Un an après, que sont devenus les vice-champions du monde U19 ?

Crédit photo : FIBA

Le 11 juillet 2021, l'équipe de France U19 montait sur la deuxième marche du podium de la Coupe du Monde, passant même tout près de renverser les États-Unis en finale (81-83). Gros plan sur les évolutions des douze argentés de Riga.

C’était il y a exactement un an. Le 11 juillet 2021 au soir, le bulldozer Kenneth Lofton Jr. (2,01 m, 127 kilos) brisait le rêve des Bleuets, prenant le relais du MVP Chet Holmgren, dominé par Victor Wembanyama (22 points, 8 rebonds et 8 contres). Intenable dans la raquette (16 points à 7/12 et 7 rebonds), le futur rookie des Memphis Grizzlies avait apporté à Team USA le second souffle nécessaire pour mater l’équipe de France (83-81).

Pendant longtemps, il n’a resté de cette soirée lettone que des regrets. Ceux inhérents à la sensation d’avoir frôlé un exploit historique. Ceux inhérents, aussi, à la physionomie de la finale, avec des tricolores supérieurs pendant la majeure partie du match, avant de s’écrouler suite à la sortie pour cinq fautes de Victor Wembanyama. Un an plus tard, c’est surtout la fierté qui prédomine. Celle d’avoir vu l’équipe de France se hisser pour la première fois jusqu’en finale de la Coupe du Monde U19, au prix d’un parcours homérique renforcé par un quart de finale inoubliable contre la Lituanie (84-79, a.p.), après les médailles de bronze des générations 88/89 et 2000.

« Je retiens de cette aventure de superbes moments, de superbes émotions », nous a confié le sélectionneur Frédéric Crapez, depuis Vrsac où il prépare l’EuroBasket U20 avec six rescapés de l’année dernière. « Nous étions très déçus du résultat de la finale effectivement mais on s’est retrouvé cet été avec le sourire, fiers de ce que l’on a fait sur le terrain. » En compagnie du coach argenté, retour sur les saisons 2021/22 des médaillés de Riga et sur leurs évolutions. Un an après, que sont-ils devenus ?

Matthew Strazel

Déjà trois trophées en pro pour Matthew Strazel (photo : FIBA)

Le joueur de 19 ans le plus expérimenté du monde ? Alors qu’il soufflera sa 20e bougie dans moins d’un mois, le meneur de l’ASVEL vient de boucler sa troisième campagne d’EuroLeague et de décrocher son deuxième titre de champion de France d’affilée. Particulièrement ému à la fin du Match 5 contre l’AS Monaco, le Francilien a surtout été utilisé lors de missions défensives sur Mike James en finale. En délicatesse lors du début de saison, il est ensuite monté en puissance afin de prouver qu’il pouvait être une rotation fiable dans une grande équipe. Mais l’heure de l’envol n’a pas encore sonné : alors qu’un prêt à Limoges avait été envisagé, il devrait finalement rester à Villeurbanne.

L’œil de Frédéric Crapez : « Il a fait une saison assez pleine avec l’ASVEL. Je trouve qu’il a quand même avancé, notamment dans le pourcentage à trois points où il a fait des progrès (de 34 à 39% en Betclic ÉLITE, ndlr). Quand on dispute 79 matchs, il y a des périodes où l’on joue un peu moins, d’autres où l’on joue un peu plus. Mais je pense vraiment qu’il a fait un pas en avant avec son tir. »

Ses statistiques : 4,4 points à 36%, 0,9 rebond et 2 passes décisives en 16 minutes (67 matchs, Betclic ÉLITE et EuroLeague)

Jayson Tchicamboud

Jayson Tchicamboud est en quête d’un nouveau club (photo : FIBA)

Victime de la première blessure sérieuse de sa carrière (deux mois d’arrêt cet hiver à cause d’une pubalgie), le fils de Steed a surtout connu sa première vraie désillusion professionnelle en ne parvenant pas à éviter la relégation de Tours en Nationale 1. Au milieu de cela, le Bourguignon a été irrégulier, capable de se hisser au niveau d’exigence physique de la Pro B, notamment défensivement, et de prendre feu, mais aussi de sérieusement dévisser au tir (52% aux lancers-francs, cela fait tâche pour un meneur…). Son année rookie a également prouvé que sa vision de jeu sur demi-terrain constituait un vrai axe de progression.

