La sensation Ilane Fibleuil

Crédit photo : FIBA

Encore trop méconnu avant la Coupe du Monde U17, Ilane Fibleuil se sert de celle-ci comme tremplin. Une très belle découverte.

De toutes les générations masculines de ces dernières années, la génération 2005 est l’une qui affiche l’un des plus beaux potentiels. Surtout, sa réserve semble sans limite. Ainsi, le staff de l’équipe de France U17 masculine a connu le luxe de pouvoir ne pas sélectionner un joueur comme Tidjane Salaun. A chaque match, il peut aussi se permettre de faire sortir du banc des joueurs tels qu’Alexandre Sarr ou Ilane Fibleuil (1,95 m, 17 ans). Ce dernier crève l’écran depuis le début de la compétition. Et pourtant, ce rôle n’est pas facile pour tous ces jeunes joueurs souvent très responsabilisés en club ou au Pôle France. « Sortir du banc ce n’est pas facile mais on a un banc qui ne baisse pas le niveau du jeu, a reconnu Ilane Fibleuil. Le cinq fait le boulot, ceux qui sortent du banc le font également ».

Ilane Fibleuil a frappé les esprits une première fois à la fin de la première mi-temps du match contre la Serbie. Après avoir mal démarré, au point de compter 13 points de retard à la fin du premier quart-temps (13-26), les Bleuets ont recollé dès la période suivante, avec le Francilien sur le terrain. Celui-ci est monté dans les nuages pour planter une claquette dunk en haute altitude juste avant le buzzer de la première mi-temps.

63,6% de réussite aux tirs !

De ses nuages, Ilane Fibleuil n’est pas redescendu depuis. Toujours aussi actif au rebond (7,5 prises en moins de 19 minutes par match), capable d’envolées spectaculaires en contre-attaque, cet arrière longiligne voit également le cercle grand comme une bassine. C’est simple, après cinq matches, il a réussi 21 de ses 33 tentatives de tirs (pour 13 points par match), dont un quasi parfait 5/6 à 3-points. De quoi lui permettre d’être le quatrième joueur le plus adroit du tournoi (63,6% de réussite) derrière trois intérieurs : le Serbe Filip Jovic, le Français Alexandre Sarr et l’Australien Rocco Zikarsky (2,17 m).

Ilane Fibleuil est très attiré par le rebond (photo : FIBA)

Passé de U15 région au Pôle France

La trajectoire de cet ancien footballeur, qui a démarré le basketball en U13, est étonnante. Avant d’intégrer le Pôle France, il n’était pas membre du Pôle Espoirs d’Île-de-France mais évoluait au niveau régional dans la CTC de son club, l’US Bures sur Yvette, avec l’ES Massy Basket. Un parcours que l’on retrouve parfois à haut-niveau, mais pour des intérieurs. Ce qui n’est pas le cas d’Ilane, doté d’un tir en suspension déjà très soyeux, même si sa marge de progression est très claire en attaque : la création, pour lui et pour les autres. « J’aimerais faire plus jouer mes coéquipiers pour avoir un jeu complet. Je travaille pour ça », annonce-t-il. Quoi qu’il en soit, ce fils de basketteurs amateurs a gagné la confiance du staff.

« Ilane, ce n’est pas spécialement une surprise pour nous, assure le sélectionneur Bernard Faure. Je ne dis pas que je l’attendais comme ça, je sais qu’il était capable de ça, là c’est de la constance, c’est nouveau chez lui : il enchaîne les matches. Il nous avait déjà montré par séquence vraiment de très bonnes choses. Pour vu que ça dure ! Mais il faut qu’il améliore encore cette constance, cette catégorie de gommer 2/3 petits défauts – dribbler tout le temps avant de shooter, de regarder le poste 5 lorsqu’il s’installe au lieu de rendre la balle tout de suite derrière -. Ça fait partie des choses qu’il doit encore améliorer.

Il est transformé (depuis son arrivée au Pôle France), c’est sûr. Nous les coaches on pense toujours que ça peut aller plus vite et que ça va encore aller mieux, mais depuis le temps qu’il est arrivé chez nous, il s’est transformé. Maintenant il faut qu’il s’attelle à se transformer en dehors du terrain. »

Avant de passer au niveau professionnel, en 2023, Ilane Fibleuil a encore une bonne année de travail au Pôle France. De quoi prendre de l’assurance dans un rôle de danger n°1, les départs de Rayan Rupert et Melvyn Ajinça – de la génération 2004 – Noah Penda – parti avec Vichy avec un an d’avance – libérant de la place dans les ailes.

« Ce sera ma dernière saison au Pôle France, c’est toujours spécial. Les joueurs qui sont en dernière année ont beaucoup de responsabilités. Du coup, j’aurai plus de responsabilités que cette année. Cette saison, on a fait de bonnes performances collectives. On espère que ça sera le cas la saison prochaine aussi. »

Mais avant de mettre le cap sur la saison 2022-2023, Ilane Fibleuil veut repartir de Malaga avec une médaille au cou. Son équipe joue les quart de finale de la Coupe du Monde ce vendredi face à la Slovénie. Elle a de bonnes chances d’aller loin, au vu du niveau affiché depuis samedi dernier. « Le premier quart-temps du match contre la Serbie nous a servi de leçon, car on a vraiment mal commencé, mais depuis on s’est amélioré », estime-t-il, alors que son équipe n’a jamais été en danger jusqu’ici. Jusqu’à quand ? Un peu d’adversité ne fera pas de mal à un groupe qui devra ainsi encore élever son niveau de jeu. Un exercice intéressant pour Ilane Fibleuil notamment.

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Qui a écrit ce papier ?

Gabriel Pantel-Jouve

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