Le miracle, épisode 2 : ces Bleus sont des survivants !

Crédit photo : FIBA

Dans un scénario étrangement similaire à celui du 1/8e de finale contre la Turquie, l'équipe de France est une nouvelle fois revenue de l'enfer (93-85, a.p.), surmontant cette fois un déficit de sept points en deux minutes contre l'Italie. Les Bleus affronteront la Pologne en demi-finale vendredi à 17h15.

Ces Bleus ont un défaut immense et une qualité encore plus remarquable : leur capacité à se mettre seuls dans le pétrin n’est supplantée que par une intense force de caractère, que par leur faculté à s’en sortir comme des grands. Par un véritable instinct de survie, en somme. « Parfois, il faut qu’on prenne des coups pour que l’on se réveille », glisse Terry Tarpey. « Tant que l’on ne se réveille pas trop tard, ça va ! » Cette fois-ci, la cavalerie est arrivée à 2 minutes et 18 secondes du buzzer final, après une flèche lointaine de Simone Fontecchio qui avait pourtant tout d’une sentence définitive (68-75). Mais dans un étonnant parallélisme avec la Turquie, l’équipe de France a su arracher une nouvelle prolongation en égalisant à 77-77 à la fin du temps règlementaire, un score identique à celui de samedi.

Fontecchio, comme Osman…

Le panier décisif d’Heurtel pour arracher la prolongation (photo : FIBA)

« Ce n’est pas le même match que contre la Turquie, nous avons montré plus de caractère », plaidait pourtant Thomas Heurtel, rejoint par Vincent Collet. « Je suis d’accord. À 12 secondes de la fin avec deux lancers-francs et possession à suivre pour l’adversaire, c’était un miracle. Là, nous sommes revenus avant les derniers instants. Mon équipe n’arrête jamais de se battre, continue d’y croire quelque soit la situation : ne leur enlevez pas cette détermination ! Je n’ai jamais senti de renoncement. » Dans le sillage de leur leader Evan Fournier, précieux pour instiller un 4-0 avec un pick and roll pour Rudy Gobert puis une action individuelle (73-75, 39e minute), puis du soldat Terry Tarpey, à créditer d’une claquette éminemment importante (75-77, 40e minute), les tricolores ont effectivement eu le mérite de se donner les moyens de continuer à y croire. Mais il fallait bien une part d’irrationnelle : elle s’est incarnée dans l’effondrement du meilleur joueur adverse, Simone Fontecchio, sur la ligne de lancers-francs, comme Cedi Osman samedi. À 85% dans l’exercice en carrière, le futur ailier d’Utah – monumental par ailleurs (21 points à 7/15, 5 rebonds et 2 passes décisives) – n’a converti aucune de ses deux tentatives à 16 secondes de la sirène, alors qu’il avait pratiquement l’occasion de plier les débats. « Sur le banc, on se disait qu’on a une chance pas possible », avoue Andrew Albicy. Les Bleus ne l’ont pas laissé filer : héros du soir, Thomas Heurtel (20 points à 8/14 et 8 passes décisives) a emmené tout ce beau monde en terre promise, la prolongation. « Il porte des caleçons aussi grands que moi », souriait Rudy Gobert après coup.

Peu importe la façon de s’en sortir au final, l’équipe de France répète les mêmes schémas, affiche les mêmes valeurs et les mêmes faiblesses d’un match à l’autre. Comme contre la Turquie, les coéquipiers de Rudy Gobert (19 points à 8/11 et 14 rebonds) n’ont pas été récompensé de leurs efforts défensifs à la mi-temps (37-30) à cause de leur trop grande fragilité (11 balles perdues à la pause). « On aurait dû être à +30 », râle Vincent Collet. Comme contre la Turquie, la fin du troisième quart-temps fut un véritable désastre,  avec la concrétisation redoutée du match de traînard transalpin (56-64, 34e minute), marquée par la présence sur le parquet d’un cinq inapte défensivement à contenir la mobilité italienne. Et puis, comme contre la Turquie – spoiler ! –, les Bleus ont sorti la tête du seau à l’approche du money-time, ne perdant plus un seul ballon à partir du pied en touche de Terry Tarpey à 6 minutes de la fin (59-64). « À -8, j’ai eu peur que l’on perde le fil de notre match », retrace Vincent Collet. « Il n’y avait plus la même pression défensive et on se précipitait en attaque. Ensuite, il y a eu une bascule : on a repris le contrôle, on s’est remis à bien jouer, essentiellement sous la houlette de Thomas (Heurtel). » Agressif et créatif, le meneur agathois a assumé toutes les responsabilités possibles balle en main en cumulant 14 points et 4 passes décisives dans le quatrième quart-temps et la prolongation. « Les gens qui me connaissent savent que je n’ai pas peur », a-t-il lancé, petit sourire satisfait en coin.

« Nous ne pouvons pas avoir l’or avec notre niveau des deux derniers matchs ! »

Les Bleus encaissent les chocs mais sont dans le Top 4 ! (photo : FIBA)

Et voici donc l’équipe de France, malgré toutes ses aspérités, dans le dernier carré de l’EuroBasket (victoire 93-85). Voici donc l’équipe de France, en dépit de toutes ses imperfections, aux portes de son rêve, avec deux matchs à disputer pour une médaille. « L’or est notre premier objectif », a réaffirmé Thomas Heurtel. Sauf que ces Bleus ont beau être des miraculés ou des survivants, il y aura bien un moment où la pièce tombera du mauvais côté, surtout quand on laisse autant de place au hasard. « Nous sommes conscients que nous ne pouvons pas être champions d’Europe avec notre niveau des deux derniers matchs », clame Vincent Collet. « On sait que l’on doit mieux jouer, on essaye tout pour cela, mais nous sommes toujours vivants ! La demi-finale sera une opportunité pour nous de faire mieux ! On a notre chance, on la mérite car on se l’est créée ce soir. Nous allons travailler pendant deux jours pour sortir notre meilleur match possible. Maintenant, il faut step-up (s’élever), c’est l’heure ! » Pour ne plus dépendre de deux lancers-francs de la star adverse dans les dernières secondes à 75-77…

À Berlin,

 

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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