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Charles Noé Abouo, basketteur – écrivain : bien manger pour mieux jouer

Joueur cadre de l'ESSM Le Portel, Charles Noé Abouo a publié un ouvrage dédié à l'importance de l'alimentation dans la performance sportive. Le fruit d'une passion née à l'université et de quatre ans de travail en parallèle de sa carrière de basketteur.
Charles Noé Abouo, basketteur – écrivain : bien manger pour mieux jouer
Crédit photo : Pauline Ledez

C’est fou comme une simple conversation peut changer le cours d’une vie. Nous sommes en 2008 : dans l’Utah, le rookie Charles Noé Abouo engloutit un hamburger, des frites et un chocolat chaud au cœur du campus de Brigham Young University. Un inconnu passe à côté de lui et l’interpelle : « Tu ne devrais pas manger ça une heure avant d’aller t’entraîner ! » Cet homme, Ron Hager, deviendra plus tard l’un de ses professeurs. « J’étais agacé, bien sûr », en sourit le principal intéressé, quatorze ans plus tard. « Mais au moins, c’était la première fois que je m’interrogeais sur ce que je mangeais. » De ce conseil est né une véritable passion, matérialisée par la publication d’un ouvrage de 270 pages dédié à l’alimentation.

Des allers-retours au McDonald’s à quatre années d’écriture sur la nutrition

Ainsi, à l’instar de Hervé Touré, auteur de plusieurs essais sur les médias, Charles Noé Abouo (33 ans) est désormais à classer dans la maigre catégorie des basketteurs – écrivains. Quatre années de travail lui ont permis de donner vie au livre Eat Well, Play Better : Food fundamentals » (traduisible en « Mange bien, joue mieux : les fondamentaux de l’alimentation), rédigé en anglais et qui se veut comme une compilation de conseils à destination des athlètes. « Ça m’a pris aussi longtemps car je ne savais pas comment écrire un livre », rigole-t-il. D’un point de vue personnel, cette aspiration d’écriture découle d’une habitude de jeunesse. L’Ivoirien a ainsi grandi avec plusieurs ouvrages écrit par des sportifs comme The All-Pro Diet de Tony Gonzalez ou Run Fast, Eat Slow d’Elyse Kopecky et Shalane Flanagan. « Eat Well, Play Better est un livre que j’aurais aimé lire quand j’étais plus jeune », nous raconte-t-il. « L’objectif était d’écrire quelque chose de pratique pouvant aider les sportifs qui ne savent pas trop comment bien manger, qui ne connaissent pas leur corps, qui ont besoin d’une base. Ils peuvent y trouver des bonnes habitudes. » Le rendu final est assez convaincant, agréable à lire et plutôt instructif.

Un panier de course typique de Charles Noé Abouo

Charles Noé Abouo commence par décrire son propre rapport à l’alimentation, largement influencé par son expatriation à Chicago à l’âge de 7 ans. « Deux heures après notre arrivée, on s’est arrêté pour notre premier déjeuner américain dans le centre-ville », écrit-il. « Je me souviens de l’odeur des frites chaudes qui s’échappait des bouches d’aération du McDonald’s. Cet après-midi là, je me suis perdu dans les tunnels de l’aire de jeux et j’ai reçu mon jouet Hercule inclus dans le menu enfants. J’étais ravi. Ma première expérience au McDo était mieux que tout ce que je pouvais imaginer. Je me sentais comme un Américain. » Les publicités l’orienteront ensuite vers de nouvelles découvertes gustatives, toutes aussi délicieuses que nocives à long-terme pour sa santé. À 17 ans, lors de sa dernière année au lycée de Logan, son petit-déjeuner se compose d’un bol de céréales à la cannelle, accompagné d’un verre de Gatorade. Puis, pour le midi, « un tour au McDo n’était plus un de [ses] rêves d’enfants mais l’un de ses déjeuners routiniers ». Jusqu’à l’intervention de Ron Hager, donc.

