La Virtus Bologne d’Isaïa Cordinier et Mam’ Jaiteh remporte l’EuroCup !

Ce n’est certainement pas la célébration que Mouhammadou Jaiteh avait envisagé. Mais c’est peut-être le prix à payer lorsque l’on est MVP. Après avoir tout de même respecté la tradition en versant lui-même des dizaines de litres d’eau sur Sergio Scariolo, le pivot francilien s’est retrouvé coincé de longues minutes au contrôle anti-dopage. Sûrement l’occasion de redescendre quelque peu de son nuage, lui qui était dans un état de béatitude absolu quelques instants auparavant. « C’est un sentiment incroyable », s’exclamait-il. « Ça ne peut pas être mieux que ça. Il va me falloir quelques jours pour réaliser car je suis incapable de le faire là. Je suis tellement fier, tellement heureux. Je n’ai pas de mots, je suis juste profondément content. J’espère que ce sentiment là va durer éternellement. »

Les tribunes tremblent… littéralement

Une joie légitime car la Virtus Bologne jouait tout simplement le sort de sa saison sur 40 minutes. Neuf mois de travail pour une seule soirée. Désireux de retrouver l’EuroLeague depuis plusieurs années, le légendaire club italien est enfin parvenu à ses fins. Et certains attendaient ce moment plus que d’autres… Revenu de NBA pour redonner son lustre d’antan à la Virtus en 2019, Milos Teodosic imaginait réintégrer le gratin européen en une petite année. Le Covid puis l’UNICS Kazan ont changé ses plans. Alors, avec sa quête enfin au bout des doigts, le magicien a sorti ses plus beaux tours en écrivant une nouvelle page dorée dans sa carrière légendaire. Une folle séquence, notamment, au troisième quart-temps, avec deux tirs primés d’affilée qui ont failli assommer Bursaspor (58-43, 27e minute) et littéralement fait trembler les gradins temporaires de la bouillante Segafredo Arena (9 700 spectateurs). À côté de nous, un pompier, malicieux, faisait mine d’implorer le ciel pour que la structure ne se retrouve pas renversée par le vacarme du peuple bolonais.

virtus-bologne1652308875.jpeg
Milos Teodosic a été élu MVP de la finale
(photo : Matteo Marchi)

En tête pendant 39 minutes, après le panier initial de David Dudzinski (0-2), la Virtus Bologne aurait pourtant pu payer au prix fort le faux-rythme latent de la rencontre, longtemps hâchée par les fautes. Ultra-dominateurs dans tous les secteurs du jeu face à une équipe turque fébrile, pas spécialement prête à jouer dès le début et touchée par les fautes (3 pour Kevarrius Hayes à la mi-temps et même 4 en 6 minutes pour son maître à jouer Derek Needham), les Transalpins n’ont pourtant jamais réussi à creuser l’écart. Au moment de rentrer aux vestiaires, le score (41-31) était porteur d’espoir pour Bursaspor, dans une situation d’embuscade idéale après avoir été complètement inexistant (37-1 à l’évaluation à l’issue du premier quart-temps).

Sauf qu’après avoir vaincu le Partizan Belgrade, le Cedevita Olimpija Ljubljana et Andorre sur la route, les hommes de Dusan Alimpijevic avaient perdu leur mojo, cette force de frappe offensive qui a terrassé tous les gros. Cette fois, le Big Three Derek Needham (0 d’évaluation) – Andrew Andrews (6 points à 1/7) – John Holland (10 points à 2/7). Mais l’inattendu duo Onuralp Bitim – David Dudzinkski symbolisait les qualités de résilience de Bursaspor, remis du coup de folie de Milos Teodosic et parfaitement revenu dans le coup (64-59, 32e minute).

Le money-time, l’heure du MVP Jaoteh

Sauf qu’à Bologne, si ce n’est pas l’un, c’est l’autre. Après trois quarts-temps particulièrement frustrants (4 points à 2/7 et 1 d’évaluation), passés à enfiler les fautes (3 à la mi-temps) et à voir ses efforts aux rebonds offensifs (4 à la pause) être gâchés par un cercle capricieux, Mam’ Jaiteh a enfilé le costume de MVP pour le money-time. Au placard les mains qui tremblent, l’ancien intérieur de la JSF Nanterre a retrouvé l’incroyable efficacité qui l’a caractérisé toute l’année pour terminer en double-double (13 points à 6/13 et 10 rebonds en 24 minutes) et, surtout, définitivement décrocher Bursaspor (80-67, score final).

virtus-bologne1652309030.webp
Une nouvelle image dans la légende de Basket City…
(photo : EuroCup)

Les prémisses d’une soirée de fête à Basket City où klaxons et explosions ne cessent de se faire entendre depuis 23h en ville. Comme pour mieux célébrer le réveil du géant endormi… Six ans après avoir été reléguée en deuxième division italienne, la Virtus Bologne est de retour là où elle devrait être : en EuroLeague. « C’est gratifiant d’écrire une page historique du club », savourait un Isaïa Cordinier extatique, avec déjà quelques effluves de champagne, vainqueur du premier trophée de sa carrière après 13 minutes personnelles de belle contribution défensive. « Non, j’ai joué comme de la merde mais je m’en fous », explosait-il de rire. La veille, il nous disait qu’une finale ne se jouait pas mais qu’elle se gagnait. Parole tenue. Et en plus, lui pouvait aller fêter cela sans contrôle anti-dopage ensuite…

À Bologne,

par

Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

BEBASKET

Dites byebye à la publicité et encouragez le travail effectué sur la couverture quotidienne du basket Français !

commentaires