Germain Castano : « Si j’avais pu utiliser 200 000 euros que le club n’avait pas… »

Crédit photo : Paage Création

Lié à l'avenir incertain de l'Élan Béarnais depuis le début des turbulences paloises en juin, Orléans est maintenant fixé sur son sort : l'OLB évoluera en Pro B. Le coach Germain Castano parlerait presque d'une « bonne nouvelle » mais garde surtout une amertume certaine du feuilleton américano-pyrénéen. Il nous l'explique.

De bout en bout, le cauchemardesque feuilleton du naufrage avorté de l’Élan Béarnais aura fait une victime collatérale : Orléans. Relégué en Pro B au terme d’une saison ratée, l’OLB a été condamné à attendre avant d’être définitivement fixé sur son sort, avec l’espoir de plus en plus grandissant qu’une conclusion heureuse pouvait être au bout du chemin. Mais le club du Loiret est finalement perdant sur toute la ligne : non repêché suite au rachat de Pau par Eat4Good, il a patienté pour rien pendant une grande partie de l’intersaison et a accumulé un retard inutile dans la constitution de son effectif. De fait, l’entraîneur Germain Castano était presque soulagé d’enfin sortir de ce flou artistique.

« Je ne suis pas surpris. Comme tout le monde, je lisais la presse, où l’on disait que l’Américain avait vendu ses parts et qu’un repreneur allait aider la situation. Limite, ce n’est pas une mauvaise nouvelle car je peux enfin commencer mon recrutement. Au moins, on sait maintenant et on peut avancer. »

Johnson-Odom voulait revenir mais…

Germain Castano sur le parking de Sportica avec les supporters après la relégation de l’OLB (photo : Paage Création)

70 jours se sont désormais écoulés depuis ces minutes d’angoisse dans le vestiaire de Sportica, à regarder sur des écrans de téléphone Fos-Provence s’écrouler sur le parquet du Portel, avant d’être sauvé par une faute technique sifflée à Mathieu Wojciechowski. 70 jours qui ont paralysé le mercato orléanais, alors même peut-être que Germain Castano espérait ne pas reproduire les mêmes erreurs que l’an dernier, où l’OLB avait dû attendre jusqu’au 23 septembre afin de boucler son recrutement, première fondation du funeste exercice à venir. Le technicien originaire de Torcy (en périphérie du Creusot, en Saône-et-Loire) nous a conté l’été d’incertitude qu’il vient de vivre.

« Après la relégation, j’ai soufflé un peu, pendant 10 jours. Puis ensuite, on s’est mis à parler d’une éventuelle fusion entre les clubs parisiens. On s’est dit qu’on allait patienter avant de commencer le recrutement mais ça ne s’est pas fait. Ensuite est arrivé ce dossier de l’Élan Béarnais, qui était apparemment sérieux, même si j’ai toujours pensé qu’il y aurait un sauvetage au bout. On a embauché des joueurs qui pouvaient jouer sur les deux divisions, en l’occurrence Nianta Diarra et Jérémy Leloup, ainsi que la prolongation de Malela Mutuale. Depuis, on attendait mais le problème, c’est que ça fait un petit bout de temps qu’on attend et on est passé à côté de pas mal de mecs. Vous imaginez bien que c’est compliqué de recruter sans savoir si l’on va jouer en Betclic ÉLITE ou en Pro B. Par exemple, j’étais en contact direct avec Darius Johnson-Odom qui, même en Pro B, était prêt à venir. Le problème, c’est qu’on était obligé de le faire attendre et il a fini par avoir une proposition plus alléchante en Roumanie. On a subi la situation, on n’a pas eu d’autre choix que d’attendre. On a vécu une saison irrationnelle, avec des scénarios de fou, et ça a continué jusqu’à nos congés. C’est la première fois de ma vie que je pars en vacances sans savoir dans quelle division je vais coacher. »

Toutefois, Germain Castano gardera de cette épisode une certaine acidité, issue du sentiment qu’il était possible de contourner les règles sans se retrouver sanctionné au final.

« Sportivement, on allait aller en Pro B. Je n’ai aucune colère mais une réflexion que je répèterai et que j’assumerai : si j’avais pu utiliser 200 000 euros de plus que le club n’avait pas, on se serait sûrement maintenus. C’est ça qui est un peu… (il s’arrête) On n’a pas utilisé l’argent qu’on n’avait pas et on est descendus. Je ne veux pas faire la pleureuse mais ça fait chier quand même. Ce n’est pas la politique du club d’utiliser l’argent qu’on n’a pas. Il faut passer à autre chose maintenant. »

Les exemples Jefferson et Oniangue

Et si ces deux-là avaient fait la paire cette saison ? (photo : Paage Création)

Sans l’avoir dit, Germain Castano pensait certainement, par exemple, au duo Brandon Jefferson – Giovan Oniangue qui est parti faire les beaux jours de l’Élan Béarnais. MVP de Pro B en 2019, le lutin texan était tenté par un retour dans le Loiret après son escapade strasbourgeoise mais avait finalement été séduit par le projet américano-palois, ne cachant notamment qu’il y gagnerait plus d’argent. L’ailier originaire de Brazzaville avait tenu exactement le même discours au moment de justifier son choix de refuser de prolonger l’aventure orléanaise. « Attendre deux mois a certainement été frustrant pour eux », nous disait-il lundi soir. « Mais je connais très bien Germain, je sais qu’il va trouver des bons joueurs malgré ça. Ils ont déjà une superbe base de JFL, que j’aime beaucoup. Je leur souhaite vraiment une très belle saison et de remonter le plus vite possible. »

Il est trop tard pour refaire une saison mais que serait-il advenu si l’OLB avait pu lutter de manière équitable avec Pau ? Que serait-il advenu avec ses deux joueurs-là dans l’effectif de Germain Castano ? Il sera éternellement impossible de le savoir mais au moins, Orléans peut maintenant tourner la page. Avec déjà cinq JFL sous contrat (Malela Mutuale, Neftali Difuidi, Jérémy Leloup, Jean-Fabrice Dossou et Nianta Diarra), l’OLB a pratiquement bouclé son ossature française, sachant que le club est « peut-être sur le point de conclure » avec un arrière tricolore. Il restera ensuite quatre étrangers à trouver, dont un dossier qui avance bien dans le secteur intérieur. Place à la Pro B !

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Qui a écrit ce papier ?

Alexandre Lacoste

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