« Un meneur d’hommes comme j’en ai jamais vu » – Yves-Marie Vérove, une vie au service des autres et du basket

Le sorcier de Cerdan s’en est allé. Yves-Marie Vérove est décédé ce lundi 6 juin, des suites d’une longue maladie. Un séisme dans le monde du basket français, surtout à Brest, où son nom reste indissociable de la ville et du club qu’il a fait monter en Pro A en 2005 alors qu’il s’agissait du plus petit budget de Pro B. Meneur d’homme au tempérament volcanique et au grand cœur, Yves-Marie Vérove était une personne qui marchait à l’instinct et que ne s’est jamais soucié du qu’en dira-t-on. D’abord joueur, le natif de Grand-Fort-Philippe dans le Nord, faisait parler de lui par son talent, lui qui est d’ailleurs devenu l’un des meilleurs basketteurs français de années 70 avec déjà un tempérament volcanique, si caractéristique de Yves-Marie l’entraîneur. « Franc, droit, entier et cash. Il était sans filtre. » explique Ronan Guennoc.

Un meneur d’hommes et de convictions

Le breton d’adoption – lui qui a passé 27 ans à Brest – n’a jamais changé et s’est toujours montré comme un personnage, un homme entier avec le cœur sur la main : « C’était quelqu’un qui était partageur et absolument pas matérialiste. On est très vite devenus amis et c’est devenu un membre de la famille puisque c’est le parrain de ma fille Ewl Guennoc. » Mais jamais très différent du coach de basket qu’il était : « Très instinctif, qui sentait le jeu et qui était un meneur d’homme incroyable comme j’ai rarement vu. » À Brest, dans un club avec très peu de moyen, Yves-Marie Vérove a toujours su incarner le modeste chef du petit club que représentait l’Étendard : « C’est un club qui a toujours eu le plus petit budget de la division où il y avait souvent des difficultés pour trouver trois francs pour faire six sous et Yves-Marie arrivait toujours à tirer le meilleur des gars qu’il avait autour de lui, en plus de lancer certains jeunes ou relancer d’autres joueurs, comme Garry Chathuant, qui arrivait de Martinique et qui voulait jouer au basket, Cédric Gomez, joueur qui était frêle et n’a jamais été pris dans un centre de formation ou encore Stephen Brun, qui végétait en Suisse alors qu’il était très prometteur au centre de formation de Cholet. »

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« Il avait cette faculté à transcender les gens, c’était un meneur d’hommes hors pair » décrivait son fils aîné Franck. Un trait de caractère qui décrivait bien le coach qu’il était et qui faisait de lui un coach haut en couleur au caractère bien trempé : « C’était quelqu’un de volcanique. Par exemple, des joueurs m’ont expliqué qu’à la mi-temps d’un match, il est rentré aux vestiaires avec une bouteille d’eau et qu’il l’avait explosé juste au-dessus des têtes des joueurs en parlant à son joueur américain de l’époque, sans parler un mot d’anglais, que s’il ne se bougeait pas en seconde mi-temps, il serait dans l’avion ce soir, en lui mimant toute la scène. Et pour la petite anecdote, le joueur avait fait une seconde mi-temps incroyable. »

Un homme au grand cœur

À Brest, Yves-Marie était tout, « même le mec qui réparait les bagnoles des joueurs » et a réussi à forger l’esprit du club et de toute une ville, lui qui a longtemps bourlingué : « C’est un ch’ti d’origine, un corse de cœur et un breton d’adoption » avouait Ronan Guennoc. Un melting pot de ces trois régions, donc, qui ont fait le personnage et l’unique homme qu’était Yves-Marie Vérove. « Au-delà de ça, c’était un type très humble, qui n’aimait pas les reconnaissances, les cérémonies ou encore les remises de médailles. Il détestait ça. Il préférait aller boire un petit Ricard dans le bistrot du coin. »

En 1999, Christophe Pellegrini évoluait sous les ordres de Yves-Marie Vérove et a réalisé une superbe saison. Au moment du renouvellement de contrat, le club de Brest faisait face à ses limites : « Christophe Pellegrini est allé voir le président pour prolonger avec une hausse de salaire alors qu’il était sollicité par d’autres clubs. La transaction n’ayant pas pu se faire, Yves-Marie était allé voir le président en lui demandant de retirer sur son salaire ce dont le club avait besoin pour prolonger Christophe Pellegrini. C’était du Yves-Marie dans le texte. » souffle celui qui est l’un de ces proches.

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Rédaction Bebasket

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