French Touch à Abilene Christian (NCAA) qui recrute deux français !

À 19 ans, Timéo Pons (2,02 m, 19 ans) a déjà vécu une aventure américaine bien plus dense qu’une simple ligne sur un CV. Arrivé à New Mexico avec un mois de retard après la Coupe du Monde U19 disputée à l’été 2025, l’ailier des Sables-d’Olonne a dû s’adapter en accéléré à un environnement radicalement différent de tout ce qu’il avait connu en France.
Un choc culturel et physique
Les premières semaines ont été saisissantes. « Comme dans un film », confie-t-il, évoquant aussi un incident marquant dès sa première semaine — une menace avec une arme à feu — qui l’a brutalement plongé dans la réalité du quotidien américain. Mais c’est aussi l’atmosphère de The Pit, la mythique salle de 15 400 places de l’Université du Nouveau-Mexique, qui l’a immédiatement happé. La célébrité locale, les fans qui le reconnaissent au supermarché : un autre monde.
Sur le plan physique, la transformation a été radicale. Pons, qui se décrivait comme un joueur mince, a pris 11 kilos au cours de la saison, exactement ce qu’il était venu chercher. Les États-Unis ont la réputation d’accompagner ce type de développement athlétique, et le programme de New Mexico n’a pas déçu sur ce point.
Sportivement, le bilan est plus nuancé. En 13 matchs, pour 5,4 minutes de moyenne, il a compilé 2,6 points et 1 rebond, à 33,3% aux tirs et 30,4% à 3-points. Des chiffres limités, mais qui s’expliquent par un cumul de facteurs : arrivée tardive, retard sur les principes de jeu propres au système des Lobos, et un groupe rempli de seniors expérimentés et costauds.
La priorité : jouer, pas attendre
La principale leçon tactique de cette saison ? La différence fondamentale entre le basket français, davantage axé sur les systèmes collectifs, les passes et la lecture du jeu, et le basket de New Mexico, construit autour d’une défense intense et de beaucoup de un-contre-un. Un registre auquel Pons n’était pas habitué, mais qu’il a travaillé avec acharnement, profitant d’un encadrement ultra-professionnel — une dizaine de coaches sur le banc, des spécialistes défense, attaque et développement individuel, disponibles à toute heure.
Mentalement, la saison a été éprouvante. Il était venu pour jouer, pas pour regarder. Des offres de programmes plus importants lui avaient été soumises, mais il avait choisi New Mexico. Cette fois, la logique est inversée : Pons est prêt à descendre d’un niveau pour avoir du temps de jeu. « L’argent viendra après, le prioritaire c’est de jouer au basket », résume-t-il simplement.
Abilene Christian, et le retour d’Elliott De Wit
C’est dans cet état d’esprit qu’il rejoint Abilene Christian pour la saison 2026-2027, un programme qui accueille depuis avril un nom très respecté du circuit NCAA : Elliott De Wit. L’assistant coach français, 25 ans, apporte avec lui un CV de plus en plus complet. Ancien coordinateur vidéo à Texas Tech sous Chris Beard, où les Red Raiders ont atteint la finale NCAA en 2019, De Wit a aussi occupé un poste de coach de développement et vidéo aux Detroit Pistons entre 2020 et 2023, avant de diriger les opérations vidéo à Ole Miss et de passer deux saisons à Utah Tech.
Un atout de taille pour un ailier français en quête de progression : De Wit a travaillé étroitement avec certains des meilleurs prospects français et internationaux, dont Victor Wembanyama, Jonathan Kuminga et Théo Maledon. Son expertise en développement individuel et sa connaissance du jeu européen pourraient s’avérer précieuses pour accompagner Pons dans sa progression athlétique et technique. Abilene Christian, qui vient de rejoindre la Conférence Athlétique de l’Ouest (WAC), se donne les moyens de progresser.






















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