Le show Pozzecco : l’Italie « choque le monde » et prend rendez-vous avec la France !

Crédit photo : FIBA

Quel exploit monumental de l'Italie ! Survoltés par leur coach Gianmarco Pozzecco, expulsé dans le troisième quart-temps, les Transalpins ont éliminé la Serbie du double MVP NBA Nikola Jokic (94-86). Ils affronteront donc l'équipe de France mercredi à 17h15 en quart de finale.

Extatique, euphorique, Gianmarco Pozzecco ne sait plus où donner de la tête en zone mixte. Ses yeux sont humides, il étreint une personne sur deux, attrape la joue d’un journaliste, dribble avec un mini-ballon, pousse un cri guttural devant la caméra. Un confrère tente sa chance et « la mouche atomique » le coupe. « Vous êtes de quelle nationalité ? Grecque ? Vous savez que je viens de fêter la victoire avec Giannis Antetokounmpo ?! Je l’ai croisé dans le couloir, je lui ai sauté au cou ! J’ai sauté tellement haut parce qu’il est si grand. Je ne pense pas qu’il m’a reconnu au début. »  La vidéo – hallucinante – prouve qu’il ne mentait pas…

Expulsé au cœur du troisième quart-temps suite à une faute technique attribuée au banc (lui en avait déjà pris une première), la quatrième de la soirée pour les Italiens, le vice-champion olympique 2004 a offert au public berlinois l’une des grandes images de cet EuroBasket. En pleurs, il a alors étreint chacun de ses joueurs puis est allé saluer son homologue serbe Svetislav Pesic avant de quitter la scène. « Ils me répétaient qu’ils étaient désolés », racontait-il après. « Je leur répondais : mais désolé de quoi ?! Continuez à vous battre ! » À ce moment-là, le score était de 57-63 pour la Serbie. Une demi-heure plus tard, l’Italie s’imposait 94-86 et Gianmarco Pozzecco trépignait à l’entrée du couloir, sans aucun contrôle de ses émotions, devant être retenu par ses propres joueurs pour ne pas pénétrer sur le terrain. « Il aurait fallu 12 gardes du corps, ainsi que deux combattants UFC, pour m’empêcher de revenir dans la salle ! »

Oui, Nicolo Melli a contré Nikola Jokic (photo : FIBA)

Une décision arbitrale litigieuse (une de plus…) qui a finalement agi comme un électrochoc pour la Squadra Azzurra. « Cela a réveillé quelque chose en nous », clamait Marco Spissu, l’autre héros inattendu du jour avec ses 22 unités à 7/11. « On s’est mis à courir, on a mieux défendu, on a exploité les situations de contre-attaque… » De fait, les Transalpins ont fini le match comme s’ils étaient possédés, artillant de tous les côtés, absolument injouables pendant tout le money-time, à l’image d’un Nicolo Melli étouffant soudainement… Nikola Jokic. « On a choqué le monde ! « , s’écriait l’ancien coach de la Fortitudo Bologne. « Peut-être que c’était le plus grand match de l’histoire du basket, devant la demi-finale des Jeux Olympiques 2004 quand on a battu la Lituanie. J’étais sur le terrain ce jour-là, tout le monde dit que c’est notre plus grande rencontre mais celle-ci est tellement mieux pour moi car on a joué avec tellement de cœur. On a battu l’une des meilleures équipes de l’histoire car je n’avais jamais vu un joueur comme Jokic auparavant. »

Le retour de Pesic sur le banc serbe n’a pas été un franc succès (photo : FIBA)

Gianmarco Pozzecco était probablement trop euphorique pour être véritablement lucide et ce dernier point reste à prouver. Car à l’image de la Croatie un peu plus tôt dans la journée, la Serbie a finalement été fidèle à elle-même : un assemblage de talents assez monstrueux (l’axe 1-5 Vasilije Micic – Nikola Jokic étant l’un des meilleurs du monde sur le papier), pour des résultats inexistants. Après les fiascos de la Coupe du Monde 2019 et du TQO 2021, la fédération serbe avait opté pour le retour de la vieille école, pour une main autoritaire avec Svetislav Pesic, champion du monde 2002. Sur le parquet, les coéquipiers de la star des Denver Nuggets (32 points à 8/14, 13 rebonds et 4 passes décisives) ont développé un basket formidablement attractif pendant tout l’été mais ont encore baissé la tête dans les moments importants. « Nous avons une excellente équipe », répétait pourtant l’ancien technicien du FC Barcelone après l’élimination, lui qui devra certainement rendre des comptes pour avoir attendu la 34e minute avant de relancer Jokic alors que son équipe était à -19 sans lui. « Nous avons fait de grands progrès en terme de qualité de jeu proposée. Mais au final, il est évident que perdre ce soir et ne pas se qualifier pour les quarts de finale est une déception. Je reste toutefois convaincu que nous avons de très bons joueurs, particulièrement dans le groupe présent ici. » Mais la Serbie a beau renouveler son roster, les campagnes se suivent et se ressemblent : comme l’année dernière, c’est le small-ball italien qui s’est chargé de venir briser les rêves serbes…

À Berlin,

 

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

BEBASKET

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