L’œil de Frédéric Crapez : « Il a connu des hauts et des bas pendant sa saison. Il a été blessé, ça l’a un peu coupé. Il faut qu’il retrouve ses sensations. En ce moment, il est en train de monter avec l’équipe. Quand on l’a récupéré au début de la prépa, on a trouvé un joueur en manque de confiance. Au fur et à mesure des jours d’entraînements, je trouve qu’il avance bien. »

Ses statistiques : 5,7 points à 36%, 2,4 rebonds et 3,1 passes décisives en 20 minutes (31 matchs de Pro B)

Rudy Demahis-Ballou

Rudy Demahis-Ballou a fait du surplace à Monaco cette saison (photo : FIBA)

Sensation de la saison 2020/21 à l’AS Monaco, titulaire lors de toutes les phases finales de l’EuroCup, le Normand a fait partie des grands perdants du départ prématuré de Zvezdan Mitrovic. Sasa Obradovic n’a jamais cru en lui et son temps de jeu s’est effondré à partir de l’arrivée du Serbe : aucune apparition en EuroLeague en 2022, seulement cinq sorties à plus de 10 minutes sur l’année civile. Une période noire jusqu’au bout puisqu’il a été contraint de déclarer forfait pour l’EuroBasket U20, alors qu’un retour avec les Bleuets lui aurait fait le plus grand bien. Sans contrat à l’heure actuelle, un départ de Monaco semble inéluctable et lui serait surtout grandement profitable.

L’œil de Frédéric Crapez : « Malheureusement, on ne l’aura pas car il s’est blessé, il est indisponible pour l’Euro. Tout devrait rentrer dans l’ordre pour la reprise de la saison. Lui avait faim de jouer donc c’est dommage. Ce serait mieux qu’il soit sur le terrain la saison prochaine : si on veut faire des progrès, il ne faut pas que s’entraîner. Surtout dans ce genre d’équipe qui joue tous les 2-3 jours, on s’entraîne beaucoup moins à la fin qu’ailleurs. »

Ses statistiques : 2,1 points à 30%, 0,6 rebond et 0,5 passe décisive (36 matchs, Betclic ÉLITE et EuroLeague)

Louis Lesmond

Louis Lesmond, une absence regrettée par le staff des Bleuets cet été (photo : FIBA)

S’il avait des offres de prestigieuses universités comme Illinois, Nebraska ou Wisconsin, le Varois a choisi Harvard pour obtenir du temps de jeu. Pari réussi puisqu’il a tourné à 25 minutes de moyenne pour sa saison rookie. Mais l’expérience collective fut plus délicate puisque les Crimson ont terminé à la 6e place (sur 8) de l’Ivy League. Toutefois, le fils de David Lesmond et Vanessa Dumas (19 sélections avec les Bleues) a parfois tiré son épingle du jeu, comme lors du mois de janvier qu’il a bouclé avec 10,8 points de moyenne.

L’œil de Frédéric Crapez : « Il a préféré rester aux États-Unis donc il n’est pas là. C’était sa première saison en NCAA puisqu’il était en high-school avant. Il a fait une saison comme un shooteur, on va dire. Des matchs où il mettait dedans, d’autres un peu moins. »

Ses statistiques : 7,9 points à 37%, 2,6 rebonds et 0,7 passe décisive en 25 minutes (20 matchs de NCAA)

Lucas Ugolin

Phénomène athlétique, Lucas Ugolin a été couronné champion de France Pro B (photo : FIBA)

Revenu blessé de la Coupe du Monde U19, il a eu du mal à se mettre en route et il a surtout dû se conformer aux exigences d’une grosse cylindrée, Nancy, formatée pour la remontée en Betclic ÉLITE. « Il était parfois un peu bridé », nous expliquait Mérédis Houmounou, cependant épaté par le potentiel et les qualités athlétiques du « diamant » guadeloupéen. « Il nous a énormément aidés », soulignait le capitaine lorrain. Pas neutre puisque le SLUC a été sacré champion de France Pro B. Limoges ne s’y est d’ailleurs pas trompé puisque le CSP lui a fait signer un contrat de quatre ans.

L’œil de Frédéric Crapez : « Avec un temps de jeu réduit par rapport à l’année précédente, notamment la phase retour où il avait beaucoup joué, il a fait une saison très correcte puisqu’il est recruté par un club de Betclic ÉLITE. Il est devenu papa fin juin donc le timing avec la naissance du bébé et le déménagement à Limoges a rendu sa présence impossible à l’EuroBasket U20. »

Ses statistiques : 6,9 points à 43%, 1,7 rebond et 1,1 passe décisive en 15 minutes (40 matchs de Pro B)

Armel Traoré

Pari gagnant pour Armel Traoré en redescendant de Monaco à Évreux (photo : FIBA)

Une saison en deux temps. Bloqué à l’AS Monaco, il a été prêté à Évreux à partir de début mars où il a pu obtenir beaucoup de temps de jeu (19 minutes de moyenne en Pro B). Supérieur athlétiquement, le natif de Créteil s’est rapidement imposé comme un joueur qui compte dans l’antichambre (6,7 points à 50% et 5,8 rebonds pour 9,2 d’évaluation), même si ses playoffs ratés restent un point noir (1 point de moyenne lors de la série contre Antibes). Encensé en Normandie pour son énergie, son état d’esprit et son éthique de travail.

