La Chorale de Roanne arrache le match de la peur contre Fos-Provence

Crédit photo : Christophe Canet

Sauvée in extremis par Stefan Moody à la fin du temps règlementaire, la Chorale de Roanne l'a emporté après prolongation à Marseille contre Fos-Provence (87-83). Les hommes de Jean-Denys Choulet prennent ainsi leurs distances avec la zone rouge, où figure désormais les BYers, battus pour la cinquième fois de rang.

Il y eut comme quelque chose de cocasse à voir la Chorale valider sa victoire sur la ligne des lancers-francs, là-même où elle fut atroce pendant tout le match. Avec une adresse respectable (10/22 à la fin du temps règlementaire), les Ligériens auraient sûrement plié l’affaire avec beaucoup moins de frayeurs, plus à temps, au moins, pour attraper leur TGV à la gare de Marseille Saint-Charles. Mais voilà, Ronald March (1/5), Yannis Morin (5/10) et Silvio De Sousa (1/4) en ont tous laissé échapper en route. Alors quand Kyle Foster s’est présenté sur la ligne de réparation, à 83-83 à 17,5 secondes du terme de la prolongation, le banc ligérien n’était pas tout à fait serein. Surtout que le sniper américain avait raté –  évidemment… – sa seule tentative jusque-là. Mais le rookie a enchaîné deux ficelles d’affilée, avant de récidiver quelques instants plus tard, pour parachever l’interception décisive de Ronald March. 4/4 au meilleur des moments, les Roannais pouvaient souffler (83-87, score final). « Je savais qu’on avait très mal shooté avant (12/26, ndlr) mais je n’ai pensé à rien d’autre que mes tirs », explique, sobrement, Foster.

Stefan Moody a été clutch ! (photo : Christophe Canet)

Au final, l’ancienne gâchette d’Howard Bison a peut-être déjà rentré certains des lancers-francs les plus importants de la saison, tant cette rencontre valait chère. « Elle compte double », disait Jean-Denys Choulet. « Elle compte triple », répondait son homologue Rémy Valin, dans une sorte de surenchère à distance. Double, triple, quadruple même, peu importe, il fallait gagner ! Soit un match de la peur, un vrai, et une tension qui s’est parfois ressentie dans la teneur des débats, pas toujours de qualité (40 balles perdues au total).

Des valeurs retrouvées pour Fos-Provence

Chacun a cru avoir son moment : la Chorale au plus fort de son run du troisième quart-temps (42-54, 26e minute), vite interrompu par quelques cagades signées Moody et De Sousa, ainsi que par la sortie temporaire de Yannis Morin, contraint de se faire poser cinq points de suture à la lèvre, puis Fos-Provence, quand il le fallait. Revenus grâce à un cinq small-ball ayant développé du jeu rapide, portés par un Garlon Green de gala (22 points à 7/13 et 6 rebonds), les BYers ont su prendre trois points d’avance à 29 secondes de la fin sur un dunk de Dylan Affo Mama (78-75). Une contre-attaque consécutive à une énième balle perdue de Stefan Moody (6 au total). Mais le meneur aux dreadlocks (20 points à 5/5 de loin) s’est fait justice lui-même, allant égaliser deux bons mètres derrière la ligne majorée (78-78), sur la tête d’Allan Dokossi.

À l’image de Green, les Fosséens ont été irréprochables dans l’engagement (photo : Christophe Canet)

« Peut-être qu’on aurait dû faire faute », s’interrogeait ensuite Rémy Valin, en conférence de presse. Probablement, oui, au vu de la maladresse ligérienne sur la ligne de réparation… L’entraîneur méridional indique l’avoir demandé à ses joueurs, qui ne l’ont pas entendu, pris dans l’ambiance. Une erreur qui s’ajoute à une longue litanie de regrets pour les Fosséens, qui auraient pu faire beaucoup mieux sur nombre de possessions décisives. On retiendra ainsi le tir horrible de Stephen Brown, inexistant jusque-là (0 point à 0/6) mais quand même décidé à jouer les héros sur une possession confisquée à 30 secondes de la fin (83-83). Pour une vilaine brique. Allan Dokossi se repassera également sûrement le film de sa faute évitable, loin du ballon, sur l’action suivante, qui a fini par entraîner les deux lancers-francs de Foster. « Il y a beaucoup de frustration et de déception », soupire Dylan Affo Mama. « C’est une victoire qu’on aurait pu prendre mais nos erreurs individuelles et collectives font qu’on leur a donné le match. » Malgré tout, s’ils tombent certes dans la zone de relégation avec désormais cinq revers de rang, les BYers pourront trouver quelques motifs de satisfaction de cet après-midi marseillaise, à commencer par l’envie affichée, à des années-lumières de leurs récentes sorties. « Dommage qu’il doive y avoir un perdant, les deux équipes méritaient le match au vu de la débauche d’énergie », souffle Rémy Valin. « On a vu une âme aujourd’hui. Les joueurs ont tout donné, ce qui fait que c’est d’autant plus dur à admettre. On a vu ce qu’on n’avait pas vu contre l’ASVEL ou Dijon, à savoir l’envie d’avoir un résultat. Après, la construction, c’est bien beau mais à un moment, il faut gagner. Là, on prend un coup sur la tête avec ce match perdu. »

Moendadze, héros de l’ombre

Loin de ces préoccupations-là, la Chorale va pouvoir regagner la Loire sereinement dans la soirée, avec le sentiment d’avoir grandi au fil des 2 200 kilomètres avalés cette semaine. Il y a six jours, les Choraliens étaient inquiétants, incapables d’afficher la moindre volonté défensive contre Paris (110-115). Ils l’ont très bien fait mercredi à Gravelines en Coupe (86-76), contre une équipe certes démissionnaire. Et ils l’ont reproduit ce samedi à Marseille, au cours d’un match autrement plus important. Ce qui a pourtant bien failli ne pas suffire, à l’image du moment où Fos est repassé devant à la 36e minute (73-72) avec un tir au buzzer de Garlon Green (73-72), venant mal récompenser une possession où les Roannais ont enchaîné deux contres et une déviation. « Tout n’est pas parfait mais il fallait l’emporter », résume Jean-Denys Choulet. Défensivement, le technicien bisontin s’est aussi trouvé un héros en la personne de Kadri Moendadze, « énorme » sur Affo Mama lorsque celui-ci commençait à avoir un impact notable (17 d’évaluation). De quoi motiver JDC à procéder tel un entraîneur de handball dans le money-time, faisant entrer Foster en attaque, le faisant ressortir pour Moendadze de l’autre côté du parquet. Les lancers de l’un, la défense de l’autre : simple recette d’une victoire capitale en terre provençale…

À Marseille,

 

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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