Légende du Mans, J.P. Batista dit stop et devient assistant-coach

Crédit photo : Sébastien Grasset

Membre du Hall of Fame du MSB, J.P. Batista a décidé de mettre un terme à sa carrière à l'âge de 40 ans. Le champion de France 2015 va retrouver son ancienne université de Gonzaga dans un rôle d'assistant-coach.

« J’échange l’un de mes rêves contre un autre », souffle J.P. Batista au micro de The Spokesman Review, au moment d’officialiser l’arrêt de sa carrière de joueur afin de devenir assistant-coach à l’université de Gonzaga, là où il a brillé pendant deux ans, entre 2004 et 2006. « J’avais la possibilité de continuer à jouer avec quelques offres mais je ne pouvais pas laisser passer l’opportunité de revenir aux Zags. Je vais essayer d’apprendre des meilleurs, notamment auprès du coach Mark Few. La décision de changer de costume a été difficile mais je suis en paix avec celle-ci. Je rêvais de revenir à Gonzaga : cela me semble encore irréel d’être de retour en ville, on verra bien jusqu’où cela me mène. »

Un discours les deux pieds bien au sol, comme au cours de l’ensemble de sa carrière, où son profil à l’ancienne a fait des ravages quinze ans durant, tout en finesse, en puissance et en efficacité à mi-distance, quasiment sans qualités athlétiques. Des fondamentaux tels qu’il a continué à dominer jusqu’au dernier jour, étant notamment élu MVP du championnat brésilien à l’âge de 37 ans (en 2019) ou remportant la Coupe Intercontinentale FIBA à 40 ans en février dernier dans un rôle toujours déterminant (15 d’évaluation en 20 minutes en demi-finale contre Lakeland). Loué pour son professionnalisme sans faille, il doit aussi sa longévité à une hygiène de vie exemplaire.

En France, il a tout gagné

Avec le CSP, Batista est devenu champion de France en 2015 (photo : Sébastien Grasset)

Du haut de ses huit saisons françaises, Joao Paulo Batista fait surtout partie de la caste des joueurs ayant remporté tous les titres possibles en Pro A. Double finaliste du championnat avec Le Mans (2010 et 2012), il n’a toutefois jamais su décrocher cet accomplissement suprême avec le MSB. Alors il s’est exilé une année à Limoges et est parvenu à ses fins en 2015, au terme d’une saison incroyablement éprouvante. « C’est difficile d’être dans une situation où tu ne te sens pas très soutenu », se rappelait-il il y a deux ans. « Le plus difficile était au niveau mental. Le basket est un sport de confiance et quand on sent qu’on n’a pas la confiance des autres, c’est compliqué. […] Si je pouvais à nouveau choisir, je retournerais à Limoges, parce qu’à la fin je termine la saison sur un titre de champion. Ça a été difficile, mais ça valait le coup. »

S’il n’a pas laissé un souvenir impérissable à Beaublanc malgré ce final en apothéose, Batista est au contraire adulé à Antarès où son maillot trône au plafond de la salle, aux côtés d’autres légendes du club. Deuxième choix du MSB à l’époque de son arrivée, débarqué en septembre 2008 afin de remplacer le défaillant Herbert Hill, l’ancien intérieur du Lietuvos Rytas s’est finalement imposé comme l’un des plus grands pivots de l’histoire du MSB. Totem sarthois entre 2008 et 2014, puis en 2019/20 lors d’un retour oubliable où la Jeep ÉLITE allait clairement trop vite pour lui, le Brésilien aux doigts de fée a participé au doublé Semaine des As – Coupe de France en 2009, avant de s’adjuger la Leaders Cup 2014, le trophée de MVP en prime.

Une figure du basket manceau

L’aboutissement de six ans de règne sur les raquettes de Pro A, lui qui fut souvent qualifié de « meilleur pivot sans conteste du championnat » par J.D. Jackson. « Il n’y a pas beaucoup de gars qui ont son talent, son gabarit et son expérience et qui font le sale boulot, qui jouent pour les autres, qui écoutent le coach à chaque instant. Vous ne vous rendez pas compte comme il bosse, vous ne vous rendez pas compte de son engagement et du bien qu’il nous fait », ajoutait l’actuel Gravelinois. Les deux hommes se sont mutuellement tirés vers le haut pendant six ans : entraîneur rookie lors de la signature de l’enfant d’Olinda, le technicien franco-canadien a su capitaliser sur les qualités de son joueur pour devenir un coach respecté et a permis à son intérieur d’exprimer la pleine mesure de son talent. « Si je suis resté six ans au Mans c’était surtout à cause d’une personne : J.D. Certains joueurs ont une connexion particulière avec leur coach qui sait parfaitement comment les faire jouer et c’était mon cas avec J.D. »

En 2019/20, un retour délicat pour Batista au MSB (photo : Jacques Cormarèche)

Il y avait le joueur, et il y avait surtout l’homme. Au Mans, J.P. Batista laisse l’image d’un véritable gentleman, d’un individu d’une profonde gentillesse. Une autre facette de son statut de légende au MSB. « Chaque fois que j’ai marché sur le terrain en portant ce maillot du MSB, je donnais mon sang, ma sueur et mes larmes. Le Mans, un endroit à jamais spécial avec des gens spéciaux. J’ai appelé cet endroit ma maison pendant sept ans de ma carrière. Un rêve devenu réalité. J’ai tellement de personnes à remercier. Merci Le Mans. Tu vas me manquer. Je t’aime pour toujours. » Avant de songer à un troisième retour à Antarès, sur le banc cette fois, une fois son apprentissage à Gonzaga terminé ?

Son parcours :

  • 2004/06 : Gonzaga Bulldogs (NCAA)
  • 2006/08 : Lietuvos Rytas (Lituanie)
  • 2008 : Barons Riga (Lettonie)
  • 2008/14 : Le Mans Sarthe Basket
  • 2014/15 : Limoges CSP
  • 2015/18 : Flamengo (Brésil)
  • 2018/19 : Mogi das Cruzes (Brésil)
  • 2019/20 : Le Mans Sarthe Basket
  • 2020/21 : Minas (Brésil)
  • 2021/22 : Flamengo (Brésil)

Son palmarès :

  • Quatre médailles d’or avec le Brésil (Jeux Panaméricains 2007 et 2015, Coupe des Amériques 2009 et Coupe d’Amérique du Sud 2010)
  • Champion de la ligue baltique 2007
  • EuroChallenge 2008
  • Champion de Lettonie 2008
  • Semaine des As 2009
  • Coupe de France 2009
  • Leaders Cup 2014
  • MVP de la Leaders Cup 2014
  • Champion de France 2015
  • Champion du Brésil 2016
  • MVP du championnat brésilien 2019
  • Coupe Intercontinentale FIBA 2022
Le 13 février 2022, au Caire, J.P. Batista remporte le dernier trophée de sa carrière à l’âge de 40 ans : la Coupe Intercontinentale (photo : FIBA)

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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