, mais aussi sur sa relation avec Sidy Cissoko et Bilal Coulibaly, ainsi que leurs souvenirs communs. Le tout au milieu des rumeurs de transfert qui le visent, alors que les Blazers vont devoir se séparer de deux joueurs pour faire de la place dans l’effectif à Sidy Cissoko et Caleb Love, dont les contrats two-way vont être convertis en contrats standards.

Rayan, quelle est ton analyse sur le match ? C’était un peu compliqué pour vous…
On était en back-to-back, on est arrivés hier à 5h du matin… Donc c’était un peu dur au niveau de l’énergie. Moi, c’est ce que j’ai essayé d’apporter quand je suis rentré sur le terrain, j’ai fait pas mal d’interceptions et j’étais vraiment actif. Je sais que ce n’était pas facile pour l’équipe, mais de toute façon moi c’est ce que j’essaye d’apporter à chaque fois. Voilà, après on a perdu trop de ballons, je pense que c’est ça qui fait qu’on perd le match [20, ndlr], et on n’était pas très adroits non plus [39% aux tirs]. Mais voilà, après ça on a deux jours pour travailler et se reposer, donc on sera meilleurs à New-York.
Tu parles des interceptions, tu en as réussi 5 ce soir, c’est ton record. On peut dire que c’est ta spécialité la défense extérieure, de mettre des pressions tout-terrain comme ce soir, c’est ce que tu aimes faire sur le terrain ?
Oui franchement depuis que je suis petit, au Pôle, à l’INSEP, c’était ma spécialité. Après il a fallu s’adapter à la physicalité de la NBA. Donc là ça me fait du bien d’enchaîner les matchs. Je pense que c’est vraiment ce qui me manquait ces 2 dernières années pour vraiment passer un cap défensivement. Maintenant j’arrive mieux à lire les moments où je dois utiliser ma longueur de bras pour intercepter, j’ai vraiment passé un cap là-dessus. Donc c’est cool, il faut que je continue.
Qu’est ce que ça te fait de te retrouver sur un terrain avec Bilal Coulibaly ? Il est de ta génération [2004], vous avez fait l’Euro U18 ensemble il y a bientôt quatre ans…
Franchement, c’était sympa, et avec Sidy [Cissoko] aussi ! Bilal c’est mon gars, Sidy c’est mon gars, se retrouver comme ça sur un terrain c’est cool. Même avec Alex Sarr tu vois, dès qu’on affronte d’autres Français c’est toujours cool, donc c’était un bon moment.
Ça se trashtalkait un peu ?
Ouais… [rires]. Surtout avec Bilal, il aime bien parler tu vois, quand on était aux lancers-francs surtout. Ça trashtalkait, mais ça rigolait aussi. À la fin il nous faisait des grimaces quand on était devant, donc on avait un peu le seum avec Sidy. Mais c’était bon enfant.
La version de Bilal Coulibaly :
« Rayan et Sidy c’est mes gars sûrs, ça fait longtemps qu’on se connaît. Mais ils font genre que moi je trashtalkais, mais eux aussi ils parlaient beaucoup hein ! [rires] Donc voilà, c’est donnant-donnant. »
La réponse du berger à la bergère :
Bilal : « Ils font genre c'est moi qui parlais, mais eux aussi ils parlaient beaucoup » ahahaha https://t.co/R1UXdfVHMP pic.twitter.com/BDJibMjGWY
— Tom Compayrot (@Tom_Cprt) January 29, 2026
Quand vous avez joué tous les 3 en équipe de France, vous imaginiez vous retrouver quelques années plus tard ensemble sur un parquet NBA ? C’était votre objectif n°1 à l’époque, vous y alliez aussi pour vous montrer ?
Oui clairement. À cette époque-là, avec Sidy on était déjà côtés. Mais c’est à ce moment-là que Bilal a vraiment commencé à exploser. Mais oui, la NBA était clairement notre objectif. Après on en parle souvent avec Sidy encore, on a beaucoup de regrets par rapport à cet Euro U18. Avec l’équipe qu’on avait, Sidy, moi, Bilal, Melvin [Ajinça], Zacharie Perrin… On avait une vraie équipe, mais on perd en quarts de finale. En plus on a regardé le match avec Sidy il y a deux mois. Franchement on a encore des regrets par rapport à cet Euro, on aurait dû le gagner. Mais ça reste des bons souvenirs, on est encore tous proches avec l’équipe.
L’avis de Bilal Coulibaly :
« Vraiment c’était désastreux. On n’a pas vraiment su gérer notre équipe, on avait tellement de talent… On devait sortir gagnants et de loin. Mais on a mal géré. »

