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ITW Brice Dessert : « Même quand je jouais 10 minutes à Blois, je croyais en moi ! »

Venu au basket sur le tard, Brice Dessert a débarqué en EuroLeague l'été dernier, embauché jusqu'en 2029 par l'Anadolu Efes Istanbul. Croisé dans les couloirs de l'Ülker Sports Arena le mois dernier, en marge d'un derby au Fenerbahçe, le jeune international français nous a conté sa découverte du grand monde.
ITW Brice Dessert : « Même quand je jouais 10 minutes à Blois, je croyais en moi ! »

De Strasbourg à l’Anadolu Efes Istanbul, Brice Dessert nous raconte son grand saut

Crédit photo : Baptiste Da Costa

Brice, comment s’est passée ton intégration avec l’Anadolu Efes Istanbul cet été ? 

Vraiment bien. J’ai eu de la chance parce que pour ma première expérience à l’étranger, il y a trois autres Français avec moi dont deux qui connaissent bien Istanbul, Rodrigue (Beaubois) et Vincent (Poirier). Ça m’aide beaucoup. Rodrigue, c’est un ancien, il a beaucoup d’expérience. C’est sa huitième saison ici, il connaît par cœur l’institution. Vincent est lui arrivé à l’été 2024. Et Isaïa (Cordinier) est arrivé en même temps que moi. La différence avec moi, c’est que tous les trois connaissent l’EuroLeague et ils me donnent beaucoup de conseils. Ça, c’est vraiment top. Ils m’ont beaucoup aidé.

« Je suis vraiment épanoui »

Tous les trois te sont très précieux depuis le début de saison…

Complètement. On passe quasiment tout notre temps ensemble. On parle tout le temps en français. C’est comme si j’étais en France, alors qu’on est dans un pays étranger. Sur le banc, on est ensemble, on se parle, on s’encourage, c’est génial.

Brice Dessert découvre l’EuroLeague avec l’Anadolu Efes Istanbul (photo : Sébastien Grasset)

Tu as gagné en responsabilité au fil des semaines. Il a fallu logiquement faire ta place dès ton arrivée. Tu es plutôt bien utilisé en championnat, tu te montres rentable. En EuroLeague, tu es utilisé par parcimonie (12 apparitions). Comment vis-tu cette situation ? 

Franchement je le vis plutôt bien, je sais que je suis nouveau dans ce milieu, je sais que forcément pour se faire ma place il faut se battre. Il y a des gros noms à mon poste donc forcément c’est un combat de tous les jours. Ça passe par déjà des bons entraînements et de bonnes attitudes en match. Effectivement, dans la ligue turque, ça se passe bien. Quant à l’EuroLeague, c’est quand même une chance pour un jeune français comme moi d’avoir du temps de jeu. Ce n’est pas donné à tout le monde. Et, je répète, j’ai de la chance d’avoir avec moi trois autres Français qui ne cessent de me conseiller. J’ai une très bonne situation. Et pour être franc, je suis vraiment épanoui.

PROFIL JOUEUR
Poste(s): Pivot
Taille: 212 cm
Âge: 22 ans (25/03/2003)

Nationalités:

drapeau-france-carre.jpg
Stats 2025-2026 / EuroLeague
PTS
5,2
#197
REB
2,6
#132
PD
0,3
#275

On le rappelle, tu as vécu un été 2025 particulier. Alors que tu étais encore sous contrat avec Strasbourg, tu as dû te décider entre le Maccabi Tel-Aviv, Monaco, l’Anadolu Efes Istanbul voire la NCAA… Peux-tu nous raconter comment tu as vécu cet été charnière dans ta carrière ?

Effectivement, il y a eu beaucoup de réflexion, je suis passé par plusieurs stades. J’ai eu un peu de tout, dont ceux que tu as cité. Il faut savoir que d’abord, j’étais parti aux États-Unis pour faire des work-outs pour la draft NBA. J’ai été m’entraîner à Dallas, puis à Paris à mon retour en France. Entre-temps, il y a eu des propositions de clubs d’EuroCup, en France aussi. Donc, mon nom était un peu partout. Et finalement, j’ai fait mon choix vers la fin du mercato et je suis plutôt content. Avec l’Anadolu, ça s’est fait en 48h. J’étais proche de signer à Monaco. Mais Istanbul m’a convaincu et surtout, j’ai signé 4 ans (contrat 2+2). C’est énorme pour un jeune français. C’est une garantie, une marque de confiance. Ça me laisse le temps de progresser.

« Je préférais geeker et manger des cochonneries »

Si on jette un œil dans le rétroviseur, en 2022-2023, tu jouais 10 minutes de moyenne avec l’ADA Blois en Betclic Elite. Trois ans après, tu es un joueur d’EuroLeague, qui plus est dans un club possédant de très belles infrastructures, qui a réalisé il y a peu un incroyable doublé dans la compétition reine (2021 et 2022). Est-ce que tu te rends compte du parcours réalisé ?

