Infranchissables, les Bleus sont en finale de l’EuroBasket !

Crédit photo : FIBA

Au terme d'une véritable démonstration défensive, l'équipe de France a écœuré la Pologne (95-54). À créditer de la plus large victoire de l'histoire en demi-finale d'un Euro devant URSS - Pologne (+40) en 1967, les Bleus se qualifient ainsi pour la finale du championnat d'Europe, où ils affronteront l'Espagne ou l'Allemagne dimanche à 20h30.

Plus de treize mois qu’ils n’avaient que cette date en tête : le 18 septembre 2022. Dans l’intimité du vestiaire de Saitama, les Bleus avaient tenté d’atténuer la douleur de la défaite en finale olympique en se faisant la promesse d’être présents dimanche soir à Berlin, pour redevenir champions d’Europe. La route a été longue, tortueuse, accidentée mais les voici au rendez-vous fixé : l’équipe de France est en finale du championnat d’Europe ! « C’est toujours un sentiment particulier, une émotion particulière », savoure Vincent Collet, bientôt acteur du plus grand match continental pour la troisième fois de son mandat (après 2011 et 2013). « C’est important qu’il y ait de l’émotion. Mon équipe a fait les choses avec passion dans ce tournoi, pas toujours bien certes. Nous assumons ces hauts et ces bas mais nous avons trouvé ensemble le chemin de la finale. »

Un effort défensif remarquable

Si ce chemin fut terriblement compliqué au cours du 1/8e et du 1/4 de finale, assimilable à un sentier de haute montagne avec de nombreuses crevasses et avalanches ayant failli emporter les tricolores, celui du jour ressembla à une longue ligne droite sans embûches. Une véritable autoroute vers la finale, le pied sur l’accélérateur pendant 40 minutes. Depuis une semaine, Vincent Collet n’avait de cesse de réclamer que son équipe n’élève son niveau de jeu, ne livre enfin son meilleur de match. Ce jour est arrivé. « Je crois que c’est notre match référence, oui », acquiesçait Terry Tarpey.

Yabusele et les Bleus ont écoeuré la Pologne de Ponitka (photo : FIBA)

Hormis un premier quart-temps balbutiant, avec encore sept balles perdues (16 au total), dont trois sur les trois premières possessions (!), les Bleus ont bâti leur chef-d’œuvre sur une pression défensive remarquable. « Ils nous ont sorti de nos systèmes de jeu et nous ont rendu la tâche difficile », soupire A.J. Slaughter, harcelé toute la soirée par Andrew Albicy, tandis que Terry Tarpey se chargeait du cas Mateusz Ponitka, cadenassé (7 points à 3/10 et 4 balles perdues). Impressionnants lors de la première mi-temps contre la Slovénie mercredi, presque euphoriques, avec 58 points marqués, les Polonais ont cette fois semblé complètement perdus sur le terrain, incapables de trouver la moindre solution face à la défense tricolore. « Ce qui m’a marqué, c’est que j’ai vu tous les joueurs, sans exception, se mettre les fesses par terre », souligne Vincent Collet. « L’effort collectif a été incroyable, la performance défensive est remarquable. » À tel point qu’elle intègre déjà les livres d’histoire de l’EuroBasket puisque cela faisait 76 ans que l’on n’avait pas vu une équipe marquer moins de 20 points dans une demi-finale de championnat d’Europe : à créditer de seulement 18 unités, la Pologne n’est devancée que par la Hongrie, qui en avait scoré 12 face à la Tchécoslovaquie en 1946. Un autre temps…

La plus large victoire de l’histoire en demi-finale

Puisque l’on parle de record, cette démonstration française (95-54, soit +41) est également la plus grande victoire de l’histoire en demi-finale (devant le +40 de l’URSS contre la… Pologne en 1967), et le succès le plus large en phases finales depuis 35 ans et un soir où la… Pologne, décidément, avait été désossée par la Yougoslavie en quart de finale (81-128). De fait, pour que le score final soit aussi large, c’est parce que les Français ne se sont pas contentés que de défendre. Après les errances de l’entame (8-6, 7e minute), l’attaque tricolore s’est progressivement libérée, notamment sous la houlette des entrants Thomas Heurtel et Moustapha Fall (22-9, 13e minute). « Il y a eu des erreurs et des bonnes choses en première mi-temps », admet Vincent Collet. Le déclic est venu après la pause : sans connaître leur traditionnelle panne du troisième quart-temps, les Bleus se sont complètement libérés. Le ballon a circulé (32 passes décisives !), les shoots sont tombés dedans (15/26 à trois points, soit 58%) et Guerschon Yabusele, « le Charles Barkley européen » selon son coach, a encore impressionné (22 points à 9/12 en 23 minutes). Au-delà du cas du Madrilène, candidat de plus en plus sérieux au trophée de MVP de la compétition, tous les joueurs ont pu en profiter : Élie Okobo a connu l’une de ses meilleures soirées allemandes (10 points et 4 passes décisives en 18 minutes), Moustapha Fall aussi (6 points à 3/4, 10 rebonds, 5 passes décisives et 4 contres), et même Théo Maledon, scotché au banc depuis quatre matchs, a participé à la fête (8 minutes de jeu), profitant enfin d’une rencontre sereine, la première du tournoi !

La génération d’Evan Fournier tient enfin sa première occasion de monter sur le toit de l’Europe (photo : FIBA)

Face à l’Allemagne ou l’Espagne, deux équipes d’un tout autre niveau que la Pologne, la finale sera sûrement éminemment plus difficile, et à cet effet, il est appréciable d’avoir pu reposer les cadres (19 minutes pour Evan Fournier et Rudy Golbert), énormément sollicités au cours des dernières rencontres. Mais quelque soit l’identité de l’adversaire, l’équipe de France peut voir venir si elle affiche la même étanchéité défensive. « Il faudra s’en inspirer et refaire la même chose dimanche », exhorte déjà Vincent Collet. Déjà assurés d’être médaillés pour la dixième fois de leur histoire sur la scène européenne, les Bleus faisaient preuve d’une contenance remarquable dès le buzzer final, bien loin des effusions de 2011 et 2013 au même stade de la compétition. « Nous sommes au devant d’une opportunité magnifique et on veut la saisir », indique le sélectionneur. Car la promesse de Saitama ne consistait pas simplement qu’en une participation dimanche. Non, ce soir-là, les Bleus se sont bien faits le serment de repartir de Berlin avec la médaille d’or…

À Berlin,

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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