Logo Bebasket
Recherche
Recherche
Logo Bebasket
  • À la une
  • Betclic Élite
  • Pro b
  • National
  • Coupes d'Europe
  • Équipe de France
  • Jeunes
  • Féminines
  • Interviews
  • Hooper
  • Camps

ITW Sacha Giffa : « Je pensais que c’était la bonne période pour devenir coach des Mets »

Betclic ÉLITE - Levalloisien historique, Cardiac Kid (1995/99) devenu assistant-coach des Metropolitans 92 pendant plus de sept saisons (2016/23), Sacha Giffa n'a pas été renouvelé par le club francilien l'été dernier, alors qu'il avait candidaté pour prendre la succession de Vincent Collet. À 46 ans, l'ancien intérieur des Bleus aspire désormais à une première expérience de head coach, ou à un projet axé sur la formation, son cheval de bataille. Entretien.
ITW Sacha Giffa : « Je pensais que c’était la bonne période pour devenir coach des Mets »

Arrivé en janvier 2016 dans le staff des Metropolitans 92, Sacha Giffa n’a pas été conservé en 2023

Crédit photo : Sébastien Grasset

Sacha, on ne vous a plus vu sur les parquets depuis cette finale de Betclic ÉLITE perdue en juin à Roland-Garros avec les Metropolitans 92 contre l’AS Monaco. À quoi ressemble votre vie en ce moment ? 

Je fais beaucoup d’aller-retours entre Valence, en Espagne, et Paris. Mais sinon, je regarde beaucoup d’EuroLeague, de clinics, je vais en Afrique. J’essaye de voir un basket différent pour continuer à apprendre et être meilleur.

Pourquoi l’Espagne ? Vous n’avez pas de lien là-bas, à part un petit passage au milieu de votre carrière de joueur ?

C’est ça, j’ai joué une moitié de saison à Lugo (au cours de l’hiver 2005, ndlr). J’ai beaucoup d’amis à Valence, beaucoup d’anciens de Levallois. C’est une ville agréable et d’un point de vue basket, il y a de quoi faire. Surtout qu’ils font des choses très bien en terme de formation. Je ne fais que aller à la Fonteta (la salle de Valence, ndlr). Tout le monde sait ce que représente le basket espagnol, on s’inspire de ce que font les meilleurs.

« Quand on s’éloigne de l’ADN du club, voilà ce qui se passe… »

Vous voilà donc en pleine période de transition, alors que vous étiez membre du staff des Metropolitans 92 depuis janvier 2016. Mais celle-ci n’était pas particulièrement désirée non ?

Je serais effectivement bien resté là-bas mais les dirigeants en ont choisi autrement. Voilà… Ça reste mon club de cœur. J’ai toujours une pensée pour les Mets. J’ai passé plus de sept ans à me former en tant qu’assistant-coach. À un moment, on essaye de voler de ses propres ailes. Ils n’ont pas tenu rigueur de ma candidature et voilà où on en est…

Une candidature pour le poste de head coach, donc ?

2016 : un an après sa retraite, prise au terme d’une dernière saison à Denain, Sacha Giffa vit sa première expérience dans le staff de Frédéric Fauthoux (photo : Olivier Fusy)

Oui. J’avais candidaté pour être coach. Les dirigeants, qui ne sont pas ceux de Levallois, ont choisi autre chose. Ils ont préféré une autre piste (celle de son ancien coéquipier en équipe de France et à Pau-Orthez, Laurent Foirest, ndlr) mais ça n’a pas marché. Mais j’espère dans le futur, on ne sait pas ce que nous dit l’avenir. Si le club existe encore…

Parce que vous craignez pour leur survie au-delà de cette saison ?