C’est incroyable ! (sourire) J’en prends de plus en plus conscience, en effet. Des fois, il m’arrive d’en parler avec mes parents et ils me demandent aussi si je me rends compte d’où je viens. Parce-que j’ai commencé le basket tard, et Dieu sait que je ne suis pas tombé amoureux direct de ce sport. Je n’avais pas envie de m’entraîner, des fois je séchais les séances, je préférais geeker et manger des cochonneries (il rigole). Des fois, ils sont un peu choqués de me voir jouer à ce niveau-là. Donc oui, c’est ça qui me fait prendre conscience du parcours réalisé. Mais je me dis aussi que j’ai bossé pour en arriver là, j’ai arrêté de faire mon fainéant (il rigole). J’ai pris conscience comme on m’a fait prendre conscience du potentiel que j’avais. J’ai fait ce qu’il fallait, je me suis entraîné dur. J’ai eu confiance en moi aussi, en mon travail et ça a porté ses fruits. Et même quand je jouais 10 minutes de moyenne à Blois, je croyais en moi. Je me disais que ce n’était pas irréalisable d’être en EuroLeague plus tard. Je savais que j’allais atteindre cet objectif au bout d’un moment.

Brice Dessert lors de son deuxième match de Betclic ÉLITE en septembre 2022 avec l’ADA Blois (photo : Tuan Nguyen)

Malheureusement, l’Anadolu vit une saison compliquée en EuroLeague avec cette avant-dernière place, la faute à de nombreuses blessures. Ce qui en revient au fait que collectivement, tu n’as pas eu la chance jusqu’à présent de vivre une saison remplie de joie. Avec Rouen (2021-2022), le club est descendu en Nationale 1. Les deux saisons avec l’ADA Blois en Betclic Élite (2022-2024) ont été compliquées, ponctué par cette relégation la deuxième année. Avec Strasbourg (2024-2025), le club finit à la 12e place. Ce n’est pas un peu pénible tout ça ?

Si, si bien sûr. On a toujours envie de vivre des saisons positives, de gagner plein de matchs. Ça me manque beaucoup, il y a eu des périodes compliquées, parce que ce n’est pas évident d’enchaîner les défaites. Avec Strasbourg, on avait très bien commencé, même moi personnellement puisque j’avais été élu MVP du mois d’octobre. Après, les défenses se sont adaptées donc ils ont commencé à beaucoup plus défendre sur moi. Et il y a le fait aussi que je me suis blessé et je suis revenu trop vite de ma blessure. Ça avait traîné jusqu’à la fin de saison. Et quand les résultats collectifs ne suivent pas et qu’individuellement tu n’es pas bon, tu rentres dans une spirale négative.

Concernant l’Anadolu, j’ai confiance au club, au travail du front office. Je sais qu’ils vont faire ce qu’il faut pour remonter la pente. Après, ça ne doit pas être une excuse, car on a quand même un effectif de 18 joueurs mais il y a pas mal de blessés. Il faut faire avec. Je dirais aussi qu’on manque de confiance sur le terrain parce qu’on est dans une spirale négative. Et quand t’es pas prêt à jouer à 100%, la moindre erreur en EuroLeague, tu la payes cash. Il faut qu’on se serre les coudes en gros. Après, la saison n’est pas finie, on a encore des objectifs élevés, à savoir remporter le championnat et la Coupe de Turquie (défaite en demi-finale contre le Besiktas, ndlr). Il y a encore moyen de bien finir cette saison et de fabriquer de jolis souvenirs à la fin.

« Les Bleus, j’y pense beaucoup »

Est-ce que tu as dans un coin de ta tête la NBA Europe ou tu n’y pense pas forcément ?

Pour l’instant, c’est step by step. Je suis vraiment focus dans ma progression, l’envie de vouloir dominer en EuroLeague. Et une fois que je serai bien installé à ce niveau, là à la rigueur je pourrais penser à la suite. Pour l’instant, c’est au jour le jour. Tout ce qui compte, c’est de vouloir m’entraîner dur sur chaque aspect de mon jeu pour être meilleur.

Et l’équipe de France ? J’imagine que tu as envie de faire ta place… Au poste de pivot, il y a une belle génération, c’est très concurrentiel. ..

J’y pense beaucoup, oui. Je suis les statistiques de chaque joueur de ma génération environ, que ce soit en NBA, en EuroCup, en EuroLeague, etc. Je sais qu’on a une belle génération, il y a de très bons joueurs à mon poste donc la concurrence est rude. Mais bien sûr que j’ai envie de m’imposer aussi à ce niveau-là. Vincent (Poirier) fait partie de ces joueurs qui me poussent au quotidien pour m’améliorer, faire de moi un futur joueur majeur de l’Équipe de France. Tous les jours, il me donne des conseils précieux, non pas par rapport aux Bleus, mais sur le terrain.

Brice Dessert a découvert les Bleus en novembre 2024 contre Chypre (photo : FIBA)

Propos recueillis à Istanbul,

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Image Alexandre Sanson
Alexandre Sanson observe le basket avec curiosité et enthousiasme. Sur BeBasket, il aime raconter le jeu sous tous ses angles, entre actu chaude, coups de cœur et découvertes au fil des saisons.