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« Je croyais à une blague au départ » : on a porté la flamme olympique !

Jeux Olympiques de Paris 2024 - Vous avez peut-être l'habitude de lire son nom sur BeBasket. Rédacteur sur notre média, Dimitri Voiturin a eu l'honneur de porter la flamme olympique lundi après-midi à Pau. Il raconte.
« Je croyais à une blague au départ » : on a porté la flamme olympique !

Notre rédacteur Dimitri Voiturin avec la flamme olympique dans les rues de Pau

Crédit photo : Nathan Lainé

« J’ai eu beaucoup de chance d’être sélectionné ! C’est un honneur mais c’est une portée différente par rapport à tous les grands sportifs qui ont pu porter la flamme. J’ai été choisi par le biais de La Banque Populaire, qui est partenaire des Jeux Olympiques. Ma conseillère m’a appelé car elle cherchait des profils intéressants à transmettre au comité. J’ai candidaté et j’ai été retenu. Il fallait faire un texte pour expliquer la motivation de la candidature. Étant donné que je suis handicapé moteur depuis la naissance, j’ai insisté sur l’importance d’intégrer, de prôner la diversité, de médiatiser de plus en plus le handisport. J’ai également rappelé mon attachement pour le sport et ma passion pour le basket, indiquant que j’étais rédacteur pour BeBasket. Le tout en gardant un optimisme constant.

J’ai appris il y a deux mois que j’étais retenu. C’est ma banquière qui m’a appelé pour m’annoncer la bonne nouvelle. J’étais un peu surpris car je ne m’y attendais pas. Je croyais à une blague au départ. Quand ta banquière t’appelle pour te demander quelque chose, c’est pas souvent aussi bon signe (il rit) ! Mais j’étais vraiment très content. Une photographe missionnée par le comité olympique est venue faire une séance photo dans ma salle de sport, où je fais du vélo à bras. J’ai fait du handibasket lorsque j’étais plus jeune, j’ai arrêté et je me suis mis à ça maintenant J’ai eu ma tête affichée partout dans les rues de Pau sur des grandes affiches, notamment sur les abribus (il rit). Ce n’était pas prévu ça ! Quand des proches m’envoyaient des photos des affiches pour me dire que j’étais une star alors que pas du tout, c’était tout aussi bizarre que gratifiant.

Comme Thierry Gadou

On a reçu un mail de convocation pour lundi 20 mai, 15h30, au lycée Louis Barthou à Pau. Ils ont réuni tous les porteurs dans une salle pour faire un débriefing avec les membres du comité et des sponsors principaux. Il y avait aussi Thierry Gadou (icône de l’Élan Béarnais, vice-champion olympique 2000, ndlr) ou Guy Forget (triple vainqueur de la Coupe Davis de tennis) parmi les sélectionnés.  Ils nous ont présenté le déroulé puis on a fait une séance photo avec la réplique d’une torche. On a fait des jeux pour apprendre un peu à se connaître et surtout pour passer le temps. Ensuite, nous sommes partis avec deux bus différents sur les lieux du parcours : le dernier porteur, celui qui a allumé le chaudron, Ahmad Andaloussi, qui est un paratriathlète, était dans l’autre bus. On avait tous des numéros, scotchés sur la tenue officielle de porteur de flamme. Et on descendait chacun par ordre numérique au lieu prévu. Quand on sortait, le bus entier nous acclamait.

Les porteurs de Pau : Ahmed Andaloussi et Dimitri au premier rang, Thierry Gadou au dernier

Je devais porter la flamme à 18h20, on est arrivé un peu moins de 10 minutes avant sur mon tronçon, sur la place Gramont. Un gardien de la flamme met une cartouche de gaz dans la torche, vérifie que tout fonctionne bien, et on attend que le relayeur précédent vienne allumer la flamme via un « torch kiss » comme on appelle cela. On croise les feux pour partir avec la flamme allumée. C’est millimétré, il faut normalement le faire du côté gauche mais vu que mon bras gauche est défaillant, ils m’ont autorisé à le faire du côté droit. J’avais le droit à un accompagnant car j’avais précisé dans ma candidature que je ne pouvais pas à la fois pousser le fauteuil et porter la flamme. C’est donc mon oncle et parrain qui m’a poussé la flamme sur les 200 mètres. On nous a indiqué une cadence, pour profiter du moment sans aller trop lentement pour ne pas mettre le planning en retard.

« Tu passes d’un statut d’anonyme à quelqu’un qui fait quelque chose d’extraordinaire »

Lorsque le grand moment approchait, j’étais entre le stress et l’excitation. C’est quand même un évènement important, il ne faut pas se planter, on est regardé et filmé. Il y avait des personnes de France TV qui nous disaient qu’il y a un gros dispositif mis en place chez eux autour du relais. Chaque personne porte la torche sur 200 mètres, théoriquement trois minutes. C’est à la fois court et long. On profite car on a tous les regards sur nous : il y a plein de photographes, les gens qui crient autour. Parfois, j’entendais mon prénom dans la foule. Je sais que mes proches sont venus en masse, tu essayes de voir dans le public qui tu peux repérer mais c’est compliqué. Je n’ai jamais vu autant de monde dans les rues de Pau (il sourit). Ça ressemblait au Tour de France lorsque les étapes pyrénéennes arrivent ici. Tu ne deviens pas connu, mais tu passes un instant d’un statut d’anonyme à quelqu’un qui fait quelque chose d’extraordinaire. C’est assez impressionnant. Il y avait une moto de police, quelques personnes qui marchent à côté pour protéger mais je n’ai pas fait trop attention à ça. J’ai vécu le moment à fond. La torche n’est pas lourde, elle ne pèse que 1 kilo et demi mais j’avais le bras qui tétanisait un peu à la fin. Tu as aussi peur que la flamme s’éteigne même si tu sais très bien qu’elle ne s’éteint jamais ! C’est le kayakiste Alan Dollo qui m’a transmis la flamme et je l’ai remise au tennisman Jérémy Chardy (ancien 25e mondial, ndlr). Je me sentais tout petit à côté, je regardais ça avec des yeux d’enfants.

Le relais entre Jérémy Chardy et Dimitri

Porter la flamme olympique a été un honneur. On gardera la tenue officielle en souvenir, un cadeau avec un morceau de flamme sous forme de petit trophée, un médaillon avec les anneaux. La seule chose qu’on ne doit pas garder est la torche (il rit). Le lendemain matin (mardi), je suis allé dans l’école primaire à Ousse, où j’étais tout petit. La directrice m’avait convié pour échanger avec les enfants à ce sujet. Les petits m’ont demandé si ce n’était pas trop lourd à porter, comment ça s’est passé, comment j’ai fait pour rouler avec. Il y a un enfant qui m’a dit qu’il aurait aimé porter la flamme aussi (il rit). Ils avaient des étoiles dans les yeux. Et moi aussi : participer au relais de la flamme olympique est la définition du truc qu’on ne fera qu’une fois dans sa vie ! »

Commentaires


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drefui
Très belle histoire et bravo à Dimitri!
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(2) J'aime
jc87
C'était un quart d'heure warholien de trois minutes ;-) Belle histoire en tout cas.
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(1) J'aime
mick7142
Bravo les garçons...
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