On craint pour leur survie, bien sûr. Je parle avec plusieurs anciens Cardiac Kids (champions de France Pro B 1998 avec Levallois et finalistes de la Coupe de France, ndlr) et ils sont tous dégoûtés de voir comment tourne le club en ce moment. On l’est tous. C’est un club formateur avant tout, c’est comme ça que ça a réussi : notre génération, celle des Albicy – Sané – Oniangue, puis les Poirier – Labeyrie. Il ne faut pas oublier l’ADN du club. Et quand tu t’éloignes de l’ADN du club, voilà ce qui se passe…

Savez-vous pourquoi votre candidature n’a pas été retenue ?

Je pense qu’ils ont fait jouer le côté… (il s’interrompt) Je ne sais pas, il faut leur demander. C’est eux qui prennent la dernière décision. Personnellement, je sais que ça s’était très bien passé lorsque Jurij Zdovc avait le Covid. J’avais fait trois matchs d’EuroCup, tous gagnés (contre Ulm, Bar et Brescia en octobre 2020, ndlr). Je pense que j’avais montré assez de choses mais ils ont opté pour une autre direction.

« Fauthoux, Zdovc, Collet : la voie royale pour apprendre ! »

Surtout que vous représentiez le côté historique du club, avec le dernier vrai Levalloisien encore en poste…

C’est ça, j’ai fait toutes mes classes là-bas. J’ai commencé en cadets, j’y ai joué en tant que professionnel, j’ai été assistant. Je pensais que c’était la bonne période.

Six mois après, quel sentiment reste-t-il ? Y-a-t-il encore un peu d’amertume ou la page est tournée ?

Non non, il n’y a aucune amertume ! Je suis juste triste pour le club, c’est tout. Quand tu aimes un club, tu ne peux pas rester insensible à une telle situation. Je regarde les matchs quand je peux et ça fait mal au cœur de voir mon club dernier du championnat. C’est ma ville, je suis vraiment triste. Je ne leur souhaite que du bonheur mais c’est difficile.

Que retirez-vous de vos sept ans et demi comme assistant aux Metropolitans 92 ?

Pendant deux saisons, Sacha Giffa et Jean-Paul Besson ont épaulé Vincent Collet aux Mets (photo : Lilian Bordron)

Quand je suis arrivé, on n’était pas dans le haut du classement (14e de Pro A en janvier 2016, ndlr). On a fait des choses avec Freddy Fauthoux, avec des petits budgets. J’ai appris beaucoup de choses là-bas. Globalement, c’était une grande expérience ! J’ai pu travailler au sein de la philosophie à laquelle j’adhère, avec l’ADN du club qui m’a fait grandir moi-même à Levallois : la formation.

Vous avez assisté trois entraîneurs successifs : Frédéric Fauthoux, Jurij Zdovc et Vincent Collet…

Je pense que c’est la voie royale pour apprendre. Trois coachs différents, trois personnalités différentes, trois philosophies différentes. Mais il y avait de la rigueur et du haut-niveau chez tous. Les trois ont des profils d’anciens joueurs, et je m’identifiais beaucoup à ça. Vincent est très axé sur les détails, Freddy est un meneur d’hommes, Zdovc est marqué par la philosophie des pays de l’Est. Vraiment trois styles différents mais à un moment, le haut-niveau, c’est toujours de la rigueur et des détails.

« Si tu n’arrives pas à comprendre tes joueurs… »

Faut-il vraiment avoir été joueur pour devenir coach ?

(il réfléchit) Il y a toutes les expériences, mais ça reste plus simple pour comprendre les joueurs. C’est vraiment plus facile. Mais si tu n’arrives pas à t’adapter, tu es mort dans le milieu. L’adaptation, c’est un mot clef. Il faut savoir s’adapter aux nouvelles générations, à son environnement. Ça ne fait pas tout d’avoir un passé à haut-niveau. Si on ne repose que sur le passé, ce n’est pas très bon mais ça peut aider à comprendre des choses.

Comment vous est venue la fibre du coaching ?

J’ai toujours été capitaine, ou co-capitaine, dans les équipes où j’étais. J’ai toujours eu cette volonté d’aider. Aider mon prochain, le joueur en difficulté, fait partie de mon ADN, de mes valeurs inculquées. C’est comme ça que je suis lancé dans le coaching.

