ITW Lucas Boucaud, cap sur la phase retour avec Saint-Quentin : « On va continuer à se battre »

Avec Saint-Quentin cette saison, Lucas Boucaud joue en moyenne 12 minutes par match.
Lucas Boucaud (1,88 m, 25 ans) a été l’un des artisans de la montée puis des saisons historiques de Saint-Quentin, le meneur vit cette année un exercice bien différent, marqué par une lutte plus serrée en Betclic ELITE et un contexte interne mouvant. Un cadre qui oblige le groupe à se recentrer sur l’essentiel.
Un objectif clair : le maintien, sans renoncer à l’ambition
Face à une saison de championnat plus complexe que prévu, Lucas Boucaud ne détourne pas le regard. Le discours est direct, assumé, et partagé par le groupe.
« Notre premier objectif, bien sûr, c’est le maintien. On va jouer tous les matchs pour gagner, parce qu’on est compétiteurs, même si on est dans une saison plutôt difficile. »
Dans ce contexte, pas question de se disperser. L’idée est de revenir à des bases simples, presque primaires, pour recréer une dynamique positive.
« On va essayer de se tourner vers des choses simples, comme donner un peu plus d’engagement, se battre, donner tout ce qu’on a. »
La phase retour est encore longue, et Boucaud insiste sur un point essentiel : rien n’est joué. « C’est le début de la phase retour, c’est loin d’être fini. Donc on va continuer à se battre. »
Cohésion collective : le vrai levier de progression
Au-delà des résultats bruts, le meneur identifie clairement l’un des chantiers majeurs de la saison : la cohésion sur le terrain. « La cohésion d’équipe, en attaque et en défense, ça se ressent. En défense, il y a des fois où on ne défend pas toujours à cinq. Et si on ne défend pas à cinq, forcément, ça se paye. »
Même constat offensivement, où le manque de fluidité peut parfois freiner le collectif.
« En attaque, des fois la balle est un peu statique, on se comprend moins, on a du mal à la faire bouger. Il faut qu’on arrive à mieux se comprendre et à jouer tous ensemble. »
Un diagnostic lucide, qui souligne que les marges de progression existent encore, à condition d’un engagement commun et constant.
Une saison perturbée par les changements internes
Difficile d’évoquer la saison de Saint-Quentin sans parler des nombreux mouvements en coulisses. Changements de coachs, réorganisations internes : autant de paramètres qui ont pesé sur le quotidien du groupe. « Forcément, ça nous a impactés. Quand tu changes de coach, que l’assistant devient coach, puis qu’un nouveau coach arrive, que ça ne fonctionne pas… il y a beaucoup de mouvements qui font que c’est compliqué de sortir la tête de l’eau. »
Pour autant, Boucaud insiste sur une force essentielle, parfois invisible de l’extérieur.
« En dehors du terrain, on s’entend vraiment tous bien. Même si sur le terrain ça ne se voit pas toujours, humainement, le groupe est soudé. »
Un socle relationnel qui permet au groupe d’avancer malgré les turbulences.
« On essaye de rester soudés, de passer au-dessus pour essayer de performer, même si ce n’est pas simple. »
Un management recentré sur l’intensité
Avec le retour d’un coach déjà connu du vestiaire, en la personne de Pedro Nuno Monteiro, le cadre de travail a évolué.
« C’est différent. Là, c’est beaucoup plus basé sur l’engagement physique, sur le fait de se donner à fond. »
Un message clair, martelé au quotidien.
« Si on est cramé, on demande le changement, mais quand on est sur le terrain, il faut tout donner. Même aux entraînements, c’est à fond, tout le temps. »
Moins de place pour la complexité tactique, plus pour l’intensité et l’état d’esprit. Une approche assumée dans une période où l’urgence est de retrouver une identité combative.
Le match du déclic contre Le Portel
Dans cette saison délicate, certaines victoires comptent double. Celle obtenue face au Portel en fait clairement partie.
