Paris à la croisée des chemins : « C’était une affaire de temps »

Crédit photo : Lilian Bordron

Le Paris Basketball vient d'enchaîner cinq victoires en novembre. Après un début de saison compliqué, le groupe a semble-t-il trouvé ses marques sous les ordres du coach américain Will Weaver.

Inquiétants, avec un seul pivot de métier et sans défense. Voici ce qu’on pouvait retenir des débuts du Paris Basketball sous l’ère Will Weaver. Arrivé à l’intersaison pour vivre sa première expérience de coach dans le basketball européen, l’ancien entraîneur des Houston Rockets (NBA) a semble-t-il eu besoin de temps pour modeler l’équipe comme il l’imaginait. Mais cela a fini par payer si l’on en croit la dynamique actuelle (cinq victoires consécutives).

« Le système est très différent par rapport à la saison dernière, reconnaît Dustin Sleva, ailier-fort présent au club depuis ses débuts en 2018. Au début, nous avons eu beaucoup à apprendre. C’était une affaire de temps. Tout le monde devait connaître son rôle et savoir que faire. C’est devenu plus facile pour nous. »

Le plan de jeu de l’ancien coach des Sydney Kings s’appuie sur les qualités athlétiques et de mobilité de son équipe, ainsi que l’adresse de ses joueurs. Ainsi, les Parisiens se projettent très vite sur transition, utilisent au maximum l’espace sur le terrain grâce aux shooteurs qui étirent la défense adverse et enfin profitent de l’agressivité balle en main de ses arrières de talent, Kyle Allman Jr. en tête.

« On est rapide, on est grand, on est athlétique, décrit Dustin Sleva. On veut courir, on veut prendre des rebonds offensifs, on veut être plus physique, on veut prendre des tirs à 3-points, avoir des lay-ups. C’est ce qu’on fait. En défense, on s’appuie sur Ismaël parce que dans la raquette c’est juste un monstre. Quand on a quelqu’un qui contrôle toute la raquette, c’est beaucoup plus facile. »

Ismaël Kamagaté, la pierre angulaire de la défense parisienne

L’international français sort ainsi d’un match à 41 d’évaluation contre Hambourg en EuroCup mercredi soir. Utilisé très bas en défense, le Francilien protège la raquette, même lors de pick & rolls adverses très éloignés du cercle.

« Ismaël Kamagaté est un monstre pour protéger le cercle, justifie Will Weaver. On a essayé d’inclure cette particularité dans la manière dont on joue. On a des règles pour Isma’ et d’autres règles pour tous les autres. Sur le dernier mois, je pense qu’il a trouvé son rôle dans l’équipe et comment il peut dominer des deux côtés du terrain. C’est ce dont on parle des deux côtés du terrain. Il fait tout ce que vous voulez d’un point de vue défensif et il pose de très bons écrans et roule fort vers le cercle. La moitié de nos tirs ouverts viennent grâce à ses écrans et ses rolls (déplacement vers le cercle après avoir posé un écran, NDLR). Il ne reçoit pas assez de louanges pour cela, excepté de la part de de nos scoreurs. Et il est content de ça. C’est pour ça qu’il va avoir une carrière professionnelle réussie. »

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Affable, Will Weaver dispose d’une bonne côte de popularité auprès des joueurs (photo : Lilian Bordron)

Outre ces aspects technico-tactiques, le management du Texan est très apprécié. Mercredi soir à la Halle Carpentier, il ne s’est pas mis à pestiférer ni changer de stratégie à tout va lorsque le match a mal démarré pour son équipe, avec un Kyle Allman peu efficace dans sa fougue habituelle (0/9 aux tirs et 3 balles perdues à la mi-temps). Un Kyle Allman qui a marqué 16 points après la pause pour ramener les siens au score puis passer devant.

« Il n’y a pas vraiment de preuves que de prendre des temps-morts pour dire  »arrêtez de perdre la balle », constate simplement le technicien de 38 ans. À titre personnel, si j’étais un joueur, je ne voudrais pas que le coach prenne un temps-mort pour me crier dessus et me dire : « Ne perds pas la balle »,  »ne prends pas de mauvais tirs ». J’ai de meilleurs conseils pour eux. S’il y a quelque chose de fou, qu’on doit s’ajuster parce que ce qui se passe est très différent de ce que nous attentions, bien sûr on peut en parler. Notre équipe est jeune mais notre équipe est intelligente et veut gagner. Si on a du mal dans un match ce n’est pas parce que nous n’essayons pas, c’est parce que parfois ils essayent trop fort. »

« Je respecte nos joueurs d’avoir cru en cet Américain bizarre »

Ce match, qui aurait pu crisper le staff, les joueurs et le public en première mi-temps, représente le début de saison des Parisiens. Avant d’enchaîner cinq succès consécutifs, la jeune escouade a cumulé les échecs, du moins sur la scène nationale. A cette époque là, ni les joueurs ni les coaches du club n’ont paru inquiets.

« Je n’étais pas particulièrement patient quand je devais m’assoir sur le banc et que je n’avais pas le droit de coacher (rires), rappelle l’ancien étudiant en arts, dans l’incapacité de coacher en début de saison à cause du manque d’équivalence de son diplôme. Mais je pense que pour notre équipe c’était une chance pour identifier ce sur quoi nous devions travailler. J’avais un plan clair de comment j’allais coacher quand j’en aurai le droit. Je respecte nos joueurs d’avoir cru en cet Américain bizarre qui s’est pointé à l’entrée et leur a demandé de jouer un jeu différent. Je suis sûr qu’ils ont plein d’amis dans d’autres équipes ou leurs agents qui ont fait tout ce que les gens font quand ça ne va pas et disaient : ‘Ce style de jeu ne marchera jamais en Europe »,  »Vous êtes une équipe de G-League » etc. Tout le monde est resté dans le même bateau. On a notre chance mais on doit continuer de s’améliorer. Dijon est un immense test ce week-end. Nos joueurs le savent. »

Rendez-vous à 20h ce samedi à la Halle Carpentier, face à une JDA blessée après avoir perdu à Limoges puis contre Malaga.

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Qui a écrit ce papier ?

Gabriel Pantel-Jouve

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