Parler de philosophie est toujours est un peu abstrait mais avez-vous maintenant une vision plus précise de l’entraîneur que vous êtes ?

Bien sûr. Et cela commence avec tous les coachs que j’ai eu lorsque j’étais joueur, de Ron Stewart à Fred Sarre, en passant par Éric Girard et Philippe Hervé. C’est un mélange de tout ça. Je veux être un entraîneur qui comprend ses joueurs, et qui sait comment exploiter leur potentiel des deux côtés du terrain au mieux. Si tu n’arrives pas à comprendre tes joueurs, tu auras vraiment des difficultés dans le coaching.

« On avait prédit un tel avenir à Vincent Poirier ! »

Cela tombe bien : vous, l’ancien intérieur international, vous avez eu beaucoup d’intérieurs de l’équipe de France entre vos mains au fil des années à Levallois. En commençant par le duo Vincent Poirier – Louis Labeyrie, dès 2016…

Exact, avec Landing Sane aussi. C’était une vraie expérience car c’est là où j’ai commencé à faire du travail individuel, voir ce qui marchait et ce qui ne marchait pas. Les deux cités, je les suis et je suis heureux pour eux. Ils ont commencé le haut-niveau avec nous, on était au début de leur ascension et ça fait plaisir.

Surtout un Vincent Poirier qui n’était vraiment pas programmé à l’époque pour se retrouver au Real Madrid. Quand vous avez débarqué à la trêve à Levallois en janvier 2016, il avait déjà plus de 22 ans et venait d’être envoyé en Nationale 1 sur le dernier mois car il ne jouait quasiment jamais en Pro A…

Vincent Poirier – Louis Labeyrie, duo d’internationaux façonnés à Levallois (photo : Olivier Fusy)

Pas du tout. On sentait le gros potentiel, surtout que les postes 5 viennent à maturité plus tard. Avec Freddy, on lui avait prédit un tel avenir. On regardait les matchs d’EuroLeague avec lui en lui disant : « Si ce joueur peut poser les écrans et rouler au panier, tu peux faire exactement la même chose, voire même à un niveau supérieur ! » Sa vitesse, dans ce domaine, est absolument extraordinaire : personne ne pick et roule aussi vite en Europe ! On l’avait remarqué à l’époque. Vincent est un avion. Pareil pour Louis, d’ailleurs. Il était un peu plus avancé que Vincent parce qu’il avait deux saisons en plus dans le monde pro : il avait fait un an à Hyères-Toulon, même s’il se ramassait des tôles, puis une année complète avec Gregor Beugnot.

A contrario, vous avez eu Petr Cornelie, qui était dans une phase beaucoup plus creuse de sa carrière, après avoir été un vrai prospect…

Il s’était beaucoup blessé avec nous. C’était déjà un vrai potentiel. Nous, on avait vu des choses, idem au Mans, mais c’est à Pau qu’il a connu sa vraie éclosion. Il a changé sa vision des choses et ça a donné un vrai joueur. À l’époque, le basket n’était pas vraiment sa priorité, même si on essayait… Mais avec des échecs, les joueurs finissent par comprendre et se développent. Je suis content pour lui.

Plus récemment, il y a eu Neal Sako, arrivé avec très peu de basket à Levallois et qui devient un pivot dominant en Betclic ÉLITE avec Cholet…

