« On n’a pas peur de ce genre d’équipe » : Juhann Begarin débriefe la défaite de Paris contre Monaco

Crédit photo : Lilian Bordron

De retour d'une blessure à l'épaule, Juhann Begarin a porté les Parisiens mais le Guadeloupéen n'a pas suffi pour permettre aux hommes de Will Weaver de signer un premier succès en Betclic ÉLITE. Les Monégasques ont mieux négocié la fin de match sur le court Philippe-Chatrier et l'ont emporté 95-91. Qu'importe, son coach a salué sa prestation en conférence de presse.

Vous avez été productif pour votre retour en Betclic ÉLITE. Comment s’est-il passé ?

Dans l’ensemble, je me suis senti très bien. On préparait mon retour depuis un moment avec le kiné et le préparateur physique. Je me suis senti apte pour cette rencontre alors je suis venu prêter main forte à mes coéquipiers. Individuellement, c’est vrai que c’était une bonne prestation. Je me suis senti très bien dans le collectif. J’ai essayé de pousser le ballon, d’être agressif, de jouer sur transition et de défendre fort. Dans le dernier quart-temps, on me voit un peu moins mais dans un match, il y a des moments forts comme des moments faibles. Certains joueurs prennent plus le lead que d’autres à certains moments.  Axel était chaud et il a pris le jeu à son compte. 

« Les Américains se sont rendus compte que c’était un endroit mythique »

Jouer à Roland-Garros, l’un des endroits mythiques du sport français, a-t-il changé quelque chose dans l’approche de la rencontre ?

Comme chaque événement que le Paris Basketball organise, on sait que c’est un rendez-vous très attendu pour le public et les médias. On sait qu’il y aurait une grosse attente autour de notre équipe mais on a essayé d’en faire abstraction. Nous sommes avant tout des joueurs de basket donc on s’est vraiment concentré sur le jeu. 

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Il n’y a pas forcément de grands fans de tennis dans l’équipe mais les Français regardent, comme tout le monde, Roland-Garros. Quand j’étais petit, je regardais énormément de tennis avec mes parents. On a expliqué l’importance de ce lieu aux Américains mais à vrai dire, ils l’ont assez rapidement compris car il y a eu beaucoup de communication autour de cet évènement. Ils se sont rendus compte que c’était un endroit mythique et très important pour le sport français.  

Juhann Begarin
Juhann Begarin a scoré 28 points, pris 5 rebond pour 30 d’évaluation contre la Roca Team. Solide pour une reprise ! (photo : Lilian Bordron)

L’équipe n’arrive pas à gagner en championnat, que manque-t-il ?

On est sur une bonne dynamique. Les matchs sont souvent serrés dans le money time mais on les perd. Il nous manque encore ces petits détails pour faire la différence. On continue à apprendre les uns des autres, le coach découvre le championnat… Petit à petit, on va avancer et j’espère qu’on va prendre un premier match très bientôt.

« À un moment donné, Monaco a douté »

Pensez-vous que ce match peut vraiment lancer votre saison ?

Elle est déjà lancée depuis la première journée (sourire). Je ne sais pas si c’est le cas plus sur ce match qu’un autre. On essaye d’apprendre lors de chaque rencontre. J’espère qu’on va trouver des solutions très rapidement. Tous ensemble. 

Par rapport aux précédents matchs, on sent qu’on progresse. Il ne faut pas oublier que Monaco joue le haut de tableau d’EuroLeague. Mais on n’a pas peur de ce genre d’équipe. On a un effectif assez homogène pour regarder l’ASM droit dans les yeux. On joue notre basket et comme vous avez pu le voir, Monaco a douté à un moment donné. 

Même si vous n’avez pas été appelé pour la fenêtre de novembre, pensez-vous aux prochaines échéances avec les Bleus ?  

Je ne suis pas focus dessus. Je joue mon basket et puis les sélections arriveront naturellement si je suis bon sur le terrain. Vincent Collet aura écho de mes bonnes performances et m’appellera de lui-même. Petit à petit, ça viendra.

« Si on arrive à défendre dur et à être constant, on peut devenir une très bonne équipe »

À la fin du match, vous mettez un lay-up très important pour revenir à un point…

La fin du match est folle. Les deux équipes étaient dans la précipitation mais Monaco a davantage réussi à gérer le tempo et à mettre une grosse intensité. On l’a vu sur le dernier tir d’Axel (Toupane) qui se fait contrer. Mais on apprend et avec le temps, on saura mieux gérer ce genre de fin de match.

La sortie d’Ismaël Kamagaté change-t-elle le match ? 

Oui, Ismaël nous fait défaut en fin de rencontre. Un joueur capable de défendre aussi fort, il n’y en a pas dans toutes les équipes. On savait qu’on jouerait petit cette saison mais ça nous demande plus d’effort individuellement.       

Quels sont vos prochains axes de progression ? 

On doit encore plus agressifs en défense. On encaisse pas mal de paniers. Offensivement, en revanche, on a besoin de progresser. On est capable de le faire comme on a vu à Ankara mais il faut qu’on soit plus constant. Si on arrive à défendre dur et à être constant, on peut devenir une très bonne équipe du championnat. 

Will Weaver : « Begs est un joueur NBA »

Will Weaver a apprécié la partition de Juhann Begarin (photo : Lilian Bordron)

Blessé à l’épaule en préparation, Juhann Begarin faisait ses débuts sur le court Philippe-Chatrier. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le garçon est monté au filet. Auteur de 28 points (son meilleur total sur un match sans prolongation), il a aussi capté 5 rebonds et 3 interceptions pour 30 d’évaluation.  Solide, très solide.

Will Weaver, son coach, abonde : « Begs est un joueur NBA mais il a encore une grosse marge de progression. Mais on voit dans un match comme celui-ci l’intensité physique, l’explosivité et le sang-froid qui lui ont permis d’attirer l’attention de l’une des plus grandes équipes du monde (les Boston Celtics, qui l’ont drafté à la 45e place en 2021). Il nous fait confiance pour son développement : ça en dit longtemps. Juhann nous avait manqué. Il faut en profiter tant qu’on peut le regarder jouer en France. Il est plus imposant que les extérieurs et plus rapide que les intérieurs. Il doit continuer d’apprendre à identifier où est son avantage. »

« Kamagate, un joueur très rare en Europe »

Ismaël Kamagate, l’attraction défensive des Parisiens, s’est montré plus discret. Sorti pour cinq fautes dans le money time, le pivot a manqué à son équipe et a eu du mal à peser sur la rencontre (2 points pour 8 rebonds en 27 minutes de jeu et 10 d’évaluation). Un match qui ne reflette pas du tout son

Ismaël Kamagaté a été discret (photo : Lilian Bordron).

potentiel d’autant que sa progression est scrutée avec attention outre-Atlantique.

« Ismaël est un joueur qui fait la différence », soufflait Will Weaver. « C’est un genre de joueur très rare en Europe, il est exceptionnellement impactant dans sa pose d’écrans, ses pick and rolls, au rebond offensif et c’est un « game changer » défensivement. Son impact ne peut pas être mesuré par ses points et les tirs qu’il a réussis. Je sais que les Nuggets sont très satisfaits des progrès qu’il fait. »

L’un comme l’autre pourrait bel et bien évoluer dans la grande ligue la saison prochaine. Mais avant, les deux coqueluches parisiennes ont une saison à parachever avec le club de la capitale.

 

 

 

À Roland-Garros, avec Théo Tetard,

 

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Qui a écrit ce papier ?

Théo Quintard

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