L’arrivée en Europe, une nouvelle vision de la nutrition

À ce moment-là, son hamburger en main, l’ailier du Portel se demande surtout ce qu’il ferait mieux de manger à la place. « Comme j’étais déjà très sérieux dans le basket, j’étais intéressé par tout ce qui pourrait m’aider à mieux jouer », retrace-t-il. Ainsi, il se met à suivre le cours du professeur Hager consacré aux maladies chroniques mais peine d’abord à en saisir l’intérêt. « Tout ce que je voulais à l’époque, c’était accumuler des informations pour m’aider à être en meilleure forme, améliorer mes qualités défensives et marquer plus de paniers. Du coup, quand il s’est mis à parler de maladies chroniques, je ne pouvais pas m’identifier. J’aurais aimé découvrir plus tôt le secret un peu plus tôt : les mauvaises habitudes alimentaires pouvant entraîner des problèmes de santé sur le long-terme sont les mêmes qui peuvent contribuer immédiatement à de mauvaises performances sportives. »  Alors, il tire le fil de la pelote et « découvre plein de choses intéressantes » : les bases de l’alimentation, la nutrition, le fonctionnement du corps humain, l’anatomie, etc. Nombre de ses cours à Brigham Young deviennent, de fait, dédiés à la question. « C’était extrêmement intéressant pour un jeune athlète de 19 ans n’ayant pas la meilleure hygiène de vie. J’ai appris beaucoup de choses que j’ai ensuite pu appliquer, en pratique, au cours de ma carrière professionnelle. »

Depuis 2020, Abouo fait les beaux jours du Portel (photo : Christophe Canet)

Un parcours de basketteur dont il a aussi pu bénéficier pour continuer à enrichir ses connaissances. Africain ayant grandi en Amérique, Charles Noé Abouo a découvert un troisième continent, l’Europe, d’abord via deux saisons en Espagne, avant de s’implanter en France depuis 2016. La révélation de différences culturelles majeures… « Aux États-Unis, il y a énormément de mauvaises influences au niveau de la nourriture : tu peux facilement rentrer dans des habitudes néfastes et c’est normal, car tout le monde le fait. En Europe, on mange beaucoup plus équilibré. Quand tu parles de manger bien, ici, c’est normal alors qu’aux États-Unis… J’ai acquis beaucoup de mes bonnes pratiques en Europe. » Par conséquent, outre la barrière de la langue, son ouvrage n’est pas forcément à destination du public français, dans la mesure où nombre de crédos martelés semblent plus évidents de ce côté-ci de l’Atlantique, à l’image de l’un de ses principes majeurs, répétés à longueur de chapitres : toujours privilégier les aliments entiers, et naturels, aux produits transformés. Son livre contient aussi évidemment beaucoup de notions plus poussées, à base de micronutriments, macronutriments, vitamines et minéraux, ou de laïus concernant les propriétés des différents types d’aliments. L’ailier stelliste y décrit également ses habitudes de sportif à l’approche d’un match : un dîner conséquent et équilibré la veille, une bonne nuit de sommeil, beaucoup d’eau dans la journée, un déjeuner fourni en glucides mais plus léger en terme de protéines et de lipides, un snack trois heures avant l’entre-deux, des fruits dans les vestiaires… Soit une cible de lectorat particulièrement ciblée, et donc restreinte ? « Le but n’est pas forcément de vendre le plus de bouquins possibles », assure-t-il. « C’est plus un projet personnel, pour pouvoir partager ce que je sais avec les personnes intéressées, car on me posait souvent des questions. »

Du Qatar à la Betclic ÉLITE, bien manger pour jouer dans des meilleurs championnats ?