Il sortait du tennis ! Il est arrivé tard sur le basket et on lui répétait d’être patient. On l’a lancé et on a beaucoup travaillé avec lui. C’est un rat des gymnases, j’ai adoré bosser avec lui. Je lui disais de ne pas se comparer aux autres, qu’il allait avoir sa chance. Au début, il avait toujours des petites blessures, plein de petits pépins dus à la croissance aux ischios ou aux mollets, mais il a passé énormément de temps à la salle pour entretenir son corps. C’est un joueur très intéressant, un grand qui peut courir. Je suis content de voir ce qu’il devient, au même titre qu’Ivan Février. Ils avaient vraiment une équipe Espoirs performante, avec Sylvain Francisco aussi. C’est pour ça que je dis que l’ADN de notre club est la formation. Qui aurait donné sa chance à Sylvain Francisco ? À l’époque, je le connaissais de par ses grands frères, depuis tout petit, et j’avais dit à Freddy qu’il fallait le prendre avec nous. Pour nous, Sylvain, c’était le Moustapha Sonko 2.0. Sylvain, il faut le laisser jouer son jeu et c’est tout. Comme je dis, il faut comprendre le joueur. Le club était prêt à lui donner les clés du bâtiment mais il est parti. Parfois, c’est compliqué avec les jeunes, ils ne sont pas patients, mais je suis ravi de voir que c’est devenu un joueur d’EuroLeague.

« Victor Wembanyama, c’était quelque chose d’énorme ! »

Et l’année dernière, vous avez vécu de l’intérieur la folie Wembanyama. Comment regardez-vous cette saison, avec du recul ?

J’ai adoré. Parce que la formation est vraiment ce que j’aime. On avait une équipe jeune, avec du talent. Victor, c’était quelque chose d’énorme, c’est une personne incroyable, dans tout ce qu’il faisait. Sur le terrain, c’était une éponge et derrière, c’était un leader. Je n’étais aucunement surpris. Au quotidien, on avait Kevin Séraphin qui venait s’entraîner avec nous et on savait… Entre anciens, on parlait, on a tous vu des joueurs NBA et on avait conscience que dès qu’il allait mettre un pied dans la grande ligue, ce ne serait pas pour faire de la figuration.

Mais de là à signer le deuxième triple-double le plus rapide de l’histoire (en 21 minutes contre Detroit) ?

Wembanyama – Coulibaly, deux coéquipiers dans le Top 7 de la Draft 2023 (photo : Laurent Staskiewicz)

C’est extraordinaire. Après, je suis dégoûté par rapport aux résultats. C’est les Spurs, on aimerait vraiment qu’il soit dans une autre équipe, mais c’est comme ça la Draft… C’est une équipe jeune, qui fait beaucoup d’erreurs. C’est l’apprentissage de la NBA, je sais que Victor va trouver les solutions et que les Spurs vont mettre des bons joueurs à côté. Il y a quand même du savoir-faire à San Antonio.

Vous le trouvez déjà changé par rapport à la saison dernière ?

Oui ! Ça va plus vite, il doit faire des choix plus rapidement. Les athlètes NBA ne sont pas nos athlètes de Betclic ÉLITE mais je pense qu’il a été à très bonne école au sein du championnat de France.

Dans votre long parcours, aviez-vous déjà vécu un tourbillon médiatique comme celui de l’an dernier ?

Ah non, jamais… Jamais de jamais. C’est ça qui est fort. Il fallait être accroché la saison dernière hein (il sourit). Mais c’était une très belle expérience. Pour rien au monde, je n’aurais voulu rater ça.

« Ah là, oui, Bilal Coulibaly, c’était une vraie surprise ! »

Surtout qu’il y a eu l’explosion soudaine de Bilal Coulibaly en cours de saison qui l’année dernière, à la même date (le 12 janvier, ndlr), n’avait encore que 58 minutes de jeu en cumulé au niveau professionnel…

Ça a été une vraie progression. Du statut d’Espoirs, il est passé à un joueur cadre de notre équipe. Il travaillait beaucoup avec Moustapha Sonko, avec Vincent Collet, avec tout le monde. Il ne s’est jamais arrêté. Le travail paye.

Alors, pour Sylvain Francisco ou Vincent Poirier, vous n’avez pas été surpris. Mais là, si on vous avait dit l’année dernière qu’il serait 7e choix de draft en juin et déjà titulaire en NBA ?

