Sylvain Francisco : « Cette finale, je vais la regarder cinq, six, sept fois en étant énervé »

« C’est une saison magique et je ne veux pas qu’elle s’arrête », disait le MVP Chima Moneke samedi. Son coéquipier Sylvain Francisco était dans le même état d’esprit. Après un parcours sinueux (trois lycées américains sans pouvoir intégrer une université à cause de ses résultats scolaires, un passage par la Pro B à la suite d’un bras de fer avec Levallois), l’enfant de Sevran a vécu la plus belle époque de sa jeune carrière cette saison. Tout ce pour quoi il a travaillé est devenu réalité à Manresa. Ou presque… Il n’a manqué qu’un match, une victoire.

Après avoir enchanté l’Europe du basket, le club catalan a buté sur la dernière marche, vaincu en finale de la Champions League par Tenerife (87-98). Touché aux adducteurs, Sylvain Francisco a incarné la soirée difficile des siens, avec une prestation poussive (12 points à 3/11, 3 rebonds, 2 passes décisives, 1 interception, 1 contre et 2 balles perdues en 26 minutes). Forcément déçu, il a ensuite eu le mérite d’être longuement disponible pour la presse en zone mixte.

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Manresa échoue au pied de la plus haute marche
(photo : FIBA)

Sylvain, quel sentiment t’anime après cette défaite en finale de la BCL ?

C’est dur de perdre une finale. C’était un rêve de gagner la Champions League. Je n’ai pas les mots en vrai, je suis dégoûté. Mais comme je l’ai dit à l’équipe, on n’a pas perdu, c’est plus une leçon qu’autre chose, on a appris beaucoup aujourd’hui, on va en sortir grandi.

Tu es resté un moment au sol à la fin du match. C’est dur à digérer ?

Oui, ça va prendre du temps. Bien sûr que c’est un rêve qui s’envole. Depuis le début de l’année, on a bossé pour ça. Avant les playoffs en Liga Endesa, cette finale était notre récompense et elle nous a échappée. C’est dur car tu penses à beaucoup de choses : comment on a fait pour perdre, qu’est ce qui s’est passé, ta prestation individuelle… Il y a beaucoup de questions en fait. Il faut passer à autre chose mais c’est dur de le faire.

Comment as-tu jugé ta performance ? On a senti beaucoup d’envie de bien faire mais de la maladresse…

Il y a eu de la maladresse, oui. Je me sentais bien au début. Je l’ai caché mais je suis venu en étant toujours blessé. Mais je ne suis une personne qui ne me cherche pas d’excuse. Je pensais que ça allait rentrer, ça ne l’a pas fait. J’ai décidé d’être plus agressif, aussi en défense pour retrouver mon tempo, du rythme, jouer pour les autres. Ça allait un peu mieux en deuxième mi-temps mais c’est dur de rattraper le retard contre cette équipe là, comme contre la plupart des équipes en ACB.

Leur Big Three Marcelinho Huertas – Sasu Salin – Giorgi Shermadini a dégagé beaucoup de sérénité. Quand tu parlais de leçon, est-ce ce genre de choses que l’on retire face à des gars aussi expérimentés ?

Bien sûr, c’est d’en sortir grandi. Ce match, je vais le regarder cinq, six, sept fois. C’est sûr que je vais le regarder en étant énervé. Marcelinho est un joueur expérimenté, très connu. C’est le moteur de leur équipe. La façon dont il joue les pick and roll, dont il sert ses coéquipiers, c’est quelque chose de bien en vrai. Notre plan défensif était d’éviter qu’il fasse des passes à l’opposé ou vers ses shooteurs car ils sont tous adroits. On l’a bien fait en première période, moins par la suite où ils ont commencé à trouver des tirs. Surtout quand on s’est mis à jouer en zone, c’est ça qui nous a un peu fait mal, d’autant plus quand Salin est rentré. On devait être en man-to-man à ce moment-là, c’est pas ce qu’il s’est passé.

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Son duel face au MVP Marcelinho Huertas devrait s’avérer formateur
(photo : FIBA)

Comment as-tu trouvé ce nouveau format de la BCL, avec moins de match mais que des rencontres importantes. Comment traverse-t-on cette compétition compressée en tant que joueur ?

Je l’ai bien vécu. C’est dur car parfois, tu voyages dans des villes vraiment éloignées. Tu pars à 6h du matin, t’arrives à 19h. Je me rappelle du voyage en Turquie (à Bursa), on a atterri à Istanbul et il restait trois heures de route ensuite. Pareil en Pologne (à Ostrow Wielkopolski). Parfois, t’es dans un mood où tu te dis : « Waow, c’est loin… » On joue certes moins mais quand c’est jour de match, on avait toujours la mentalité de défendre, de gagner. On a ramené la plupart de nos adversaires dans notre rythme, on a beaucoup défendu. C’est ça qui nous a permis d’arriver jusqu’en finale.

Comment perçois-tu cette saison de BCL ? Comme un apprentissage accéléré ?

Je dirais plus une confirmation. Car pour moi, la BCL était quelque chose de nouveau. Surtout cette année, le niveau était vraiment excellent, très élevé. Donc oui, c’était de l’apprentissage, une confirmation aussi. J’en suis sorti grand. On verra ce que l’avenir me réservera.

Justement, comment le perçois-tu ? On a l’impression que tu as pris un élan qu’il faudra entretenir cette saison…

Déjà, je veux déjà soigner cette blessure car en vrai, elle s’est réouverte contre Ludwigsburg quand j’ai glissé. J’avais du mal à marcher après l’entraînement, à l’hôtel, etc. Heureusement qu’il y avait un jour de repos mais j’avais toujours cette petite douleur qui me ralentissait en attaque et en défense. En ACB, je pense qu’on fera quelque chose de mieux. Là, on est tous mal, on n’est pas bien. Dans quelques jours, on affronte Malaga, il y a Barcelone qui arrive samedi. On n’a pas le temps de rester dans cette tristesse. On doit rebondir et avancer.

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Rédaction Bebasket

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