Inquiétante lanterne rouge, Fos attend l’homme providentiel : « On en a besoin pour redonner un souffle à l’équipe »

Crédit photo : Christophe Canet

Seul dernier de Betclic ÉLITE, Fos-Provence a perdu un match à sa portée vendredi contre Paris (65-72). Une troisième défaite de rang qui met en lumière son manque criant de talent, en l'absence d'un go-to-guy dans l'équipe de Rémy Valin.

Adossé contre un panier, Rémi Giuitta s’est peut-être vu replonger un an en arrière. Fin janvier 2022, Fos-Provence s’était incliné au cours du match de la peur contre Cholet Basket (69-81), s’enlisant dans la zone rouge avec bien peu de perspectives réjouissantes. « Là où je suis le plus inquiet, c’est le niveau : je n’ai jamais été comme ça sur le banc, sans solution », disait-il à l’époque. Mais pourtant, les BYers avaient su s’en sortir, grâce notamment à un recrutement miraculeux en mars avec les arrivées combinées de Deishuan Booker, D.J. Stephens et Egidijus Mockevicius. La preuve que la situation actuelle du club méridional n’est pas désespérée mais à un an d’intervalle, il faudra sûrement en passer par le même remède pour se sauver.

Paris remonte, Fos s’enfonce

Trevon Scott peut-il finir la saison à Fos ? (photo : Sébastien Grasset)

C’est justement ce sur quoi planche actuellement Rémy Valin, en pleine quête du joueur providentiel, un arrière censé endosser le costume de leader offensif que n’a pas su revêtir Gabe DeVoe, parti en Pologne. « Le marché est compliqué », souffle-t-il. « Il faut qu’on trouve un joueur avec de la création, du talent et du tir extérieur pour nous amener vraiment une menace, un joueur sur lequel on pourrait s’appuyer. » Est-ce que cela sera suffisant ? Il est permis d’en douter, tant cette équipe de Fos-Provence manque singulièrement de talent. Le contingent tricolore n’est pas en cause – et semble même supérieur à la cuvée 2021/22, exception faite du départ de Bodian Massa –, avec l’explosion de Milan Barbitch, la surprise Dylan Affo Mama, le retour au premier plan d’Allan Dokossi ou l’efficacité de Johan Passave-Ducteil, même si c’est beaucoup plus compliqué pour le vétéran depuis quelques semaines. Mais faute de moyens, les joueurs étrangers sont tous des paris et à la moitié du championnat, il est maintenant temps de dire que le casting est décevant. Seul le pivot Shevon Thompson est dominant, mais reste sous-utilisé (moins de 22 minutes de moyenne), souvent à cause de ses fautes. Gabe DeVoe a fait les frais de ce recrutement raté, mais le couperet aurait pu tomber sur n’importe qui d’autre, à commencer par Trevon Scott, beaucoup trop erratique. Quant à Stephen Brown et Garlon Green, ils peuvent être bons, mais ne le sont qu’un match sur trois, ce qui réduit grandement leur fiabilité dans une opération maintien. Un grand ménage, comme à Nancy, pourrait donc être nécessaire, mais ce n’est pas encore prévu. « On va prendre étape par étape », tempère Rémy Valin. « L’ordre du jour, c’est d’abord le remplacement de Gabe, et rapidement. On en a besoin pour redonner un souffle à l’équipe, même mentalement. Et on verra ensuite si ça suffit. »

« Si on commence à piquer du nez… »

Seule lanterne rouge de Betclic ÉLITE, l’équipe de Fos-Provence a pourtant déjà prouvé qu’elle était capable de tenir occasionnellement des gros en respect, comme à Cholet où CB avait dû s’en remettre à une flèche du milieu de terrain de Dominic Artis pour l’emporter. Mais il manque encore cette victoire non prévue sur le tableau de marche, ce type d’exploit indispensable pour se sauver, donc est, par exemple, coutumier Le Portel. En attendant, les discours restent encore résolument optimistes, comme du côté de Dylan Affo Mama. « Nous sommes dans une phase compliquée. Il faut garder de la solidarité entre nous et continuer à bosser. Il reste encore cinq mois de compétition, tout est possible. À nous de ne pas nous effondrer et à un moment, la pièce tombera de notre côté. » L’ancien Tourangeau est rejoint par son entraîneur Rémy Valin, qui incite à ne pas relâcher les efforts. « On va faire comme en novembre : il faut rester fort, rester ensemble, continuer de travailler dur malgré les défaites. En novembre, on a été capables d’encaisser la défaite contre Roanne puis de prendre le buzzer beater de Cholet pour gagner deux matchs d’affilée, avec un contenu plus agréable. Tout n’est pas toujours facile dans la vie. Il ne faut pas se lamenter, continuer à avancer, fermer les oreilles sur tout ce que l’on peut entendre et ne pas regarder le classement. Si on commence à piquer du nez et à se dire que notre situation est dramatique, on n’y arrivera pas… On savait que ça allait être une saison compliquée. Ce qui est vraiment dommage, c’est que l’on a vraiment été handicapé par les blessures et qu’il y a deux – trois matchs qui ne tournent pas en notre faveur. Tout n’est pas à jeter depuis le départ. Il y a du travail à l’entraînement, les joueurs sont vaillants, il ne faut pas perdre confiance. Il ne faut pas avoir peur dans la vie. » Le problème, c’est que l’envie n’est certainement pas en cause. Vendredi soir, à l’issue de la défaite contre Paris (65-72), personne ne pouvait reprocher aux Fosséens un manque de combativité ou d’intensité. En revanche, leurs moyens limités interrogent, comme ce money-time terriblement mal géré avec aucun point inscrit de la 35e à la 40e minute, après l’égalisation de Stephen Brown (60-60). Il ne faut pas avoir peur, c’est vrai, mais il faudra bien plus que cela… À commencer par un Deishuan Booker version 2023, autrement dit un sauveur ?

À Fos-sur-Mer,

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

BEBASKET

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