« Plus épanouie », Marine Johannès réussit son retour avec les Bleues

Crédit photo : Julien Bacot / FFBB

Contrainte de déclarer forfait à deux jours de l'ouverture de la Coupe du monde en Australie, Marine Johannès a terminé meilleure marqueuse des Bleues lors de la victoire contre la Finlande (103-77), comptant pour les éliminatoires à l'EuroBasket 2023. À Saint-Chamond, elle a réussi ses retrouvailles avec l'équipe de France et confirme son regain de forme avec l'ASVEL et David Gautier, son nouvel entraîneur en club.

Au moment de reprendre le bus pour rentrer à l’hôtel, Marine Johannès est rappelée à l’ordre par la patrouille. Tancée par Céline Dumerc, la general manager, tout au bout du tunnel, qui s’empresse de rassembler ses ouailles pour regagner Saint-Étienne, où elles ont établi résidence. « Allez, on y va », lance « Caps ». Marine Johannès, elle, souhaite prendre un peu de temps pour discuter avec un jeune fan, prendre une photo et lui faire un petite dédicace, au passage. Céline Dumerc, en bonne cheffe de meute, y met son véto. Marine Johannès, son ancienne coéquipière en sélection, ne bronche pas et quitte finalement la salle pour rejoindre ses coéquipières.

Appelée à prendre davantage des responsabilités, la Calvadosienne dispose de larges responsabilités en équipe de France. Mais pas question, en revanche, de surpasser la general manager. C’est avec plaisir et enthousiasme que l’arrière de l’Asvel a retrouvé les Bleues où elle a (enfin) pu arborer les couleurs bleues après une fin d’été difficile à vivre.

« Marine a retrouvé un peu de souffle »

À 48 heures du début de la Coupe du monde en septembre dernier, Marine Johannès, le cœur lourd, est alors contrainte de déclarer forfait pour le rendez-vous planétaire australien qu’elle avait coché de longue date dans son calendrier. Blessée à la cuisse droite lors d’un dernier scrimmage contre les États-Unis, elle s’effondre dans sa chambre d’hôtel, en larmes. Elle est inconsolable, tant ce Mondial australien devait lui permettre de prendre le leadership de l’équipe de France en l’absence de Sandrine Gruda, touchée au mollet gauche à trois semaines du match d’ouverture. Au meilleur de sa forme après un été réussi en WNBA, elle est stoppée net dans son élan.

Contrainte de patienter quatre jours avant de reprendre l’avion, elle fait finalement le choix de rester supporter ses coéquipières au SuperDome de Sydney. « Comme au Mondial, je suis sur le banc mais je le vis d’une autre façon », plaisante la principale intéressée, 65 jours après ce coup de massue. « Il y a pas mal de choses qui se sont passées dans ma tête depuis l’Australie. Je suis passée à autre chose. Même si je n’ai pas joué, ça m’a permis de rester proche du groupe, du staff et d’apprendre des choses en restant à leur côté. »

L’effet David Gautier

D’abord discrète contre la Finlande à Saint-Chamond, elle a fini par lâcher les chevaux, tout en se permettant quelques gourmandises et actions d’éclat qui font partie de la joueuse Johannès. « Comme les autres filles de l’ASVEL, Marine a retrouvé un peu de souffle, un peu d’air et a affiché un autre visage », souligne Sarah Michel, la capitaine française. « Ça fait plaisir de les voir comme ça et de les retrouver sur ce rythme-là en équipe de France. » Meilleure marqueuse des Bleues (16 points à 7/11 aux tirs) et détentrice de la meilleure évaluation de la rencontre (18), la Lyonnaise a validé son renouveau en club (13,5 points pour 12 d’évaluation ) avec les Bleues. « Elle affiche une vraie volonté d’aider cette équipe. Elle fait les efforts et je me réjouis de la voir prendre conscience de ses responsabilités sur comme en dehors du terrain », salue Jean-Aimé Toupane, le sélectionneur tricolore.

En perte de confiance sous les ordres de Pierre Vincent à Lyon-Villeurbanne, Marine Johannès se dit « plus épanouie » depuis l’arrivée de David Gautier dans le Rhône. Coach de l’UF Angers de 2016 à 2020, l’ancien ailier de Cholet Basket a cette faculté rare à être proche de ses protégées et à maximiser leur rendement. D’autant que Marine Johannès fait partie de cette trempe de joueuses qui ont besoin d’affect pour être à leur meilleur niveau. En somme, tout ce qui lui a manqué à Mado-Bonnet l’an dernier. « David fait énormément de bien au groupe et apporte beaucoup de positif », glisse Helena Ciak. « Il laisse les joueuses s’exprimer et c’est ce qu’il faut pour Marine. Elle joue avec beaucoup de liberté, de sérénité. »

Finaliste du dernier championnat de France contre Bourges, l’ASVEL réalise un début de saison presque idyllique. Invaincue en LFB après quatre journées et deuxième de son groupe d’EuroCup. Avec une seule défaite, contre Lattres-Montpellier (80-74), en sept rencontres toutes compétitions confondues. « On est sur une autre dynamique », résume Marine Johannès, loin d’être innocente dans la belle dynamique des Lionnes. Une saison marathon qui devrait logiquement l’emmener jusqu’au prochain championnat d’Europe (15 – 25 juin, en Slovénie et en Israël) où les Bleues tenteront de décrocher une nouvelle couronne européenne. Le rendez-vous est pris. « À bientôt », lâche-t-elle, tout sourire en direction de Kevin Bosi, attaché de presse de l’équipe de France féminine. Ou plutôt à dimanche, à Roanne, où les Bleues tenteront de corriger leur bévue à Kiev (90-71) contre ces mêmes Ukrainiennes. Oui, Marine Johannès, toujours en quête d’une grosse compétition internationale, a repris date avec les tricolores.

À Saint-Chamond,

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Qui a écrit ce papier ?

Théo Quintard

BEBASKET

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