L’œil de Frédéric Crapez : « Lui non plus ne sera pas à l’Euro à cause d’un problème médical. Son prêt en Pro B était une très bonne chose, c’était bien qu’il retrouve du temps de jeu. Il évoluait au poste 4 avec Évreux, presque pivot parfois, pas forcément là où il souhaiterait être développé, mais dans le basket moderne, 3-4, c’est presque pareil des fois. Vu son volume physique, c’est intéressant. »

Ses statistiques : 4,4 points à 47%, 3,7 rebonds et 0,6 passe décisive en 13 minutes (28 matchs, Betclic ÉLITE,  -EuroLeague, Espoirs et Pro B)

Kevin Marsillon-Noléo

Touché à la cheville, Kevin Marsillon a manqué le Trophée du Futur (photo : FIBA)

Pratiquement invisible au niveau professionnel (3 minutes de jeu au total seulement en Betclic ÉLITE), le Martiniquais a été l’un des fers de lance des Espoirs de Cholet Basket (18,2 d’évaluation), même s’il a parfois été tancé par Régis Boissié cette saison, comme en janvier à l’issue d’une déroute à Fos-sur-Mer. « Kevin, j’espère qu’il va poser les bonnes questions car il est loin du compte », disait-il au Courrier de l’Ouest. Des mots durs car l’ancien Aigle Noir de Gros-Morne est profilé haut-niveau : agressif, très athlétique, shooteur fiable, espéré comme un très fort défenseur. Mais maintenant, il faut jouer…

L’œil de Frédéric Crapez : « Je trouve que sa saison a été en dents de scie. Il arrive à un âge où il faut qu’il aille se frotter au niveau professionnel. Si la marche est trop haute avec la Betclic ÉLITE à Cholet, je pense qu’il faut savoir redescendre et gagner son temps de jeu. Mais il faut qu’il soit en pro, il n’a plus rien à faire en Espoirs. »

Ses statistiques : 13,6 points à 54%, 7,2 rebonds et 1,5 passe décisive en 23 minutes (32 matchs, Espoirs et Betclic ÉLITE)

Victor Wembanyama

Victor Wembanyama avait été le seul Français sélectionné dans le cinq idéal du tournoi

Difficile de passer à côté des performances de la pépite du Chesnay, tant elles sont médiatisées. Terminée dans les bras des Green Gones au terme d’une finale vécue depuis les tribunes, sa saison a été hachée par les pépins physiques. Quatre blessures qui l’ont empêché de trouver son rythme de croisière : d’abord une maladie qui l’a affaibli pendant trois semaines en septembre, suivie d’une petite fracture à un doigt en novembre, puis quasiment deux mois d’arrêt jusqu’à la mi-février en raison d’une contusion osseuse à l’omoplate, avant un souci musculaire au psoas contracté lors de la demi-finale contre Dijon. Toutefois, lorsqu’il a pu enchaîner les matchs, l’ancien intérieur de Nanterre a montré qu’il pouvait dominer, comme lors de son superbe mois d’avril, où il a enquillé 25 points contre Le Portel, 18 unités à Milan et 17 à Roanne. Son choix a constitué le feuilleton parallèle de la fin du championnat, lui qui a finalement décidé de quitter l’ASVEL pour Boulogne-Levallois, motivé par la perspective de travailler avec Vincent Collet. Une collaboration qui démarrera plus tôt que prévu puisqu’il a été convoqué avec l’équipe de France pour la préparation de l’EuroBasket 2022.

L’œil de Frédéric Crapez : « Victor, c’est Victor. Sa saison a été contrecarrée par les blessures mais il a prouvé qu’il pouvait jouer à ce niveau. Preuve en est avec sa sélection avec les A, dont nous sommes très heureux. Son choix de passer de l’ASVEL aux Metropolitans 92 ? C’est une décision personnelle, je n’ai pas de commentaire à faire, je n’en connais pas les tenants et les aboutissants. Tout ce que je lui souhaite, c’est d’être le premier Français à être drafté n°1, tout le basket français en sera content. »

Ses statistiques : 7,6 points à 42%, 4,2 rebonds et 1,8 contre en 17 minutes (33 matchs, Betclic ÉLITE et EuroLeague)

Clément Frisch

Clément Frisch découvrira réellement la Betclic ÉLITE à la rentrée (photo : FIBA)

Sûrement celui qui sort de la saison la plus aboutie à titre individuel. Si Denain a réussi à sauver sa peau en Pro B, les Dragons doivent notamment une fière chandelle au jeune intérieur bourguignon qui a brillé par sa polyvalence et sa dureté dans les raquettes de l’antichambre. Élu meilleur jeune du championnat, un an après avoir été MVP Espoirs, celui dont les droits appartiennent toujours à la SIG Strasbourg tentera de passer le cap du niveau supérieur à la rentrée puisqu’il a été prêté à Nancy. Avant cela, il devrait être l’un des leaders de l’équipe de France U20 à Podgorica.

