« Il faut monter » : la Betclic ÉLITE ou rien pour l’Élan Chalon

Crédit photo : Tom Roeckel

Ancien mastodonte de l'élite, l'Élan Chalon se débat depuis un an en Pro B. Au terme d'une saison décevante, le club bourguignon a fait appel à Savo Vucevic. Avec un objectif unique : la montée.

Qu’il semble loin ce mois de juin 2017 où, dans l’euphorie générale du Colisée, l’Élan Chalon retrouvait le toit du basket français en dominant la SIG Strasbourg au cours de l’épilogue de la finale de Pro A. Depuis, le club bourguignon n’a plus vécu une seule saison accomplie, avec une valse des joueurs, des entraîneurs (Jean-Denys Choulet, Philippe Hervé, Julien Espinosa, Ali Bouziane, Sebastian Machowski et Maxime Pacquaud) et même un changement de président sans effet. Cinq ans après son titre de champion de France, l’Élan s’est enlisé dans le milieu de tableau de Pro B, avec un bilan à peine positif la saison dernière (18v-16d 7e).

« Beaucoup de choses négatives dans l’environnement »

De fait, l’institution de Saône-et-Loire a fait appel à un coach habitué de ce genre de situation : Savo Vucevic, dont l’une des fiertés revendiquées est d’avoir toujours su sortir ses employeurs d’une situation délicate. « Lors de mes différentes expériences, tous mes clubs ont progressé, il n’y a pas une seule exception », nous disait-il ainsi en 2021. À cet égard, avec le côté prestige historique en plus, sa découverte chalonnaise rappelle ses débuts à la JL Bourg. Censée être la terreur de la Pro B, l’équipe burgienne avait également connu un retour éprouvant dans l’antichambre, avant de faire appel au pompier Vucevic en 2017, avec le succès que l’on connaît. Interrogé mardi à Fos-sur-Mer, le technicien monténégrin a fait le point sur ses premiers pas à l’Élan.

Savo Vucevic espère vivre une sixième montée avec Chalon (photo : Charlotte Geoffray)

« Chalon est la seule équipe en Pro B où j’aurais pu aller. Pour moi, l’Élan est l’un des meilleurs clubs français mais cela fait quatre – cinq ans qu’il y a beaucoup de choses négatives dans l’environnement : des maintiens difficiles, la relégation, l’absence de montée… J’ai besoin d’éliminer cela. Je crois que je peux vraiment aider grâce à mon expérience mais ça ne se fera pas en un seul coup de baguette magique. Pour l’instant, nous avons encore beaucoup de problèmes mais je suis certain que nous allons jouer de mieux en mieux, la saison est très longue. Les dirigeants m’ont proposé un contrat sur plusieurs années mais j’ai demandé un an, pas plus, car je veux faire monter l’équipe. Peu importe la manière, il faut que l’on soit en Betclic ÉLITE. Tel est mon objectif, il faut monter mais je ne veux pas qu’il y ait une pression négative. Peut-être que certains des joueurs sont encore impactés par le passé ici… Même les nouveaux d’ailleurs, ils ont des difficultés à s’adapter, donc on dépend beaucoup des joueurs français. Si l’on a l’équipe pour monter en l’état ? Je pense, oui. Mais il faudra beaucoup de boulot pour corriger certaines choses, et je fais cela au quotidien. »

Pour l’instant, Savo Vucevic pousse même le mimétisme bressan, jusqu’à connaître un autre démarrage poussif. À l’époque, avant de s’envoler vers le sacre en Pro B, la JL avait démarré par cinq défaites en neuf rencontres. Chalon-sur-Saône n’en est pas encore là mais pour l’instant, son début de saison n’a rien de très réjouissant, si ce n’est sa dernière sortie à Fos-sur-Mer dans une rencontre de Coupe de France sans pression. Mais avant de livrer « l’un de ses meilleurs matchs d’un point de vue tactique » sur les bords de la Méditerranée, l’Élan a peiné à convaincre en Leaders Cup (2v-2d) puis a chuté chez le promu angevin lors de la première journée (65-71), affichant les mêmes limites que la saison dernière.

Une équipe taillée pour les sommets, mais qui se cherche encore

Un impair regrettable à Jean-Bouin qui a continué à laisser planer le spectre d’une équipe mal construite, avec notamment 9 points à 2/21 (!) pour le duo de meneurs Antoine Eito – Taylor Persons. Si le champion de France 2018 vaut évidemment mieux que cela, il doit encore s’adapter au costume de patron incontesté tandis que le natif de l’Indiana peine grandement à convaincre, rappelant les expériences malheureuses de Rorie et Washington l’an dernier. Et il n’aura pas l’occasion de redresser la barre de sitôt puisqu’il sera éloigné des parquets pendant un mois minimum. Gêné par une douleur lancinante au talon, Luka Lapornik rentre dans la même catégorie, diminué et donc incapable de livrer la pleine mesure de ses capacités sur le parquet (2,3 points de moyenne sur ses quatre dernières sorties).

Eito – Gelabale, un duo d’expérience pour guider l’Élan Chalon (photo : Charlotte Geoffray)

Damien Bouquet suscitait aussi quelques inquiétudes : très beau joueur au demeurant, l’ancien ailier de Nanterre peinait à se lâcher en match mais ses deux dernières sorties convaincantes, bouclées avec 15 unités au compteur à Angers et Fos-sur-Mer, tendent à prouver qu’il est sur la bonne voie. Un signal positif, parmi (tout de même) de nombreux autres : l’émergence du jeune Kyshawn George à la mène, la fraîcheur du presque quadragénaire Mickaël Gelabale, les progrès continus de Lionel Gaudoux… Capable de planter 18 points face à une raquette de Betclic ÉLITE mardi, l’ancien pivot de NM3 poursuit son ascension et enlève ainsi un peu de pression au géant suédois Mattias Markusson, plus grand joueur du championnat par la taille (2,17 m) et qui doit encore adapter son profil aux spécificités atypiques de la Pro B. Une fois que ce sera fait, l’Élan Chalon (qui reçoit Boulazac ce samedi) pourra disposer d’une très belle doublette de postes 5. À l’image, au final, d’un effectif cinq étoiles pour la seconde division, taillé, sur le papier, pour monter. Ça tombe bien car on l’a compris, il n’y aura pas d’autre issue satisfaisante pour l’Élan Chalon cette fois…

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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