Ah là, oui, c’était une vraie surprise. Je savais qu’il avait le potentiel car tous les scouts venaient le voir de plus près depuis sa campagne estivale 2022 avec l’équipe de France, en compagnie des Sidy Cissoko et Rayan Rupert. Tous les scouts étaient choqués : « Mais c’est qui cet avion ? » Je continue à l’appeler, c’est magnifique ce qu’il fait. Est-ce qu’il est content de ce qu’il vit ? Bien sûr qu’il est content (il rit).

Vous avez également été sélectionneur du Cameroun pendant six mois en 2022…

Une seule victoire en six matchs de qualification pour le Cameroun (photo : FIBA)

C’était une très bonne expérience. C’est quelque chose à vivre. Mais il faut attendre que ce soit plus structuré. Le Cameroun est entre de bonnes mains maintenant, Alfred Aboya (ancien intérieur d’Antibes, ndlr) fait du bon travail. J’ai ramené Paris Lee là-bas. Il faut être patient avec le continent africain et ça arrivera tout doucement. On a connu trois joueurs NBA (Joel Embiid, Pascal Siakam et Christian Koloko, ndlr) et ça va arriver de plus en plus.

« Conseiller municipal à Levallois, pour aider comme je peux »

En février 2021, vous êtes entré au conseil municipal de Levallois. Êtes-vous toujours actif au sein de la mairie ?

Je suis toujours conseiller municipal, oui. J’essaye d’aider comme je peux sur ma ville. Je continue, jusqu’à ce que j’aille côtoyer d’autres cieux. Aider, c’est mon côté citoyen.

Concrètement, que faites-vous ?

Je ne suis pas dans le sport, plutôt sur le côté évènementiel et scolaire. J’essaye d’aider sur des projets, je donne un peu des conseils de par ce que j’ai vécu, j’essaye d’apporter à la ville. C’est un autre aspect de ma vie que je regarde et que j’aime. Levallois m’a beaucoup donné et j’ai envie de donner en retour.

Que cherchez-vous dorénavant ?

Je recherche un bon projet où je puisse m’éclater, avoir de la formation. Mais juste un bon projet, avec du long-terme, qui soit adéquat avec mes valeurs.

Assistant ou head coach, peu importe, ou avez-vous vraiment envie de devenir entraîneur principal maintenant ?

J’aimerais bien être head coach. Mais bien sûr que je ne refuserais pas le fait d’être assistant, avec un peu d’emprise sur le groupe, dans un gros projet.

Son regard sur son fils, Kezza

Ancien pensionnaire des centres de formation de Strasbourg, Fos-Provence, Châlons-Reims et Levallois, Kezza Giffa (1,88 m, 21 ans) a traversé l’Atlantique en 2021. Après deux premières saisons anonymes, le meneur français explose à la face du championnat universitaire avec High Point. Sa dernière sortie est révélatrice de son incroyable dynamique : le tir de la victoire face à Winthrop, assorti du record offensif de la saison pour un tricolore en NCAA, 37 points à 11/18. Pour le plus grand bonheur de son père…

« Sky is the limit… »

« Quand il est sorti des Mets, ils ne lui ont pas proposé de contrat, alors qu’il était meilleur marqueur de l’équipe Espoirs (17,8 points à 40%, 3,2 rebonds et 3,8 passes décisives en 2020/21, ndlr). Il attendait de voir ce que pouvait lui offrir son club, et il n’a rien eu. Après, il voulait partir du championnat Espoirs, voir autre chose, avoir un double projet, créer sa propre identité. Sa ligne directrice, c’était : « OK, on ne me prend pas mais je vais travailler et montrer aux gens que je sais faire des choses pour les faire regretter. Au final, il voulait se confronter aux meilleurs et c’est pour ça qu’il est parti aux États-Unis.

