ITW Jean-Denys Choulet, nouveau coach de Rouen : « Je suis trop content ! »

Deux ans après son dernier match en France, Jean-Denys Choulet s’apprête à retrouver les parquets tricolores
D’une mission sauvetage à l’autre. « Mais cette fois, il n’y a pas onze défaites d’affilée », rigole Jean-Denys Choulet, officiellement nommé à la tête du Rouen Métropole Basket, treize mois après avoir rejoint les rangs du MKS Dabrowa Gornicza, et deux ans jour pour jour après avoir coaché son dernier match avec Roanne…
Auteur d’un improbable maintien l’an dernier en Pologne, l’ancien entraîneur de la Chorale n’aura cette fois pas besoin de reproduire un tel miracle. Mais il devra tout de même enrayer l’inquiétante dynamique normande, avec une équipe battue six fois lors de ses sept dernières sorties, afin d’éviter une relégation en Nationale 1.
Une jolie mission pour un homme qui, du haut de ses 67 ans, devrait « normalement être à la retraite ». Mais dont la passion dévorante pour la balle orange reste encore entière, quitte à retourner coacher en ÉLITE 2, 24 ans après…
Jean-Denys, comment en êtes-vous venu à signer à Rouen ?
Ça s’est fait par l’intermédiaire de Florian Collet, qui m’a appelé en me demandant ce que je faisais. J’attendais un retour d’un club grec, où ça ne s’est pas finalisé, comme de multiples contacts auparavant, qui ont tous pratiquement foiré au dernier moment. Flo m’a dit si Rouen pourrait m’intéresser.
J’ai regardé l’équipe, qui n’est effectivement pas très bien classée, mais il y a quand même des joueurs corrects. J’ai dit que je voulais bien mais que je voulais d’abord les voir jouer contre le SCABB et que je lui dirais derrière. J’ai pris ma voiture et je suis monté au match : ils menaient de 12 points en première mi-temps et ils se sont écroulés dans le quatrième quart-temps. J’ai dit OK.
Je suis revenu trois jours après en voiture. J’ai fait deux aller-retours Roanne – Rouen : 530 kilomètres sans me faire flasher, pour la première fois (il sourit)
Qu’avez-vous eu comme autres possibilités avant ? Y-a-t-il eu des contacts en France ?
En France, j’aurais pu revenir à Gravelines-Dunkerque, mais ils ont finalement décidé de garder confiance en Jean-Christophe Prat et ça marche bien, tant mieux ! J’ai également eu beaucoup de contacts avec Le Portel au cours des dernières semaines. J’ai aussi eu le président de Caen en visio pendant une heure lors de la trêve du Nouvel An. Il me demande si je pouvais être présent pour la reprise du 4 janvier mais j’ai perdu ma maman le 31 décembre. L’enterrement était le 6 janvier dans le Haut-Doubs. Il me dit OK. Et c’est un agent qui, le lendemain, me dit que le président a changé d’avis. J’avais également des possibilités en Turquie ou en Grèce à cette époque mais eux ne pouvaient pas attendre les obsèques.
« On ne va pas à la mine ! »
Heureux de retrouver les parquets, forcément ?
Je suis heureux de me lever le matin et de faire la seule chose que j’aime, à part la moto : aller voir mes gars, travailler avec eux. C’est ma vie, j’ai encore quelques saisons à faire, pas des masses, mais je ne sais pas faire sans ça. Je suis trop content (il le répète). Des gars m’ont demandé : « coach, ça fait combien de temps que t’es en Betclic ÉLITE ? » Je réponds : « Tu n’étais pas né ! »
Je prends un plaisir énorme. C’est la passion qui m’anime ! Vous savez, ces derniers temps, j’ai regardé tous les matchs de Betclic ÉLITE. Je vois des coachs qui font de l’excellent boulot : Julien Mahé et Guillaume Vizade font un travail remarquable avec Nanterre et Le Mans, Janis Gailitis également avec Strasbourg. Mais celui avec qui j’ai le plus pris mon pied était Tuomas Iisalo. C’était un régal ! J’ai énormément appris sur le plan défensif en regardant son Paris Basketball.
Vous dirigez les entraînements depuis la semaine dernière : quel est votre premier regard sur l’effectif ?
Je suis très content de mes deux Marocains, Karim Gourari et Mohamed Choua, deux gars en or. Mais on a un vrai problème : Valentin Bigote est blessé, doit normalement subir une PRP et on risque de devoir chercher un pigiste médical. Après, certains traînent un peu la patte le matin car on s’entraîne deux fois par jour, me disent que c’est trop. Je leur ai dit encore ce matin qu’on faisait un boulot magnifique, qu’on n’allait pas à la mine. Mais on n’est pas 1er, 2e ou 3e : on est 16e ! Donc on s’entraîne deux fois par jour. En Pologne, on a fait pareil, deux entraînements par jour, les mecs ont adhéré et on a gagné huit matchs d’affilée. Surtout, je veux remettre un cadre. Sans règles, c’est le bordel, c’est sûr. Il faut que tout le monde soit sur la même page : on sait ce qu’on fait, d’où vient l’aide défensive, on sait ce qu’on fait sur la trappe, etc. Il faut que ce soit clair, net et précis.
J’ai dit aux joueurs que je donnerai à manger à tout le monde. Je ne veux pas voir un meneur qui dribble 22 secondes et qui fait une passe en catastrophe, je ne veux pas voir un intérieur qui force à un-contre-quatre. Ce n’est pas mon basket. J’ai été meilleure attaque en Betclic ÉLITE avec du jeu en mouvement. Si c’est pour faire du pick and roll dans l’axe et dans l’isolation, ils n’ont pas besoin de moi et on n’a pas Élie Okobo ! On doit impérativement travailler de façon à ce que tout le monde mange. Et si tout le monde mange, tout le monde est content.
« L’ÉLITE 2, je ne sais absolument pas ce que ça va être »
Vous souvenez-vous de la dernière fois où vous aviez coaché en Pro B ?
À Roanne, en 2002 (avec une montée décrochée au terme des playoffs contre Châlons-en-Champagne, ndlr) ! Et j’y ai coaché pour deux ans à peine. Je ne sais absolument pas ce que ça va être. Mais j’essaye de travailler le plus possible pour les sortir de la mouise. J’ai un excellent rapport avec le président, Yvan Gueuder, avec qui je partage énormément de valeurs : de travail, de respect et de règles. D’ailleurs, il y a un écrin qui est fantastique à Rouen. La Kinderana est une infrastructure exceptionnelle : deux salles de basket, un Basic-Fit dans la salle, les bureaux dans la salle. Il y a les moyens de faire un travail incroyable !
Vous dites n’avoir aucune idée de ce à quoi vous attendre… Mais vous allez démarrer par l’équipe que vous connaissez le mieux presque, Vichy.
J’y suis allé plein de fois cette année ! Je suis invité en courtside à tous les matchs pratiquement par le président, qui est mon ami. J’adore cette équipe, l’ambiance dans la salle. Pour moi, au vu de leur budget, ce qu’ils font est exceptionnel. J’aime beaucoup Dounia Issa, on discute souvent ensemble. C’est un club que je respecte beaucoup car il a les valeurs de cœur qu’on ne trouve plus dans le basket de haut niveau.
Avez-vous regardé si le calendrier vous offrait un match à Roanne ?
C’est la première chose que j’ai faite. J’aurais bien aimé. Mais il n’y en a pas…


























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