« Une vulnérabilité difficilement supportable » : les Bleus doivent perdre moins de ballons !

Crédit photo : FIBA

Avec 17,1 balles perdues par match, l'équipe de France est la pire nation de l'EuroBasket dans ce secteur. Elle a même établi son record de la compétition ce samedi avec 21 contre la Turquie... Un défaut que les Bleus devront impérativement régler s'ils veulent continuer d'un destin doré dans ce championnat d'Europe.

Dès la première possession, on a compris. Au bout de 10 secondes, sur une situation de main à main entre Rudy Gobert et Evan Fournier, l’équipe de France égarait son premier ballon de la soirée. « C’est la faute d’Evan, il ne se démarque pas assez », ressassait Vincent Collet en conférence de presse. Un symbole du talon d’Achille des Bleus depuis le début de la compétition, eux qui sont les plus dispendieux de cet Euro avec 17,2 balles perdues par match.

Depuis le début de la compétition, Vincent Collet n’a de cesse de rabâcher que son groupe ne pourra rêver d’un destin en or sans une meilleure discipline. Un point faible qui dure depuis le match inaugural face à l’Allemagne, conclu à 17 balles perdues. Mais le pire est que ce total est finalement le deuxième plus faible de la compétition pour les tricolores ! Une fois passée la soirée de référence contre la Lituanie (9 seulement), les Bleus en ont successivement égaré 20 face à la Hongrie, 18 contre la Bosnie-Herzégovine et la Slovénie puis 21 (!) face à la Turquie (87-86). Être en mesure de se qualifier dans ces conditions relève du miracle…

« On sera encore plus dangereux le jour où on arrivera à régler ce problème »

Evan Fournier a égaré deux ballons cruciaux dans le money-time (photo : FIBA)

Les onze balles perdues de la première mi-temps ont déjà empêché les Bleus de creuser un écart définitif (43-35 à la pause), eux qui ont un temps mené de 16 points (31-15, 15e minute). Puis la même légèreté a failli creuser le cercueil de l’équipe de France, tant dans le troisième quart-temps proche de la faute professionnelle (avec un 0-19) que dans le money-time, où l’on retiendra à ce sujet les errances d’Evan Fournier, coupable d’une passe deux mètres trop haute ou d’un pied en touche dans la dernière minute. « Si l’on veut faire un beau parcours, je ne peux pas jouer comme ça », admettait l’arrière des Knicks après coup. Lui en a vendangé quatre, Thomas Heurtel en a abandonné cinq, Moustapha Fall trois en seulement 10 minutes… Là est le problème, le virus est généralisé. « Les balles perdues représentent notre pêché éternel », soupire Vincent Collet. « Il y en a deux – trois qui étaient assez surprenantes. Cette faiblesse est une vulnérabilité difficilement supportable, surtout dans un match couperet. Ce n’est pas acceptable : il faut que ça s’arrête, car sinon il ne pourra pas y avoir de suite. On sait pourquoi, c’est un manque de discipline et d’efforts sur les choses simples. La situation de la première possession nous arrive entre 7 et 8 fois par match contre une fois seulement par exemple pour les Serbes. Cela relève de la responsabilité individuelle. Avant même que l’on ne connaisse notre premier adversaire, ce sera le sujet de notre première séance vidéo demain »

On peut aussi prendre le problème de l’autre côté. Si les Bleus arrivent à être en quart de finale de l’EuroBasket en égarant 21 ballons sur un match, cela signifie que la marge de progression est grande. On peut ainsi penser que cela représente une dizaine de possessions gâchées, un total bien trop élevé qui impacte tous les secteurs du jeu. Interrogé sur sa domination aux rebonds offensifs (7 ce soir), Rudy Gobert le notait d’ailleurs spontanément. « Tous nos pivots sont de bons rebondeurs donc on ne peut pas punir l’adversaire dans ce secteur si on perd trop de ballons. » Si l’équipe de France veut véritablement être championne d’Europe, il faut arriver à presque diviser la moyenne de 17 balles perdues en deux. Sa soirée de la Lituanie prouve qu’elle en est capable. Mais elle ne pourra pas espérer une nouvelle qualification avec un tel manque de maîtrise. « C’est un sujet dont on parle beaucoup, mais dont on n’a toujours pas trouvé la solution », regrette Amath M’Baye, avant de choisir le versant optimiste. « C’est un point négatif, oui, mais c’est quelque chose que l’on peut régler. Si on arrive à perdre 20 ballons et à gagner quand même, ça veut dire qu’on sera encore plus dangereux le jour où on aura réglé ce problème. » Reste à savoir s’il viendra un jour…

À Berlin,

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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