Kezza Giffa tourne à 16,9 points, 3,1 rebonds et 2,3 passes décisives en NCAA (photo : Sébastien Grasset)

En arrivant aux États-Unis, en 2021, il avait signé à UTEP (Miners d’El Paso, au Texas, ndlr) et ça ne s’est pas bien passé (0,7 point en 13 matchs NCAA). Il faut connaitre le circuit américain : il est recruté par un assistant-coach, qui est parti deux mois plus tard dans une autre université, et il s’est retrouvé livré à lui-même. Quand tu ne connais pas le système de l’intérieur, les dés étaient déjà pipés en fait… Chaque assistant ramène un peu ses joueurs.

Dans le circuit américain, tu peux te perdre dans les grandes largeurs. Kezza a dû reculer pour mieux sauter. Il est parti en Junior College (à Daytona State), où il a été élu dans la deuxième meilleure équipe de sa conférence. Il a adoré, il a trouvé un coach avec qui il s’est très bien entendu. Il avait entraîné en Allemagne et il fait du très bon travail en JuCo maintenant. Daytona fait partie des meilleurs programmes aux États-Unis désormais. L’année dernière, il a eu plein d’offres, et de bonnes facs en plus, on était surpris. Il a choisi High Point. C’est un nouveau programme, avec de nouveaux coachs. Je connaissais les assistants, de réputation. Ils ont joué en pro avec des amis à moi donc c’était plus facile pour s’y retrouver.

LIRE AUSSI
Notre interview de Kezza Giffa (en 2021)

C’est bien ce qu’il fait en ce début de saison. Il est en train de s’éclater en ce moment, il est vraiment chaud. Il vit sa meilleure vie là-bas. L’université est magnifique, en Caroline du Nord : c’est presque comme un resort pour étudiants, il faut le voir pour le croire. Il y a tout dedans : des piscines, des salles de jeux, des cinémas, des infrastructures incroyables gratuites pour les étudiants. Mais il travaille dur. Il n’est pas perturbé par ce qu’il vit en ce moment. Il essaye d’être le plus pro possible, d’autant plus qu’il a toujours gravité dans un environnement pro avec moi : toujours le premier à arriver à la salle, toujours le dernier à partir. C’est sa marque de fabrique. Ses coachs me disent que Kezza est un gym rat (rat des gymnases). Il sait que sa première année en NCAA lui a fait vraiment mal et il essaye de se rattraper, c’est ce qu’il est en train de montrer là. Je lui ai dit de prendre ses diplômes et de se faire plaisir au basket. Parallèlement, il fait des études de sport management.

Kezza Giffa vivra-t-il le même destin que son père, international médaillé avec les Bleus en 2005 ? (photo : FFBB)

Lui et moi, c’est exactement la même chose que Flo Piétrus et Illan : j’étais intérieur, il est meneur. Il a un gros QI basket, avec une facilité dans le drive et pour attaquer le cercle. Il aime bien faire jouer les autres, il pense à son équipe avant de penser à lui. En terme de potentiel, sky is the limit pour lui… On verra ce qu’il donnera dans sa tambouille et j’espère qu’il va nous ramener en haut. Mais moi, tant qu’il se fait plaisir, tout me va. »

Commentaires


Veuillez vous connecter afin de pouvoir commenter ou aimer
Connexion
jeildo
Discours déconnecté il voulait que son fils joue en betclic elite après une bonne saison en espoirs
Répondre
(0) J'aime
flavor_flav
il aurait pu espérer une offre de 8ème ou 9ème homme avec un peu de temps de jeu c'est ça être déconnecté?
Répondre
(0) J'aime
jeildo
Ouais c'est exactement ça. Passer d'un niveau N3 à ProA en une fois c'est brutal entre deux il y a la Prob et la N1 à faire minimum pendant une ou deux saisons.
(0) J'aime
lou_grand
Il aurait pas coûté trop cher en plus pour un club aux abois financièrement ! C'est dingue ce manque de projet à moyen terme dans ce club. Y'a pourtant de quoi faire entre le bassin de recrutement parisien et le bassin économique pour attirer des sponsors.
Répondre
(1) J'aime