Sylvain Francisco aux portes d’un trophée européen : « C’est juste énorme ! »

Il y a moins de quatre ans, au sortir d’un bras de fer avec les Metropolitans 92, Sylvain Francisco (1,85 m, 24 ans) était au chômage, récupéré sur le bas-côté par le Paris Basketball en décembre 2018, alors lanterne rouge de Pro B. Il y a deux ans, le Francilien évoluait toujours dans l’antichambre. Deux bons choix de carrière plus tard (Roanne et Manresa), voici le jeune meneur aux portes d’un trophée continental, en finale de la Champions League contre Tenerife.

En dents de scie en demi-finale, mais à créditer d’un bon troisième quart-temps pour maîtriser Ludwigsburg (63-55), Sylvain Francisco vit la saison parfaite. Après une année d’apprentissage aux côtés de Jean-Denys Choulet, il a sauté directement dans le grand monde. Mais envisageait-il une telle success story ? Probablement non. D’abord mis à l’essai par Manresa l’été dernier, il a rapidement séduit Pedro Martinez. Puis il a contribué à faire de l’équipe catalane l’une des grandes surprises de la saison sur le continent. Performant en Liga Endesa, auteur de quelques performances retentissantes (25 points et un buzzer beater à Barcelone par exemple), il s’est également ouvert les portes de l’équipe de France. Au cours d’une finale marquée par son opposition de styles avec le maestro Marcelinho Huertas, Sylvain Francisco tient l’occasion de valider son changement de statut. Entretien à l’approche de cet immense rendez-vous.

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Comment envisages-tu la finale de dimanche contre Tenerife, une équipe que vous connaissez très bien ? Qu’est-ce que cela représente de jouer un tel match ?

Pour moi, c’est énorme ! C’est ma première année à l’étranger donc être en demi-finale de BCL, c’était déjà quelque chose mais aller en finale, c’est juste énorme. Gagner le titre serait encore mieux. Tenerife est une équipe avec beaucoup d’expérience, ils sont très forts. On sait comment ils jouent. Le plus important sera d’essayer de les stopper car ils ont beaucoup de shooteurs, et de les amener à notre rythme. Je pense que ce sera un match très serré.

Il faudra notamment mettre la pression sur Marcelinho Huertas qui a détruit Holon en demi-finale sur le pick and roll avec Giorgi Shermadini. Tout le monde connait tes jambes en défense, y-aura-t-il une mission spéciale ?

Bien sûr. Il y a toujours une mission spéciale sur chaque meneur, chaque adversaire. Après, moi, je n’ai eu qu’une semaine d’entraînements avec toute l’équipe, je reviens de blessure, je le ressens encore un peu. Mais je ne suis pas quelqu’un qui me trouve des excuses. Oui, on est en mission, tout le monde a une mission et il faut qu’on aille chercher la victoire. Il faut que l’on défende, défende, et je pense que tout va bien se passer.

« Je sais que du jour au lendemain, je ne peux plus rien avoir »

Justement, comment te sens-tu physiquement par rapport à ta blessure ?

Franchement, ça va. En fait, parfois, je ne sens rien et des fois, je sens un petit truc sur mon adducteur. Je me dis que c’est ça alors que non. Mais je n’y pense pas et c’est ça le principal. Je m’échauffe énormément avant et ça me permet d’être dans le rythme, de ne pas être froid.

C’est ta première saison à l’étranger et tu as clairement franchi un cap : tu joues une finale européenne, tu as fait tes premiers pas en équipe de France, possiblement une place à gagner avec la prochaine fenêtre et l’EuroBasket… Dans quel état d’esprit es-tu par rapport à cette dynamique dans ta carrière ?

Je reste concentré car je sais que du jour au lendemain, je ne peux plus rien avoir. Hier, je n’avais rien. En ce moment, j’ai plein de choses mais je conserve cette optique de travail, de continuer à avancer et progresser. Surtout à l’étranger, avec ce coach (Pedro Martinez). Je ne vous dirais pas comment on joue aux entraînements mais on ne se repose pas, en défense, on est des chiens. Tout ce que vous voyez sur les matchs, c’est la même chose aux entraînements. J’ai passé un cap avec lui et surtout l’autre meneur Dani Perez qui est un très bon passeur. C’est grâce à ça aussi que je m’améliore. Vu comment l’équipe est construite, tout le monde est bien. Concernant l’équipe de France, j’ai été vraiment content de vivre mes premières sélections. J’espère que ça continuera.

Soulever un trophée dimanche pourrait-il aider à marquer des points aux yeux du sélectionneur en vue de cet été ?

(Il rit) Franchement, je ne sais pas. Il est le sélectionneur, c’est à lui de décider. S’il veut me prendre, c’est qu’il pense que je suis prêt. S’il ne veut pas, c’est normal, la vie continuera. J’ai eu des hauts et des bas dans ma vie, je n’ai jamais rien lâché et ce n’est pas pour ça que je le ferai.

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Rédaction Bebasket

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