« Je serai à jamais hanté par cette défaite » : après Tokyo, les envies de revanche slovène

Crédit photo : FIBA

Treize mois après la victoire au buzzer de l'équipe de France en demi-finale des Jeux Olympiques, les Bleus retrouvent la Slovénie ce mercredi pour la cinquième journée de l'EuroBasket. Des retrouvailles forcément spéciales pour les champions d'Europe...

Nous sommes en février 2022, à la veille d’une journée de Betclic ÉLITE. L’EuroBasket 2022 n’est absolument pas le sujet de la conversation et pourtant, Gregor Hrovat place de lui-même cette date du 7 septembre 2022 sur la table. « Dès que l’on me parle des JO à Pau, je réponds toujours la même chose : on va se retrouver au championnat d’Europe cet été et on va avoir l’opportunité de prendre notre revanche. »

Car si le contre de Nicolas Batum est immédiatement devenu iconique en France, il fait tout autant partie des mémoires collectives. « Il fait toujours aussi mal », nous a glissé un confrère slovène dans un clin d’œil. Présent à l’époque sur le banc à Tokyo, premier à venir réconforter Klemen Prepelic après l’action, mais dernier coupé avant l’EuroBasket, Gregor Hrovat nous a fait vivre cette action depuis ses yeux. « Je continue à y penser. On était tellement près de cette finale. C’est le basket… En vivant en France, j’ai bien compris que le contre de Batum était la plus grande action de l’histoire du basket français mais c’est pareil en Slovénie, juste du mauvais côté (il rit). C’est une grande action d’un grand joueur ! On était si près et si loin à la fois… Quand j’ai vu Prepelic partir, je l’ai vraiment vu partir tout seul. Je n’ai vraiment pas compris comment Batum était arrivé de nulle part, personne ne l’a vu venir. La décision de Doncic de faire la passe était la bonne pour moi. Je sais que c’est notre meilleur joueur et que beaucoup pensent qu’il aurait dû prendre ce tir. Mais comme il l’a dit, il avait deux joueurs sur lui et quand on voit un coéquipier ouvert, on croit en lui. Il y a juste eu une super réaction de Batum, on ne pouvait rien faire de plus. »

« Ce n’est que du sport, pas la guerre »

La détresse de Luka Doncic l’an dernier après le buzzer final (photo : FIBA)

Treize mois que la Slovénie nourrit des envies de vengeance à l’égard des Bleus, treize mois que la Slovénie souhaite cicatriser la plaie de Saitama. Alors bien sûr, la rencontre de ce mercredi ne revêtira pas la même importance. Aucun ticket pour la finale des Jeux Olympiques n’est au bout du compte. Simplement une bascule entre la première ou la troisième place du groupe pour l’équipe d’Aleksandar Sekulic, ce qui n’est toutefois pas négligeable. À l’approche des retrouvailles de Cologne, il y a les adeptes de la langue de bois. Et Klemen Prepelic en fait partie… « Si l’on veut se venger ? Ce n’est que du sport, pas de la guerre, on n’est pas là pour s’entretuer. Comme on le dit à chaque fois, on prend match après match. Si l’on ne bat pas la France, notre victoire contre l’Allemagne ne voudra plus rien dire. On n’a pas encore pensé au match des Bleus. On a tourné la page des JO mais bien sûr que certaines défaites sont plus difficiles à digérer que d’autres et celle contre la France l’an dernier en fait partie. C’était l’une des plus marquantes de notre histoire. »

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Et puis, il y a aussi ceux qui disent la vérité. Lorsque l’on demande à Mike Tobey si la rencontre contre les Bleus sera plus spéciale qu’une autre, le pivot naturalisé rit, hésite puis répond. « Oui, c’est sûr… » Puis reprend, après un nouveau silence. « Cette demi-finale fait partie des matchs qui vous marquent à vie. Je serais hanté à jamais par cette défaite. C’était l’occasion d’une vie d’aller en finale des Jeux Olympiques ! Peut-être qu’on aura de nouveau une chance, mais peut-être aussi que non… Donc oui, c’est une rencontre que l’on ne peut pas oublier. »

Luka Doncic : « On a tiré les leçons de Tokyo »

Afin de mater son bourreau français, cette fois-ci privé de Nicolas Batum, le champion d’Europe pourra compter sur Luka Doncic. Qualifié de « fierté nationale » et de « joueur générationnel » (« on ne voit un tel talent qu’une fois tous les 50 ans ») par Gregor Hrovat, le génie slovène a retrouvé ses habits de lumière face à l’hôte allemand mardi : 36 points à 14/25, 10 rebonds et 4 passes décisives. Soit son meilleur match en sélection depuis le quart de finale des JO face à… l’Allemagne (20 points, 8 rebonds et 11 passes décisives), lui qui avait ensuite craqué lors des deux rencontres pour le podium, trop nerveux et épuisé. « Cela a été très dur de tourner la page de la défaite en demi-finale », a-t-il confié mardi soir. « C’était notre première participation aux Jeux Olympiques et on termine à la pire place possible, quatrième. Mais on a su tirer les leçons de ce que l’on a bien et mal fait à Tokyo. On voit cela comme quelque chose de positif maintenant. » Cet après-midi, lui aussi voudra prouver à la défense tricolore, physique et oppressante l’été dernier, qu’il a trouvé les clefs de l’équation…

À Cologne,

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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