Thomas et Simon Darnauzan, les oubliés du projet de reprise de l’Élan béarnais

Crédit photo : Jacques Cormarèche

En 2021, ils représentaient l'autre projet de reprise de l’Élan béarnais. Après l'échec des investisseurs américains, Thomas et Simon Darnauzan n'ont pas été rappelés par la mairie de Pau. Leurs associés sur le projet présenté en 2021 si. Ils s'expriment.

Comme tous les amoureux de l’Élan béarnais, Thomas et Simon Darnauzan ont souffert cette saison en voyant le club palois sombrer dans une crise financière sans précédent. Il y a plus d’un an, les deux frères bordelais ont œuvré des mois et des mois en coulisse afin de trouver une solution pour pouvoir racheter les parts de la mairie de Pau. Malheureusement, le maire François Bayrou et son équipe ont préféré se tourner vers les investisseurs américains et tout le monde connaît la suite… Après un été chaotique où le club a connu sans doute l’une des pires pages de son histoire, le groupe Eat4Good, dirigé par Sébastien Ménard, a repris les commandes du club palois., qui continuera d’évoluer en Betclic ÉLITE.

Un investisseur que Thomas et Simon connaissent très bien car il faisait partie intégrante du projet « Darnauzan » au côté de Sylvain Bonnet, PDG de NL international et notamment de la marque BeautySané. Soulagés de voir le club rester en Betclic ÉLITE, ils ont quand même ressenti une certaine amertume en apprenant dans la presse que les investisseurs avec lesquels ils s’étaient associés allaient reprendre leur club de cœur. Aujourd’hui pour BeBasket, ils ont accepté de s’exprimer.

Comme tous les amoureux de l’Élan béarnais, vous avez appris le rachat du club dans la presse par les investisseurs qui accompagnaient votre projet l’an dernier… 

Exactement. Il y a plus d’un an, David Bonnemason-Carrère nous contacte afin de savoir si nous avons la capacité d’aider le club. La mairie de Pau ne souhaite plus être l’actionnaire majoritaire et cherche des acheteurs pour vendre ses parts. Nous, comme on l’a toujours dit, nous aimons le club. Donc on travaille sans relâche pour monter le meilleur projet possible. Aux côtés de Jérôme Thion entre autres, nous partons à la recherche d’investisseurs qui seraient en mesure de se retrouver au sein de notre projet. On connaissait Sylvain Bonnet donc on l’appelle et on lui présente tout simplement nos idées afin qu’il nous accompagne dans notre envie d’offrir un nouveau souffle à notre club de cœur. Sylvain est emballé par notre projet et après quelques rendez-vous, il nous présente Sébastien Ménard, qu’il nous présente comme son « conseiller ». Quelques semaines plus tard, suite à notre demande, le maire de Pau nous reçoit tous les quatre dans son bureau. Un rendez-vous qui se déroule parfaitement bien. Le maire se renseigne sur notre investisseur et s’intéresse à notre projet tout en signalant qu’il a signé un contrat d’exclusivité avec le groupe CSG, qu’il respectera jusqu’au bout. Tout au long de l’année, nous avons tenu informé Sylvain Bonnet de l’actualité du club jusqu’à notre dernière rencontre à Bordeaux fin mai. Puis nous apprenons dans la presse que nos investisseurs sont les nouveaux repreneurs du club…

Quel est le sentiment qui prédomine aujourd’hui ? 

Il faut savoir que nous sommes tout d’abord très contents que l’Élan béarnais soit maintenu en Betclic ÉLITE. Nous ressentons également une part de satisfaction car finalement, le projet que nous avions présenté à Monsieur Bayrou il y a un an était bien « crédible » puisqu’ils ont sollicité notre investisseur pour racheter le club. Nous avions vu juste. Nous sommes juste déçus que notre projet n’ait pas reçu plus d’attention à l’époque. Aujourd’hui, les chiffres sont les mêmes, le budget est le même et surtout les idées sont identiques. A l’époque, les gens ont sans doute été éblouis par les chiffres et le projet américain, c’est humain. Nous n’avons aucune colère parce que le club va continuer à vivre et c’est ce que nous désirons par-dessus tout. Redonner une dimension locale au club qui en avait besoin était notre volonté première. C’est un projet que nous avions monté de A à Z avec l’envie de partager nos connaissances, notre savoir-faire et de fédérer surtout. Nous avons des personnes très compétentes et expérimentées dans le domaine sportif qui nous accompagnaient, qu’on ne peut nommer aujourd’hui par respect car engagées dans d’autres clubs. Au début, nous n’avions pas les fonds nécessaires pour notre projet. N’ayant pas ou peu de fonds propres, nous ne pouvions pas être à 100% décideurs du projet, raison pour laquelle nous avons contacté et séduit Sylvain Bonnet. Ceux qui apportent l’argent sont en droit de travailler avec qui ils le souhaitent. Là, en l’occurrence ils ont finalement décidé de travailler seuls. C’est comme ça. De cette manière, ils étaient certains d’être à la tête du club… c’est flatteur pour certaines personnes, je peux comprendre. On pourrait penser qu’il aurait été naturel et respectueux qu’ils nous contactent pour nous dire : « La mairie nous a contacté pour reprendre le club, on a une deuxième chance, allons-y ». Il en a été autrement. Nous sommes déçus de la manière, forcément il y a comme une sensation de trahison, mais malheureusement le monde des affaires est comme ça. Il y a le business OK, mais nous pensons que l’humain compte aussi et nous avons su leur dire au téléphone. Après ils ont leurs arguments, leurs explications…mais aussi tout notre projet entre leurs mains depuis l’année dernière. Mais encore une fois, selon nous, l’humain, le travail, le respect et l’humilité sont les piliers de la stabilité d’un club.

Avez-vous des regrets par rapport à l’an dernier ? 

Non car nous ne pouvions pas faire grand-chose de plus. Face aux Américains c’était impossible, mais voir le club se retrouver dans cette situation c’est tragique. Néanmoins, franchement, c’était prévisible. Cette saison, le lien a été visiblement coupé entre les gens de la mairie, les supporters, les entreprises locales… Avec CSG, le club partait aux oubliettes. Il fallait faire quelque chose. Ce n’est pas normal que le club en soit arrivé là. Maintenant nous espérons que l’Élan béarnais va gagner en stabilité, que la formation paloise sera mise en avant de nouveau et que le lien avec le club de Pau Nord Est sera retrouvé. Il faut que l’Élan retrouve une identité forte. Cela va être difficile, mais réalisable si les gens travaillent tous dans le même sens. Nous sommes avant tout des amoureux de l’Élan béarnais. Et nous souhaitons que son bonheur et sa réussite.

Justement en tant qu’amoureux du club, vous espérez qu’il retrouve des couleurs.

Bien sûr, la ville de Pau mérite d’avoir une belle équipe de basket. Nous sommes derrière le club et on le sera toujours. Quand nous avons appris que le club risquait de se retrouver en NM1, nous étions prêts de nouveau à nous impliquer pour l’aider à revenir en Betclic ÉLITE, notre projet était prêt. Nous, notre seul but c’est que l’Élan reste un monument du basket français. Encore une fois nous ne ressentons aucune rancœur, juste un peu d’amertume. Mais notre histoire avec le club n’est peut-être pas terminée. En tout cas, nous serons toujours là pour l’aider !

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Qui a écrit ce papier ?

Anthony Ottou

BEBASKET

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