Le Canada enfin médaillé, Team USA au pied du podium

Crédit photo : FIBA

Coupe du Monde 2023 - Sevré de médaille depuis sa deuxième place lors des Jeux Olympiques de... 1936, le Canada a enfin décroché un podium mondial. Malgré un tir exceptionnel de Mikal Bridges pour arracher la prolongation, les Canadiens, portés par un duo Shai Gilgeous-Alexander - Dillon Brooks exceptionnel (70 points), ont battu les États-Unis (127-118) pour terminer à la troisième place du Mondial.

Et dire que pendant 32 minutes, le moment le plus fort du match avait été la demande en mariage d’un spectateur (acceptée, ouf !) dans les tribunes, sous les chants de MVP de la Mall of Asia Arena. Pendant ce temps-là, Canadiens et Américains ronronnaient sur le parquet, jouant à qui aurait la défense la plus friable. Comme une rencontre de saison régulière NBA délocalisée de l’autre côté de la planète. Et puis, tout a basculé dans l’irrationnel.

Les promesses olympiques du Canada

Alors à -10 (84-94), passé en mode small-ball, Team USA a soudainement accéléré, s’appuyant sur le talent fou de ses individualités (Anthony Edwards – Tyrese Haliburton) pour passer un 12-0, et offrir au public philippin le grand frisson qu’il attendait : un dernier quart-temps en forme de thriller absolu, avec du suspense, des retournements de situation et des tirs insensés. Jusqu’à l’acmé de la dernière seconde : le shoot désespéré de Mikal Bridges dans le corner, après avoir capté le rebond offensif de son propre lancer-franc, pour remonter quatre points en 5 secondes et arracher la prolongation (111-111). « Il va falloir que l’on apprenne à faire des box-out sur les lancers-francs », souriait le sélectionneur canadien Jordi Fernandez après coup.

Mais il était écrit que ce serait, enfin, l’année du Canada sur la scène internationale. Habitués aux déceptions malgré des rosters toujours prometteurs, les Road Warriors ont enlevé l’étiquette de la lose qui leur collait à la peau depuis des années. Ou du moins, partiellement, puisque le revers en demi-finale (86-95 contre la Serbie) restera une petite tâche sur le bilan final. Toujours est-il qu’un podium mondial, le premier depuis 87 ans (!) et les infamants Jeux Olympiques de 1936, est un pas dans la bonne direction pour l’équipe de Jordi Fernandez, surtout à peine deux mois après sa nomination… « Cette médaille est le début de quelque chose qui va durer longtemps », appuie le technicien espagnol. « Ce groupe s’est construit une identité, notamment à travers sa résilience. On n’a pas beaucoup d’expérience en FIBA mais on a montré qu’on pouvait faire de bonnes choses. »  Comme récidiver l’année prochaine sur un podium olympique ?

Les Canadiens ont décroché la première médaille de leur histoire à la Coupe du Monde (photo : FIBA)

Directement qualifié pour les JO, une première depuis Sydney 2000, le Canada sera un candidat très crédible à Paris, surtout avec les ajouts potentiels de Jamal Murray, Andrew Wiggins ou Bennedict Mathurin à l’ossature actuelle, qui s’est crée une alchimie à Jakarta et Manille. « Pendant toute la saison NBA, on va répéter aux absents de nous rejoindre pour tenter un coup aux JO », clame Dillon Brooks, le héros de l’après-midi (39 points à 12/18, un record pour une petite finale, 4 rebonds et 5 passes décisives pour 42 d’évaluation). Ancien méchant des Memphis Grizzlies, cible de la vindicte populaire après des playoffs ratés contre les Lakers de LeBron James, le futur ailier des Houston Rockets a gagné énormément de crédibilité sur cette Coupe du Monde, transformant les huées indonésiennes et philippines en chants de MVP. Il n’était peut-être pas le meilleur joueur, mais bien un lieutenant parfait derrière l’incroyable Shai Gilgeous-Alexander, auteur d’un dernier récital (31 points à 11/20, 6 rebonds et 12 passes décisives). « On a tout tenté sur lui, en vain », devait admettre Steve Kerr, qui repartira décidément de Manille avec un mauvais souvenir du Mondial, lui qui était déjà dans le staff lors de la funeste campagne de 2019 (7e).

Encore un Mondial sans médaille pour les USA, une première depuis 53 ans…

Soit deux Coupe du Monde d’affilée sans médaille pour Team USA, une première depuis l’enchaînement 1967 – 1970… « Ça fait mal », souffle Mikal Bridges. Alors que le reste de la planète basket a rattrapé son retard, puisqu’il avait notamment fallu un Kevin Durant exceptionnel pour empêcher la France d’être championne olympique en 2021, les États-Unis ont de nouveau envoyé une équipe C au Mondial. Étant donné que le réservoir de talents est inépuisable, cela aurait pu suffire, car ils n’étaient qu’à une possession de la finale – avec un virus circulant dans l’équipe en prime (trois intérieurs out ce dimanche) -, mais pour cela, il aurait été nécessaire d’être désireux de fournir les efforts défensifs : 113 points encaissés en demi-finale, 127 lors de la petite finale, impossible de gagner dans ces conditions-là. « On s’est mis en position d’arriver là où on voulait mais on n’a pas assez bien défendu », regrette Steve Kerr, vite rejoint par Mikal Bridges. « La défense a été le problème : quand on ne fait pas de stops… » Quand on ne fait pas de stops, on ne gagne pas de médaille ? Désormais l’ancien quotidien du Canada.

À Manille,

 

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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