Les revenants Albicy et Fall : « C’est capital qu’ils soient là »

Crédit photo : Hendrik Osula / FIBA

Blessés pendant une majeure partie de la préparation, Andrew Albicy et Moustapha Fall ont finalement réussi à réintégrer l'équipe de France à temps pour l'EuroBasket. Deux retours bienvenus pour les ambitions des Bleus.

C’est d’abord une sensation de privation, après un mois de travail intensif en individuel au cours du mois de juillet afin d’arriver dans les meilleures conditions pour les Bleus. « J’étais un peu énervé », se rappelle Andrew Albicy, qui a « senti un petit truc » un jour avant le début du rassemblement. « J’étais vraiment frustré », renchérit Moustapha Fall, surtout que lui s’est blessé « sur un sprint normal ».

Andrew Albicy a repris la compétition samedi en Bosnie (photo : FIBA)

Et c’est surtout ensuite une histoire de travail, de persévérance, pour revenir. Pour Albicy, la petite lumière a toujours été au bout du tunnel, avec la perspective de réintégrer le groupe s’il se rétablissait bien. « Je n’ai fait que bosser », dit-il. « Je suis rentré à Gran Canaria et je n’ai fait que des soins, de la muscu et du basket. » Pour Moustapha Fall, la donne était bien différente. Officiellement, le géant du Pirée était forfait, avec « une déchirure de dix centimètres à l’ischio » révélée par les examens. « Les délais sont normalement de quatre à six semaines donc on m’a dit que je ne serai pas apte pour l’Euro. » Alors, pour préparer au mieux son retour sous les couleurs de l’Olympiakos, il est parti voir des spécialistes en Espagne pour faciliter la cicatrisation puis a ensuite passé deux semaines à Clairefontaine pour la rééducation, où il a été pris en charge par des médecins du foot. Et peu à peu, l’espoir d’un improbable retour renaissait… « Dès que j’ai vu les spécialistes, je me suis mis à penser à l’Euro, surtout que c’était aussi la volonté du coach, du staff et des joueurs. »

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Maintenant, c’est aussi une histoire de bonheur et de soulagement d’avoir réussi le contre-la-montre. « Je suis très content d’être là », sourit Andrew Albicy. « J’ai eu peur de ne pas y arriver mais je suis heureux d’être présent, et à 100%. » Même discours, un poil plus sobre pour Moustapha Fall : « La dernière IRM est sortie complètement négative et ça fait plaisir ! » Deux retours qui changent le visage de cette équipe de France en apportant deux ingrédients majeurs : de la qualité défensive sur le poste 1 et un point de fixation dans la raquette. « C’est capital qu’ils soient là », ne cache pas Rudy Gobert. « Ce sont deux joueurs qui ont un rôle très important dans notre équipe, qui sont primordiaux dans notre équipe et notre attitude. Andrew, de par sa défense, son expérience, son leadership. Mouss, de par sa présence dans la raquette, sa mentalité, sa dureté, sa hargne, sa capacité de jouer au poste bas et d’amener un point de fixation supplémentaire. Ça aurait été dur de ne pas l’avoir avec nous. Si on veut être champion d’Europe, on aura besoin de lui. Ils vont nous aider à aller là où on veut aller. »

Face aux géants adverses comme Vesely, l’abattage de Fall sera précieux

Toutefois, pour la première étape allemande, ils ne seront pas appelés les mêmes rôles. L’importance d’Andrew Albicy, jeté dans le bain bouillant de Sarajevo avec une efficacité relative samedi dernier (5 fautes en 8 minutes), sera cruciale dès ce jeudi avec la mission de museler le génie adverse Dennis Schröder. En revanche, Moustapha Fall n’est pas sûr de sortir du banc. « Le but n’est pas que je fasse une rechute, on va essayer de gérer ça intelligemment. » Le champion de Grèce a repris l’entraînement samedi, et a réintégré les séances des Bleus mardi. « Il s’est très bien débrouillé à l’entraînement », détaille Vincent Collet. « Mais il n’a fait que du demi-terrain, il n’a pas participé à un passage très intense avec beaucoup de traversées de terrain. C’était prévu, il faut se réadapter au terrain. Vu qu’il n’a repris l’opposition que mardi, il faut du temps avant de jouer un match international. C’est accepté. » Une montée en puissance programmée qui est évidemment corrélée à un seul élément majeur : un beau parcours de l’équipe de France. « J’espère qu’on ira le plus loin possible, ça me laissera plus de temps pour me mettre en forme », acquiesce Fall. Car si lui et Albicy sortent presque renforcés de cet épisode avec la confirmation de leur statut d’indispensable en sélection, il leur faudra désormais confirmer sur le terrain que le staff a eu raison de les emmener malgré leur préparation tronquée. Tout un programme…

À Cologne,

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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