ITW Nahan Niaré, de la LF2 à l’explosion en Liga Endesa : « Je me disais que l’étranger, ce serait plus tard dans ma carrière »

Nahan Niaré s’éclate en première division espagnole, avec Cadi La Seu
Après une saison 2024-2025 marquée par sa découverte de la première division française puis par un besoin de retrouver du temps de jeu qui l’a emmené à Aulnoye en LF2, Nahan Niaré (1,90 m, 23 ans) a franchi les Pyrénées l’été dernier presque par surprise. À Cadi La Seu, l’intérieure française s’est rapidement imposée comme une pièce importante du dispositif catalan, au point de vivre la meilleure saison statistique de sa carrière. Entre parcours atypique, « syndrome de l’imposteur » et nouvelle confiance, elle raconte.
Un parcours construit loin des raccourcis
Arrivée tardivement dans le basket, Nahan Niaré a suivi un chemin fait de détours et d’apprentissage progressif : « J’ai commencé à 10 ans à Aubervilliers parce que j’étais super grande pour mon âge. Je faisais 1,74 m, tout le monde me disait de faire du basket. »
Passée par le pôle Espoirs Île-de-France, non retenue au Pôle France après y avoir effectué les tests d’entrée, elle choisit le centre de formation de l’USO Mondeville. À 17 ans, elle découvre le groupe professionnel, avant un prêt à Chartres, une montée en La Boulangère Wonderligue avec ce même club en 2024, puis une situation plus compliquée la saison suivante : « J’étais clairement la troisième poste 5. C’était difficile de trouver ma place, donc j’ai pris la décision en janvier de retourner en LF2. »
Une signature en Espagne totalement imprévue
A l’été 2025, l’intérieure devait prendre la direction d’Alençon, toujours en LF2, avant finalement de se retrouver sans club une bonne partie de l’été : « Tout était signé puis j’ai appris que le club avait des problèmes d’argent. J’ai fait trois semaines de préparation avec Landerneau et, un jour, en fin de semaine, mon agent m’a appelé pour me dire qu’un club de première division espagnole me voulait. Le lundi, j’étais là-bas. »
Une opportunité inattendue, à laquelle la jeune joueuse ne s’attendait pas forcément : « Je me disais que l’étranger, ce serait plus tard dans ma carrière, pas à ce moment-là. »
Arriver sans statut, avec le doute
Contrairement à d’autres Françaises parties en Espagne avec un CV bien établi, Niaré débarque directement depuis la deuxième division française : « J’étais fière, mais je ne me sentais pas légitime. J’avais presque honte de dire que je signais en première division espagnole alors que j’étais censée jouer en deuxième division en France. J’avais un vrai sentiment de l’imposteur. »
Deux championnats, deux philosophies
Sur le terrain, le changement est net : « C’est complètement différent. En Espagne, ça court plus. Le profil des intérieures me correspond mieux, on peut jouer des systèmes pour moi. En France, les intérieures sont plus dures, plus physiques. »
Un contexte de jeu qui favorise son expression offensive et sa mobilité.
La meilleure saison de sa carrière… après un déclic mental
Si les statistiques sont aujourd’hui au rendez-vous, l’adaptation n’a pas été immédiate : « Au début, j’étais timide dans mon jeu. J’hésitais à prendre des tirs, je ne m’attendais pas à avoir la balle. »
Mais un entretien individuel avec son entraîneur change la donne : « Il m’a dit : je veux que tu te lâches, que tu aies confiance en toi. Il m’a expliqué que j’avais les réflexes d’une back-up. On me l’avait déjà dit en France. Là, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je me remette en question. »
Cadi La Seu regarde vers le haut
Après 19 journées, Cadi La Seu pointe à la 11e place (8 victoires, 11 défaites). Un bilan satisfaisant au vu du début de saison : « On est contentes, on a réussi à créer un écart avec le bas du tableau. Au début, on enchaînait les défaites, on ne savait pas trop quels objectifs se fixer. Aujourd’hui, on peut viser les playoffs. »
Axes de progression et lucidité
Lucide sur son jeu, l’intérieure française ne manque pas de pistes de travail : « Je dois comprendre que j’ai un rôle majeur dans cette équipe et jouer en pleine confiance. Je suis la reine de la frustration face à l’échec. Et je dois m’améliorer au rebond, je fais beaucoup de box-outs, mais ça ne se voit pas dans les stats (rires). »

Les Françaises d’Espagne, entre sourires et rivalité
Croiser d’autres Tricolores en Liga Femenina Endesa reste particulier : « Ma meilleure amie, Aminata Gueye (ex-Mondeville, Toulouse, Villeneuve d’Ascq), joue aussi ici (à Saragosse, NDLR). C’est notre première saison en Espagne, donc on est super contentes de se croiser. Avec les autres Françaises, même si on ne se connait pas forcément, il y a toujours un petit sourire. »
L’avenir, toujours ouvert
Séduite par sa première expérience hors de France, l’intérieure ne ferme aucune porte : « J’aimerais rester à l’étranger, surtout en Espagne. Mais plus tard, j’aimerais rentrer en France pour prouver que j’y ai ma place et que je peux m’imposer. »























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