« C’était un match qu’on n’avait pas le droit de perdre. Le gagner nous a fait beaucoup de bien, ça a coupé la série de défaites. »
Au-delà du résultat, Boucaud retient surtout le comportement collectif. « En deuxième mi-temps, on s’est dit que c’était à la maison et qu’il ne fallait pas le lâcher. On est ressortis du vestiaire encore plus affamés. »
Un match référence, sur lequel le groupe entend s’appuyer pour la suite. « Il faut construire à partir de ça. »
Des matchs clés à gérer mentalement
À l’approche de rencontres face à des concurrents directs, comme face à Gravelines le week-end prochain, l’accent est mis sur la gestion des temps faibles.
« Il faut rester solidaires dans les moments difficiles et limiter la casse. »
Pour Boucaud, la défense reste le socle de tout. « La défense, c’est avant tout une question de volonté. Il ne faut pas lâcher. »
Un public toujours présent, malgré les critiques
Si l’engouement autour de Saint-Quentin est parfois plus nuancé cette saison, le soutien reste perceptible. « On les sent quand même. Il y a des supporters qui sont là dans les bons comme dans les mauvais moments. »
Lucas Boucaud reconnaît aussi la réalité des critiques. « Comme dans tous les clubs, il y en a qui critiquent quand on perd et qui sont là quand on gagne. »
Mais l’essentiel est ailleurs. « Globalement, savoir qu’il y a des gens derrière nous, ça nous fait du bien et ça nous donne envie de nous battre pour eux. »

Des individualités, mais un collectif à optimiser
Dans un effectif riche de profils variés, Boucaud souligne plusieurs piliers.
« Nick Johnson, avec son leadership et son vécu. Neftali Difuidi, capable de débloquer des situations au scoring. Et Loic Schwartz, constant, propre à 3-points, toujours à fond. »
Des talents bien identifiés, que le groupe doit encore mieux exploiter collectivement.
Grandir avec le club, de la montée à l’Europe
Acteur important dans l’ascension du club, Boucaud mesure le chemin parcouru. « Personne ne s’y attendait. On monte, on fait une première saison en Pro A incroyable, on finit 6e. »
Puis viennent les campagnes européennes. « La Champions League, la Turquie, l’Espagne… ce sont des expériences énormes qui nous ont fait grandir. »
Même cette saison plus compliquée a sa valeur formatrice.
« On apprend de nos erreurs, on découvre d’autres baskets, d’autres façons de travailler. Même sans résultats, on prend de l’expérience. »
Une complémentarité assumée avec Nick Johnson
Sur le terrain, la relation avec l’autre meneur Nick Johnson est claire. « Lui est plus dans le scoring, moi plus dans la création et l’organisation. »
Une complémentarité nourrie au quotidien. « Sur son leadership, sa capacité à débloquer des situations, j’apprends tous les jours. On échange beaucoup, on parle systèmes, jeu. »
Une blessure mieux comprise et mieux gérée
Touché au dos en début de saison, Boucaud a tenu à clarifier la situation. « Ce n’était pas une hernie, mais une inflammation. On a préféré prendre le temps de bien la soigner. »
Aujourd’hui, le corps répond mieux, avec des adaptations. « Je travaille différemment musculairement, mais mon dos va mieux. »
Un parcours atypique, pleinement assumé
Passé par Agen, sans centre de formation classique, Lucas Boucaud a construit son parcours au contact du monde senior, étape par étape. Un chemin différent, que le petit-frère de Jonathan Boucaud (1,86 m, 30 ans) assume sans réserve. « Je ne regrette pas du tout mon parcours. J’ai appris avec des joueurs plus âgés, j’ai avancé à mon rythme. »
Une progression faite d’observation, d’adaptation et d’expérience, qui l’a aidé à se construire comme joueur. Avec le recul, le meneur y voit aussi un message pour les plus jeunes. « Il n’y a pas qu’une option. Ce n’est pas une course. Le but, ce n’est pas d’y arriver plus vite, c’est d’y arriver. »
Regarder devant, sans se projeter trop vite
S’il évoque l’idée d’une expérience à l’étranger à moyen terme, l’heure n’est pas encore aux choix. « Pour l’instant, je me concentre sur le maintien du club. C’est tout ce qui importe. »
Pour la suite, Lucas Boucaud ne se projette pas. Son regard reste fixé sur la saison en cours et sur l’objectif collectif. Le maintien de Saint-Quentin passe avant toute réflexion personnelle. Match après match, l’idée est d’avancer, de corriger ce qui doit l’être et de rester dans le combat jusqu’au bout.
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