Cameron Carter-Vickers, le fils d’un ancien international français brille à la Coupe du Monde avec Team USA

Crédit photo : US Soccer

Un jour qualifié de meilleur joueur américain de l'histoire de Pau-Orthez par Pierre Seillant, Howard Carter a transmis ses gênes de sportif à son fils, Cameron-Carter Vickers, finalement devenu... footballeur. Le défenseur du Celtic Glasgow a été l'un des héros de la qualification des États-Unis pour les 1/8e de finale de la Coupe du Monde.

« J’ai reçu un message de Pierre Seillant ce (jeudi) matin », s’amuse Howard Carter, légende de l’Élan Béarnais, triple champion de France (1986, 1987 et 1992). Au fait de toute l’actualité locale, le Prési tenait à féliciter son ancien joueur suite aux performances de son fils. Car oui, une part de Pau rayonne actuellement au Qatar avec Cameron Carter-Vickers (24 ans), défenseur central de l’équipe des États-Unis, qualifiée pour les 1/8e de finale de la Coupe du Monde (face aux Pays-Bas samedi à 16h). Titularisé pour la première fois de la compétition mardi lors du match décisif contre l’Iran, il a récolté la note de 7 dans L’Équipe, la meilleure de Team USA, à égalité avec le buteur Christian Pulisic. De quoi faire monter les pulsations de son paternel, à des milliers de kilomètres de là, en Louisiane. « Il m’a fait très peur lors de la dernière minute avec le pénalty », sourit-il, en allusion à l’action litigieuse du bout du temps additionnel, où un coude très légèrement appuyé sur l’épaule de l’attaquant Mehdi Taremi suscita les multiples protestations de la Team Melli. « Sinon, il a bien joué ! Je suis plus stressé quand c’est lui qui joue que quand c’était moi à l’époque. Ça prend la tête le foot, je suis nerveux ! Je ne veux pas qu’il fasse de bêtises, je ne veux pas qu’il se blesse, etc. C’est mon gamin quoi, tu as toujours envie que tes enfants se débrouillent bien et réussissent ! »

Des vacances d’été à Pau

Que le fils d’Howard Carter ait choisi de faire carrière dans le football est, au final, un formidable symbole du lien européen entretenu par le Major, désormais âgé de 61 ans, depuis sa carrière de basketteur. En débarquant à Orthez en 1985, il n’avait alors aucune idée de ce qu’était le soccer, très peu médiatisé de l’autre côté de l’Atlantique. Encore aujourd’hui, de son propre aveu, la Coupe du Monde est « peu suivie aux États-Unis, même si c’est mieux qu’il y a dix ans. » Mais en onze années françaises, le 15e choix de la Draft 1983 a eu le temps de s’immerger dans la culture locale. « C’était l’époque de la grosse équipe de l’Olympique de Marseille avec les Jean-Pierre Papin, Basile Boli ou Abedi Pelé », se souvient-il. « J’ai vu à quel point les Français étaient passionnés par le football, c’est à ce moment-là que j’ai commencé à m’y intéresser. J’ai essayé de jouer un peu pour m’amuser mais je n’y arrive pas, c’est trop difficile ! »

Un jeune Cameron jouant au foot avec son père

L’histoire de Cameron Carter-Vickers prend elle racine sur l’île de Crète, où Howard Carter termina sa carrière sous le soleil grec à Héraklion, entre 1995 et 1997. Il rencontre Geraldine Vickers, une Britannique professeure d’anglais dans une école primaire locale, et leur idylle éphémère donne naissance à un fils, né dans l’Essex, en Angleterre. Le petit Cameron grandit à Southend-on-Sea, sur les bords de la Mer du Nord, en compagnie de sa mère et de sa grand-mère, mais ne perd jamais le contact avec le contact avec son père, passant tous les étés avec lui. « J’ai plusieurs enfants en Europe et j’avais une routine », rembobine Hi-C. « D’une année sur l’autre, on alternait entre la France, l’Angleterre ou la Louisiane. » Ainsi, Carter-Vickers est venu plusieurs fois en vacances à Pau, jouant au foot avec des jeunes locaux et visitant même une fois le Palais des Sports, où son père a écrit ses lettres de noblesse, pour ce qui reste « [la] meilleure partie de [sa] carrière ». Conseiller commercial au Crédit Agricole, l’un de ses fils, Kerwin (30 ans), est d’ailleurs toujours établi dans la cité pyrénéenne, tout comme sa fille Kimberly (27 ans).

Un DVD de son match face à Mbappé

La jeunesse anglaise de Carter-Vickers explique son attrait pour le ballon rond, malgré l’héritage familial. Pourtant, « Cameron n’était pas mauvais au basket » mais l’actuel capitaine du Celtic Glasgow a cédé aux sirènes du sport le plus populaire en Europe, lui le fan absolu de Thierry Henry. « Je crois qu’il a pris la meilleure décision », glisse son paternel, extrêmement fier de l’avoir vu choisir de représenter les États-Unis sur la plus grande scène internationale. « Pour ma mère, pour ma sœur, pour moi, pour toute notre famille, cela veut dire beaucoup », avoue-t-il. Alors samedi, malgré l’horaire matinal à Baton-Rouge (7h), celui qui travaille désormais dans une administration fiscale (en étant spécialisé sur la taxe foncière) règlera évidemment son réveil pour ne rien rater du 1/8e de finale face aux Pays-Bas de Memphis Depay. « Ils sont plus forts que nous, non ? Toutes les équipes européennes nous sont supérieures. On ne sera pas favoris mais on n’aura rien à perdre ! »

Cameron Carter-Vickers avec son père Howard Carter, légende de Pau, à l’issue d’un match avec Team USA

Formé à Tottenham (un comble pour un supporter d’Arsenal !), envoyé en prêt dans sept clubs différents entre 2017 et 2022, Cameron Carter-Vickers a sauvé sa carrière en rejoignant le Celtic Glasgow l’année dernière. Auteur d’un doublé Coupe – Championnat, il a été définitivement acheté par le mythique club écossais, au terme d’une saison qui l’a vu prendre place dans le cinq idéal du championnat. Ses bonnes performances en Premiership lui ont également permis de renouer avec le fil de sa carrière internationale. International depuis ses 19 ans, il ne fêtait mardi que sa 12e cape contre l’Iran, à cause d’une absence longue de trois ans entre 2019 et 2022. Mais si ce match réussi de Coupe du Monde restera en bonne place dans le panthéon familial, une autre sélection fut particulièrement émouvante pour son père. Le 9 juin 2018, à Lyon, l’ancien défenseur de Stoke City fut titulaire contre l’équipe de France, qui allait devenir championne du monde un mois plus tard. « Bon, Mbappé a mis un but face à Cameron (1-1 au final, ndlr) mais j’ai toujours ce match enregistré », se marre Howard Carter, lui l’ancien international français (14 points de moyenne en 5 sélections en 1994), encore capable de tenir des conversations de 40 minutes dans la langue de Molière. « Je me rappelle notamment qu’on avait disputé un match à Nîmes (non répertorié officiellement, ndlr) contre une équipe américaine, Athletes in Actions. Quand j’ai obtenu le passeport français, on m’a dit que je serais obligé de venir si l’on m’appelait avec les Bleus mais ce passage en équipe de France reste un super souvenir. J’ai encore le poster de l’équipe ! » Cinq rencontres assez confidentielles, très loin du 1/8e de finale en mondovision que s’apprête à disputer Cameron samedi. Où il sera particulièrement scruté des deux côtés de l’Atlantique, tant à Pau qu’à Baton-Rouge…

 

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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