Guerschon Yabusele et Vincent Poirier adversaires en Pro B : l’histoire d’une photo marquante

« Aaaaaah, elle est là la photo sans la barbe, je l’ai », lâche Guerschon Yabusele avec un grand sourire, en la mettant sous le nez de Vincent Poirier, lorsque nous l’interpellons en zone mixte vendredi, muni du fameux cliché de notre photographe Sébastien Grasset. « Elle est incroyable celle là », ajoute l’Ours Dansant.

Une image d’archives qui prouve l’évolution des deux compères, à l’époque aux prises en Pro B lors d’un obscur Hyères-Toulon – Roanne (76-78) de la 29e journée, désormais coéquipiers lors d’une finale d’EuroLeague. Ce jour-là, le 17 avril 2015, la Chorale était venue plomber les rêves de titre du HTV et le destin va jusqu’à leur conférer les mêmes statistiques : 3 points et 5 rebonds chacun, en 12 minutes pour Poirier, en 19 pour Yabusele. Un an avant sa draft, le Ligérien s’était révélé lors de cet exercice dans l’antichambre, s’imposant comme la figure montante de Roanne (8,6 points à 47%, 4,5 rebonds et 1 passe décisive en 23 minutes), alors que le pivot francilien ne pouvait pas en dire autant. Envoyé en prêt à Hyères-Toulon par le Paris-Levallois, il s’était retrouvé coincé derrière le MVP Davante Gardner et n’avait pas pu pleinement s’exprimer (3,9 points à 53% et 3,7 rebonds en 12 minutes).

« C’était sa première vraie année professionnelle et elle a été très bonne, tant individuellement que collectivement puisque l’on avait terminé à la deuxième place », nuance toutefois son entraîneur de l’époque, Laurent Legname. « Même s’il s’était derrière un pivot dominant, il avait su tirer son épingle du jeu alors qu’on sait que la Pro B n’est pas faite pour les grands gabarits comme lui. Il avait beaucoup travaillé individuellement avec Kyle (Milling), mon assistant. On voyait déjà qu’il avait déjà une certaine intelligence de jeu par rapport à ses placements puisqu’il utilisait bien sa taille, sa verticalité. Il avait aussi de bonnes mains près du cercle, il plongeait bien dans les intervalles sur les pick and roll, il finissait bien les actions. Et défensivement, il était à l’écoute. En plus, c’était vraiment un bon mec. Je n’ai que des bonnes choses à dire sur lui et même s’il était jeune, il avait déjà montré ce qu’on pouvait attendre de lui et ce qu’il fait maintenant. »

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Poirier au dunk sous les yeux de Yabusele, son seul panier du match
(photo : Sébastien Grasset)

« Je viens de très, très loin », indique, de son côté, Guerschon Yabusele. « J’ai grandi à Dreux, je ne vais pas refaire toute l’histoire », poursuit-il en souriant, tandis que Poirier se moque gentiment de la bourgade eurélienne à ses côtés. « J’ai un parcours qui a été assez long. Depuis que je suis revenu de NBA et de Chine, tout se passe bien pour moi en tout cas. Tout va dans mon sens. Je vais continuer à travailler pour essayer de progresser tous les jours. Je ne me fixe pas de limite. Cette photo montre le chemin parcouru, qui a été vraiment bien. Et j’espère que samedi, l’histoire sera encore plus belle. »

Auparavant adversaires dans l’anonymat d’un Palais des Sports toulonnais en deuxième division française, Guerschon Yabusele et Vincent Poirier forment désormais une doublette redoutée à travers le continent, citée à de nombreuses reprises par les membres de l’Anadolu Efes ce vendredi dans leurs diverses interviews. Shane Larkin, Bryant Dunston, Adrien Moerman ou Ergin Ataman ont tous tenu des propos élogieux à l’égard du duo tricolore. « Avec eux, leal Madrid est dominant à l’intérieur », indiquait notamment le coach turc. « De la Pro B à Madrid, on se débrouille pas trop mal », conclut Guerschon Yabusele, avant d’éclater de rire devant la réplique immédiate de Vincent Poirier. « Moi, j’ai été en Nationale 1 ! ». Oui, ils viennent vrament de très loin.

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De belles évolutions…
(photos : Sébastien Grasset)

À Belgrade,

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Rédaction Bebasket

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