« Indisciplinée », la JL Bourg dit presque adieu à ses rêves de Top 16

Désormais, ça commence à sentir le roussi. Si ce n’est pas encore officiellement terminé, il faudra un miracle pour que la JL Bourg se qualifie pour les 1/8e de finale de l’EuroCup. Pas tant d’un point de vue mathématique, puisqu’il suffirait simplement de gagner un match de plus que Bursaspor (qui reçoit Valence mercredi soir), mais tout simplement étant donné le contenu proposé sur les matchs couperets, malheureusement pas au niveau de la deuxième compétition européenne. La défaite à Patras début février (77-84) était une première balle dans le pied, le sabordage à Bursa la semaine dernière (89-96) en était une dans le deuxième. Mais puisque la nouvelle formule de l’EuroCup est particulièrement généreuse, avec huit équipes qualifiées par groupe (ce qui permet à Wroclaw, depuis l’exclusion de Krasnodar, d’être en position de voir le Top 16 avec 21% de victoire sur la première phase…), le groupe de Laurent Legname disposait d’une dernière chance en or massif : une victoire contre Ulm l’aurait ramené à la hauteur des Allemands, un succès de plus de 11 points lui aurait même permis de repasser à la huitième place.

Semaj Christon, au bon souvenir de la France

Las, la JL Bourg n’a pas fait ce qu’il fallait et le Ratiopharm, victorieux 85-72, est désormais définitivement hors de portée. Et cette fois, la balle n’est pas dans le pied… « C’est toujours la même histoire », lâchait le technicien burgien, passablement agacé. « On ne peut pas se qualifier pour le Top 16 en manquant autant d’attention aux détails, de discipline, d’éducation pour le haut-niveau. » Personne ne pourra reprocher à l’équipe aindinoise un manque d’envie ou de combativité : même à -11 à la 36e minute (60-71), les coéquipiers de Rasheed Sulaimon (20 points à 7/15 et 3 passes décisives) ont continué à croire en leur destin, passant même tout proche de revenir à une seule possession sur une tentative primée d’Axel Julien (69-75, 38e minute), mais trop d’ingrédients avaient été préalablement laissés sur le bas-côté.

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Ex-joueur NBA et EuroLeague, Semaj Christon a encore prouvé sa valeur à Ékinox
(photo : Jacques Cormarèche)

Avec ou sans cette gamelle du capitaine, un hold-up était certes peut-être à portée de main mais une statistique résume la mainmise du Ratiopharm Ulm sur cette rencontre : 111 à 57 à l’évaluation. Comme trop souvent cette saison en Europe, la JL Bourg s’est faite concasser dans la raquette (42 rebonds à 25), alors même que le meilleur intérieur allemand, Cristiano Felicio, était resté dans le Bade-Wurtemberg. Et puis, les Allemands ont toujours su résoudre les équations proposées, sans céder à la panique face au dernier run burgien, trouvant un homme providentiel en la personne de l’ancien limougeaud Semaj Christon (18 points à 6/9, 4 rebonds et 12 passes décisives), rayonnant tout au long de la soirée. « Il est notre patron sur le parquet », souligne son coach Jaka Lakovic, qui s’y connait un peu en meneur de classe. « Dans le money-time, on a besoin de lui et il répond toujours aux attentes de l’équipe, que ce soit par du scoring, des passes ou des actions défensives. C’est un vrai leader. On s’est fait un peu peur à deux minutes de la fin mais on a su garder la tête froide pour assurer l’essentiel. C’était un match très important pour nous. Ces rencontres se gagnent grâce au contrôle des émotions et à la confiance placée en ses coéquipiers. Nous en avons eu la démonstration ce soir et je dois dire que nous l’avons très bien préparé, surtout d’un point de vue mental. »

« Il n’y a pas eu l’éducation pour jouer à ce niveau »

Soit tout l’inverse de la JL Bourg si l’on en croit Laurent Legname, remonté contre l’approche de ses joueurs. « Lors des séances vidéos, lors des entraînements, on a répété de faire attention sur les situations de back-door et ils ont marqué comme ça dès le premier quart-temps ! Les joueurs doivent être plus disciplinés avec eux-mêmes, mieux préparer le match mentalement. Il n’y a pas l’éducation pour jouer à ce niveau… Parfois, il y a des bons moments offensivement et défensivement mais on manque simplement de constance pour gagner un match. Il est là le problème ! » Où un 14-0 dans le deuxième quart-temps (de 27-20 à 27-34), dans la foulée de la meilleure séquence de la soirée, a fait très mal, sans même parler des contre-performances individuelles : difficile de blâmer Alexandre Chassang (-5 d’évaluation), l’une des rares satisfactions de ces derniers temps, mais Sulaimon a encore été trop seul sur les lignes arrières, sans l’impact d’Axel Julien (-2 d’évaluation) ou d’un C.J. Harris (7 points à 2/6 en 33 minutes) − attendu comme le leader au moment de sa signature et finalement auteur d’une énième performance anonyme − qui n’ont pas prouvé que l’embauche de Norris Cole était une mauvaise idée. Avenant et souriant dans les travées d’Ékinox, le double champion NBA a pu mesurer l’ampleur du chantier avant ses retrouvailles avec l’AS Monaco samedi en quart de finale de la Coupe de France. Ses épaules abritent désormais une large partie de l’espoir d’une fin de saison sauvée pour la Jeunesse Laïque. Sauf en EuroCup, où il n’a pas été qualifié à temps. Et surtout parce que le momentum semble désormais derrière. « Après 16 matchs, le fait est qu’on n’est pas assez discipliné individuellement et collectivement », lâche Laurent Legname. Et la sanction n’a jamais été aussi proche de tomber : mi-avril, c’est à la télévision que les Bressans risquent de regarder Badalone et le Partizan Belgrade en 1/8e de finale de l’EuroCup…

À Bourg-en-Bresse,

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Rédaction Bebasket

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