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[Rétro] Amara Sy le Monégasque : quand l’Amiral était à la barre de la Roca Team

Betclic ÉLITE - Directeur sportif du Paris Basketball, Amara Sy a défendu les couleurs de l'AS Monaco entre 2015 et 2019 pendant sa carrière de joueur. Triple vainqueur de la Leaders Cup avec la Roca Team, il en a même été la première signature marquante après le retour en Pro A. Retour sur cette époque.
[Rétro] Amara Sy le Monégasque : quand l’Amiral était à la barre de la Roca Team

Désormais directeur sportif du Paris Basketball, Amara Sy a défendu les couleurs de l’AS Monaco entre 2015 et 2019

Crédit photo : Sébastien Grasset

À chaque échelon sa signature marquante. Il y eut Derrick Obasohan en Nationale 1. Il y eut Mike James pour l’arrivée en EuroLeague. Et pour le retour de l’AS Monaco en Pro A, il y eut Amara Sy, débauché de l’ASVEL en 2015. « En 2015, déjà ?! Ouh là là, ça ne nous rajeunit pas », se marre-t-il, quand bien même son visage n’a pas changé d’un trait ces neuf dernières années.

« On a fait appel à moi pour crédibiliser le projet »

En Principauté, l’Amiral reste toujours l’une des figures les plus populaires. De retour à Gaston-Médecin la semaine dernière pour les deux premiers matchs de la finale de Betclic ÉLITE, le directeur sportif du Paris Basketball continuait d’aimanter tous les regards au sein du public monégasque : un petit geste par ci, un sourire par là, une salutation enfin…  » Bienvenue chez toi l’Amiral ! » ou « Ça fait plaisir de te revoir », entendait-on régulièrement dans son sillage. « Cette reconnaissance des gens m’a marqué, plus qu’ailleurs », admet-il.

Dès qu’il revient à Gaston-Médecin, Amara Sy est superbement accueilli (photo : Sébastien Grasset)

Comme si les supporters de la Roca Team savaient se montrer redevables de l’une des premières personnalités du basket français à avoir fait confiance à l’OVNI monégasque. « C’est parce que je les suivais de loin », sourit-il. « Avec Georgi Joseph, dans le vestiaire de l’ASVEL, on se disait : Attention, il faut surveiller Monaco, pourquoi pas dans quelques années ! » L’opportunité est arrivée plus rapidement que prévu : en fin de contrat à Villeurbanne, le Parisien a dû trancher entre un retour au Mans, la découverte de la Pro B avec la JL Bourg ou l’intrigant club de la Principauté. Pour une première vraie prise de guerre de l’ASM sur le marché des transferts. « On a fait appel à moi pour crédibiliser le projet », glisse-t-il. « Ils avaient du mal à recruter des gros joueurs, certains étaient un peu réticents mais moi, ça m’a parlé de suite. » Ainsi, le manager Oleksiy Yefimov se souvient avoir voulu annoncer la signature de Sy en premier après le titre en Pro B. « C’était une forme de message, on voulait montrer qu’on était là et qu’on était sérieux ! »

De fait, Amara Sy est rapidement devenu le VRP du promu princier. « Il a été un parfait ambassadeur du basket monégasque pendant toutes ces saisons », applaudit le dirigeant ukrainien. « Il a démarré comme directeur sportif au Paris Basketball la saison dernière mais il avait déjà montré ses qualités dans le domaine chez nous ! Il parlait beaucoup aux joueurs que l’on ciblait pour les convaincre de venir. » De quoi finir l’opération séduction auprès de certains JFL de renom, comme Paul Lacombe par exemple.

Mitrovic et le trou dans le pantalon

Figure des premières années de l’ASM en Pro A, Amara Sy a passé quatre saisons sur les bords de la Méditerranée (2015/19). « J’en garde un excellent souvenir », sourit-il. « J’ai senti le potentiel du projet et force est de constater que je ne me suis pas trompé. » De là à penser que le club monégasque ferait désormais partie des cadors européens ? « Ah non, pas du tout », répond-il directement. « J’étais très loin d’imaginer cela. Mais tu sentais que le club grandissait. » À la barre du navire à l’époque, l’Amiral fut en effet l’un des témoins privilégiés de la montée en puissance de l’ASM : un promu arrachant trois premières place consécutives en saison régulière, trois Leaders Cup d’affilée, deux Final Four de BCL et deux finales du championnat… « C’était le renouveau, la renaissance du basket monégasque ! »

Le trio Sergey Dyadechko – Amara Sy – Zvezdan Mitrovic a amené trois Leaders Cup au club de la Principauté (photo : AS Monaco Basket)

