La Virtus Bologne fait exploser la JL Bourg après la pause

Que s’est-il passé à la mi-temps dans les vestiaires de la Virtus ? À vrai dire, au vu de la colère palpable sur le visage de Sergio Scariolo en fin de second quart-temps, on n’aurait pas spécialement souhaité être un joueur de la Virtus pendant cette petite dizaine de minutes passée entre quatre murs… « Non, ça n’a pas été chaud mais le message a été clair », souriait, après coup, Mam’ Jaiteh. « On a très mal démarré la rencontre, moi le premier. Il fallait commencer la seconde période en étant très haut et très dur défensivement. Tout le monde a compris ce que cela voulait dire. »

La JL Bourg a rêvé d’un dernier exploit

De toute façon, il aurait été difficile de faire pire que le premier acte. Sans intensité défensive (40 points concédès dès la 15e minute), « sans concentration » selon Sergio Scariolo, la Virtus Bologne a laissé la JL Bourg s’installer dans son match et dérouler son basket. Un jeu agréable, tout en mouvement de balle et en adresse (7/12 à trois points), avec en plus un certain contrôle du rebond (13 à 16) et des principes défensifs respectés. Ce qui a permis aux coéquipiers d’Axel Julien, rayonnant dans cet intermède (10 points à 3/5 et 3 passes décisives), de compter jusqu’à 13 points d’avance (47-34, 19e minute). « C’était une super première mi-temps, l’une des meilleures de la saison », relevait Laurent Legname. Mais face à une telle pléiade de stars, jouant en plus un match déterminant pour s’assurer l’avantage du terrain lors de son huitième de finale, une réaction allait forcément arriver.

bourg---bologne1649196527.webpComme à Nanterre, Maxime Roos a fait partie des meilleurs Burgiens
(photo : Jacques Cormarèche)

Elle ne s’est pas faite attendre. 90 secondes, tout au plus, le temps pour Hugo Benitez d’entretenir la flamme (51-40, 21e minute). Et puis, le rideau est tombé sur les illusions burgiennes. Là, ce n’était plus la Virtus en tourisme dans l’Ain sous les yeux de sa légende Antoine Rigaudeau, c’était la Virtus candidate à la victoire finale. De l’envie, de la combativité, une imperméabilité défensive absolue, la vision du jeu fantastique de Milos Teodosic (9 passes décisives) qui fluidifie le jeu offensif, ensuite magnifié par la dureté de Daniel Hackett (17 points à 5/8 et 5 rebonds), l’activité d’Isaïa Cordinier (passé de -2 à 10 d’évaluation). Pourtant… « Nous n’avons pas changé une ligne de notre stratégie », dévoilait Sergio Scariolo. « Je n’ai aucun mérite à recevoir sur la seconde mi-temps, je n’ai pas fait un seul ajustement. Mais les joueurs ont pris l’affaire bien plus sérieusement. » Un regain de concentration qui a entraîné un chef-d’œuvre défensif après le retour des vestiaires, envoyant la JL dans les cordes via un infernal 48-13, de 51-40 à 64-88. « Défensivement, ça fait partie de nos mi-temps les plus accomplies », appréciait Mouhammadou Jaiteh (11 points à 4/6, 5 rebonds et 2 passes décisives). « On a montré du caractère et ça nous servira pour la suite. » La suite, pour la Virtus, c’est le début des choses sérieuses, et une saison qui se jouera sur quatre matchs secs en playoffs. « Le titre est clairement l’objectif, tout est mis en place pour cela. À nous d’être au rendez-vous, on a tout pour en tout cas. »

« C’est le mal de la saison »

Quant à la JL, la suite, ce sera le temps des regrets sur sa campagne européenne, qui aurait largement pu s’étirer jusqu’à un prestigieux huitième de finale à Badalone ou au Partizan. Mais celui-ci ne risque pas de s’éterniser, tant la course contre la montre pour accrocher les playoffs de Betclic ÉLITE est devenue prioritaire. Restera cette dernière image en demi-teinte, d’une première mi-temps enthousiasmante contre un grand d’Europe, puis d’une résignation évitable, presque une soumission. « C’est le mal de la saison, on a perdu sans raison notre agressivité et notre intensité », soupirait Laurent Legname. « Dès que ça allait moins bien, on a baissé la tête trop vite, on n’y était plus. C’est dur à encaisser car même s’ils sont plus forts, on aurait dû garder de meilleures intentions. Peut-être que les joueurs ont cru à l’exploit et qu’ils ont eu le retour de bâton, qu’ils n’ont pas eu la capacité mentale pour ressortir et finir la compétition la tête haute. C’est dommage de terminer car on ne méritait peut-être pas un tel écart. » Une mauvaise note pour terminer (68-90, score final), mais c’était le match joker de la fin de la saison de la JL Bourg, celui qu’elle était autorisée à perdre. En réalité, comme pour la Virtus, la suite, c’est aussi le début des choses sérieuses.

À Bourg-en-Bresse,

par

Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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