Et depuis quand connais-tu Sidy Cissoko, qui est aujourd’hui ton coéquipier ? Vous avez des parcours très différents, lui en Espagne et toi plus classique au Pôle France…
On avait des amis en commun, moi je le connaissais seulement de nom. Après je l’ai découvert à l’été 2021, pendant les Euro Challengers en Israël. Je ne l’ai pas connu avant, parce qu’il est parti vraiment tôt en Espagne [à 13 ans, en 2017, ndlr]. Et cette année 2021, il commençait un peu à buzzer en Espagne. Cet été-là aux Challengers on était “roommates”, donc depuis c’est un de mes meilleurs amis.
Quelle était ta réaction quand tu as appris sa signature à Portland [en février 2025] ?
C’est fou. J’étais en G-League à ce moment-là. Il m’a dit qu’il y avait une possibilité qu’il signe à Portland. Et je me rappelle à la mi-temps d’un match de G-League, bon je sais que ce n’est pas bien, mais j’ai regardé mon téléphone pour savoir où il allait signer, et je vois qu’il va à Portland. Du coup je l’ai appelé dans les vestiaires [rires], j’était vraiment super content.
Du coup c’est toi qui lui a fait la visite des installations ?
Bah il avait fait des workouts avec les Blazers, donc il connaissait. Mais au début il n’avait pas d’appartement, j’ai dû garder son chat pendant 2-3 semaines, qui a bouffé mon canapé d’ailleurs [rires]. Mais c’était vraiment super cool oui.
Le soir de la Draft, vous êtes choisis en n°43 et 44. Peux-tu raconter comment tu as vécu cette soirée ? Vous n’avez peut-être pas le même ressenti, lui n’était pas sûr d’être drafté, mais toi tu as eu une promesse des Blazers assez tôt non ?
Non non, je n’avais pas de promesse. En fait, j’étais invité à la Green Room, mais j’ai vu que la soirée passait et je n’étais toujours pas drafté. Après, vers la fin du premier tour, mon agent vient me voir et me dit que Portland a un contrat garanti à me proposer en n°43. Il me dit ça autour des choix 27-28. J’avais la déception de ne pas être au premier tour, mais je me suis dit que j’avais quand même un contrat garanti. Du coup à ce moment-là, je stressais que d’autres équipes me choisissent avant, parce que je n’avais pas envie d’avoir un two-way contract ou quelque chose comme ça. Plein d’équipes nous ont appelé, j’avais des coachs au téléphone, mais on a tout refusé. On a refusé tout le deuxième tour pour rester jusqu’au 43e choix.
⚔️🇫🇷 Sidy Cissoko x Rayan Rupert
3 français de la génération 2004 sur le même parquet cette nuit ! (avec Wemby) pic.twitter.com/l0V8EZTSix
— Tom Compayrot (@Tom_Cprt) November 8, 2024
Et cette saison quand Tiago [Splitter] est arrivé, est-ce qu’il avait prévu dès le début de vous utiliser, ou ce sont les blessures qui ont fait que ?
Non, je pense que ce sont les blessures qui ont fait qu’on a eu du temps de jeu. Après voilà, on a su gagner notre place. Moi c’était vraiment par la défense, et Sidy par son énergie. Tiago est un bon coach franchement. Il donne assez de libertés dans le jeu, et il aime beaucoup les joueurs qui jouent dur, qui sont intelligents, et je pense que c’est le cas de Sidy et moi.
Est-ce qu’il y a une concurrence entre vous, étant donné que vous êtes sur le même poste, avec des profils similaires ?
Non, on ne le voit pas du tout comme ça, bien sûr. En NBA il y a de la concurrence partout de toute façon. Mais franchement c’est un de mes meilleurs amis, donc dès qu’il réussit je suis content pour lui, et inversement.
Dernière question bonus, imaginons un match entre les générations 2004 et 2005 françaises, qui gagne ?
Non, on les lave, on les tape [rires]. C’est serré, mais on gagne. Ils ont pas mal de joueurs en NBA c’est vrai mais non, je reste confiant sur ma génération. En plus on a Wemby et tout… On les lave.
Depuis Washington,
Les mots du coach Tiago Splitter :
« Rayan était incroyable ce soir. Vous savez, la défense, c’est ce qu’il a toujours fait. À chaque match il fait les bons choix, et en plus ce soir il a rentré ses tirs. Vous savez, j’adore sa mentalité, parce que c’est un joueur qui se bat. Il continue à jouer dur, à mettre des pressions tout-terrain, à naviguer à travers les écrans. Donc oui, très bon match de sa part. »
“We look good out there, man” ‼️
Enter the locker room as @tiagosplitter highlights Rayan Rupert’s defensive contributions and Blake Wesley breaks down what it took for the guys to win back to back games! pic.twitter.com/p920xrlIlj
— Portland Trail Blazers (@trailblazers) December 30, 2025


























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