L’œil de Frédéric Crapez : « Une saison de confirmation qu’il peut jouer en pro. Je trouve qu’il a vraiment fait une très bonne saison à Denain. La preuve puisqu’il a été aspiré par Nancy, avec, je pense, un décalage à prévoir entre le poste 4 et le poste 3. Je lui souhaite d’avoir un vrai rôle en Betclic ÉLITE dès la saison prochaine. En tout cas, je sais qu’il ne lâchera rien et qu’il fera tout pour. »

Ses statistiques : 10,3 points à 46%, 4,3 rebonds et 1,2 passe décisive en 24 minutes (33 matchs de Pro B)

Guillaume Eyango

Guillaume Eyango espère se (re)lancer à Rennes la saison prochaine

Une année pour rien, ou presque. Presque surdimensionné pour le niveau Espoirs Pro B avec deux pointes à plus de 40 points, dont 45 unités dès la deuxième journée du championnat face à l’ADA Blois, le Seine-et-Marnais n’a pu disputer que trois rencontres en 2022, la faute à des douleurs récurrentes au genou droit. Forcément très peu sollicité avec les pros du NBH également (2 matchs, contre 14 la saison précédente), il sera prêté à Rennes (NM1) à la rentrée, avec l’objectif de véritablement se lancer dans le grand bain.

L’œil de Frédéric Crapez : « Il a été blessé une grande partie de la saison et n’a pas évolué comme il l’aurait souhaité. Il va découvrir la Nationale 1 l’année prochaine et je ne doute pas pas qu’il pourra s’exprimer à ce niveau, en pleine possession de ses moyens. »

Ses statistiques : 13,4 points à 47%, 4,7 rebonds et 1,9 passe décisive en 24 minutes (13 matchs, Espoirs Pro B et Pro B)

Yvan Ouedraogo

Avec l’Euro U20, Yvan Ouedraogo devrait vivre sa quatrième compétition internationale cet été

Passé de Nebraska à Grand Canyon, le Bordelais a changé deux choses : il s’est enfin mis à gagner des matchs (de 5-17 à 23-8) et son temps de jeu s’est accru (de 15 à 21 minutes de moyenne). Toutefois, il n’en a pas profité pour augmenter son efficacité offensive, restant scotché à moins de 4 points de moyenne, ni son adresse aux lancers-francs (toujours 39%). Mais il a retrouvé les standards de sa saison rookie au rebond, avec une pointe à 16 ballons captés contre San Francisco en décembre. Son engagement sera encore extrêmement précieux cet été au Monténégro, dans la quête d’une nouvelle médaille lors de l’EuroBasket U20.

L’œil de Frédéric Crapez : « On a retrouvé le Yvan que l’on connait. Il a fait une saison égale à la précédente en NCAA. On le retrouve à peu près à l’identique, comme l’an dernier : combatif, dur au mal, un joueur sur qui on peut compter. »

Ses statistiques : 3,9 points à 46%, 6,7 rebonds et 0,4 passe décisive en 24 minutes (31 matchs, NCAA)

Brice Dessert

Avec Traoré, Brice Dessert était l’un des deux seuls 2003 du groupe (photo : FIBA)

Dans le marasme rouennais, il a su saisir sa chance en fin de saison, en profitant pour démontrer qu’il pouvait déjà être un joueur qui compte en Pro B (12,7 points et 8 rebonds sur les six derniers matchs). Cela tombe bien, il ne sera plus dans l’antichambre à la rentrée, car il a été recruté par l’ADA Blois. Sur une trajectoire exponentielle, lui qui a commencé le basket à 13 ans, il a également été élu dans le cinq idéal du championnat Espoirs Pro B (23,3 d’évaluation).

L’œil de Frédéric Crapez : « Il a laissé entrevoir toutes ses possibilités sur la fin de saison en Pro B. Et il en a, il a des qualités ! Désormais, il faut confirmer. Quand il a signé à Blois, le club était encore en Pro B. Maintenant qu’ils sont en Betclic ÉLITE, est-ce qu’il aura des minutes ? Je ne sais pas… Lui aussi pour se développer, il faut qu’il trouve du temps de jeu.  »

Ses statistiques : 8,9 points à 71%, 6,7 rebonds et 1,2 contre en 19 minutes (41 matchs, Espoirs Pro B et Pro B).

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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