Le poulet kedjenou, un plat ivoirien

Cuisinier accompli, Charles Noé Abouo propose aussi ses 35 recettes préférées, des entrées aux desserts, du petit-déjeuner au dîner, des smoothies aux soupes. Tout y passe : ses pancakes à l’avoine et aux bananes, ses 1 001 façons de cuisinier le riz, son potage fétiche (au butternut), sa salade de sardines, son association pois chiches – curry – épinards, son poulet kedjenou (un plat ivoirien), son gâteau aux amandes, etc… Et si le quinoa ne constitue pas exactement la base de votre alimentation, rassurez-vous ! « Les hamburgers et les glaces font toujours partie de ma vie, mais pas les Big Mac et les cookies glacées Klondike. À un moment, je me suis quand même dit que c’était néfaste mais en fait, rien n’est mauvais, il y a juste des mauvais ingrédients. On peut avoir une alimentation saine et y trouver du plaisir. On peut manger une pizza et se sentir très bien. Par exemple, je connais une boulangerie qui fait un pain au levain bio : je fais ma pâte à pizza depuis leur pâte levain, j’ajoute des tomates, de la mozzarella, du basilic, des légumes et c’est très, très bon. » Ce rapport avec les commerçants du Portel est un exemple parfait des nouvelles routines de l’ancien ailier de Denain, Fos-Provence et Blois. Dans Eat Well, Play Better, il s’étend sur ses habitudes de shopping. « Grâce à la France, je fais un effort pour manger local », souligne-t-il. « Quand tu fonctionnes en circuit court, ça te revient souvent moins cher en plus ! Tu connais aussi le producteur, sa façon de fonctionner, c’est tout bénef’ ! »

Qu’ils sont loin les McDonald’s de Chicago

D’un point de vue purement basket, il y aurait aussi de multiples choses à dire concernant Abouo. À l’heure où le Qatar fait les gros titres de l’actualité pour l’ouverture de la Coupe du Monde de football, il est l’un des rares pensionnaires de Betclic ÉLITE à avoir transité par le petit émirat, en 2015/16, y remportant notamment le trophée de meilleur défenseur du championnat lors de son passage à Al-Khor (25,8 points à 42%, 12,2 rebonds, 4,6 passes décisives et 3,7 interceptions). C’est à ce moment-là qu’il fut repéré par Jean-Christophe Prat (encore un…), s’ouvrant ainsi les portes du club du Hainaut pour ce qui ressemble, a posteriori, à un tournant majeur dans son parcours. Même s’il a très vite tutoyé le gratin mondial, disputant une Coupe du Monde dès l’âge de 20 ans en 2010, le natif d’Abidjan présente ainsi une progression qui force le respect, des méconnues ligues d’Égypte ou d’Arabie Saoudite jusqu’à la première division française, où il s’est installé à la table des meilleurs two-way players (un joueur capable de briller en attaque et en défense, ndlr), après l’avoir découvert à plus de 30 ans. Une ascension corrélée à ses habitudes alimentaires ? « Cela a impacté ma carrière et ma santé d’un point de vue positif », clame-t-il. « Quand j’ai vu la différence, c’est devenu une passion et un point fixe pour avoir du succès sur le terrain. »

D’autres livres en gestation…

Lié à l’ESSM Le Portel jusqu’en 2024, Charles Noé Abouo ne s’imagine pas, pour autant, un avenir en tant que nutritionniste une fois qu’il aura raccroché les baskets. En revanche, le vainqueur des playoffs de Pro B 2018 (avec Fos) se verrait bien reprendre la plume afin d’écrire d’autres livres. « J’ai d’autres sujets en tête, comme la performance globale. L’alimentation est une partie de la performance, qui m’inquiète certes plus que les autres, mais c’est un ensemble de plein de choses. Il y a d’autres aspects de mon expérience que j’aimerais partager. Personnellement, ça m’a inspiré et motivé de lire des témoignages d’autres athlètes, alors pourquoi ne pas en faire de même de mon côté ? » Afin que sa bonne parole puisse continuer à bénéficier à certaines des plus grandes figures dans ce sport, lui dont le premier ouvrage a déjà atterri dans les mains de Brandon Davies, ancien meilleur pivot de l’EuroLeague, ou Jimmer Fredette, ex-super star universitaire, deux de ses amis de Brigham Young. Deux personnes qui l’ont d’abord vu se préparer pour les entraînements en avalant des hamburgers industriels plutôt que des légumes issus des vergers de la Côte d’Opale. Une autre vie…

L’ouvrage de Charles Noé Abouo est disponible à la vente, en e-book ou en version papier, sur la plateforme Amazon

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