Au fil de la conversation, les souvenirs affluent. Une personne marquante ? « Abdallah Chattahy (décédé en décembre 2018, ndlr), forcément ! C’était notre homme à tout faire, peut-être la figure la plus connue de Monaco. Il s’est tellement bien occupé de nous, c’était exceptionnel ! » Et les anecdotes ? « Il y en a trop », souffle-t-il. « Et beaucoup qu’on ne peut pas raconter ! » On entendra quand même celle de l’ex-président Sergey Dyadechko, habillé de la même manière pendant trois jours lors de la Leaders Cup 2016 car tellement persuadé que Monaco n’allait faire qu’un aller-retour express à Disney qu’il n’avait pas emporté de vêtements de rechange. « Il y en a mille aussi avec Zvezdan (Mitrovic) », reprend Sy. « Lors de notre tout premier match à domicile, je le vois avec sa veste de costard attaché à la taille. Mais pourquoi ?! Autant la poser s’il avait chaud… En fait, il gesticulait tellement que son pantalon avait craqué (il rigole). Il y avait un trou énorme, on voyait son caleçon. Et à la mi-temps, il vient de me demander s’il peut prendre mon pantalon. Sauf que j’avais un treillis avec des poches, ça n’allait pas avec le reste. Il a fini par emprunter le pantalon de Jonathan Aka sans même le prévenir. »

Quand certains font le mur à la veille du Match 5 de la finale…

Et il y a aussi celles qui sont moins drôles… En évoquant les désillusions, lui embraye directement sur la finale de 2018 face au Mans, conclue par une défaite lors du Match 5 à domicile (74-76). « Parce qu’on ne doit jamais la perdre en réalité ! » Pendant tout l’été suivant, l’homme aux 21 saisons LNB s’est refait le fil du match, de ces dernières possessions, jusqu’à cette dernière tentative de Paul Lacombe qui tourne autour du cercle avant de ressortir. « Et puis j’ai appris des mois après qu’il y a deux mecs qui n’ont pas dormi à l’hôtel la nuit avant la rencontre. Ça a répondu à des questions que je me posais… J’ai été très déçu : tu ne peux pas gagner dans ces conditions puisque les gars ne sont pas impliqués, pas prêts à faire les sacrifices. Tu ne peux pas t’abstenir de sortir à la veille d’un Match 5 ?! Et le lendemain, ils n’ont rien fait… »  Une caractéristique des (trop) nombreux crève-cœurs qui ont jalonné le parcours monégasque d’Amara Sy : ses blessures en playoffs (à l’œil en 2016, fracture de la main lors du match décisif en 2017), ce troisième titre personnel qui n’est jamais venu, l’énorme opportunité manquée en Champions League avec cette défaite contre l’AEK Athènes en finale en 2018 (94-100). « Si on les avait joué sur terrain neutre, et pas chez eux devant 20 000 supporters, je pense qu’on les aurait explosé ! On était largement meilleurs… »

Amara Sy lors de son premier match avec l’AS Monaco en octobre 2015 (photo : Sébastien Grasset)

Des désillusions qui n’altèrent pas le bilan final. Le temps qui passe atténue les regrets et laisse une image quasi-immaculée sur place. « C’est un mec incroyable, purement bon, quelqu’un que l’on aimerait avoir à nos côtés durant toute une vie », encense Sasa Obradovic. « S’il fallait lui donner un trophée, je dirais qu’il a été l’un de nos MIP : Most Impactful Person (la personne avec le plus d’impact), à tous les niveaux », explique le manager Oleksiy Yefimov. « L’image de la Roca Team des premières années, c’est le duo Sergey Dyadechko – Amara Sy !

Pourtant, rare titulaire d’un contrat pluriannuel, le septuple All-Star a fini par prendre le club à contre-pied en demandant son départ pour le Paris Basketball en 2019, attiré par la perspective d’une reconversion en tant que directeur sportif. Sans se douter qu’il retrouverait, à peine cinq ans plus tard, la Roca Team en finale du championnat. Et ses quelques figures connues de sa première vie : Sasa Obradovic, qui s’était servi de lui comme relais lors de son arrivée en février 2019, l’ex-coéquipier Sergii Gladyr devenu assistant-coach, « le kiné légendaire Jeff Turpin » connu comme son confident de l’époque. Ou celui qui avait signé à Monaco en même temps que lui, anonyme recrue de Pro B, désormais capitaine de la Roca Team, Yakuba Ouattara. « C’est comme mon petit frère mais je le laisse focus sur sa finale car je pourrais le déconcentrer très facilement », rigole-t-il. Et pour cause, s’il devait y avoir un Épisode 5 vendredi, le directeur sportif du Paris Basketball connait visiblement un moyen efficace de sortir un cadre monégasque de son match quand il y a un titre de champion de France au bout…

Commentaires


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lulutoutvert
une légende et ce partout où il est passé. la classe
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