ITW Vafessa Fofana, stoppé dans son élan : « Jusqu’à ma blessure, je faisais mon meilleur début de saison en carrière »

Victime d’une rupture du tendon d’Achille en décembre, Vafessa Fofana reviendra la saison prochaine
Vafessa Fofana (2,00 m, 33 ans) incarnait cette saison l’un des piliers de Gravelines. Dans un effectif régulièrement perturbé par les blessures, l’ailier avait pris une place centrale dans l’équilibre de l’équipe. En Betclic ELITE, ses statistiques traduisaient cette montée en puissance, mais c’est surtout la constance de son apport des deux côtés du terrain qui marquait un tournant dans son parcours.
Un cap franchi dans la continuité, pas dans la rupture
Sur le plan individuel, le constat est limpide. Pour la première fois de sa carrière, Vafessa Fofana avait le sentiment d’enchaîner les performances sans rupture, dans un rôle élargi mais maîtrisé. Plus qu’un pic ponctuel, il s’agissait d’une vraie dynamique installée dans le temps. « Individuellement, très bon début de saison. Le meilleur de ma carrière, j’ai envie de dire. »
Dans un contexte collectif compliqué, son volume de responsabilités a naturellement augmenté. Capable d’évoluer sur plusieurs postes, il a souvent servi de variable d’ajustement dans les rotations nordistes, sans perdre en efficacité. « On avait pas mal de joueurs blessés, donc j’ai essayé de combler un peu plus les trous. J’ai quand même joué 3-4-5. »
Cette polyvalence ne s’est pas traduite par une dispersion de son jeu. Au contraire, elle a renforcé son sentiment d’utilité, avec une réussite plus régulière que lors des saisons précédentes. « J’ai apporté ce que je suis capable de faire, avec plus de réussite que ce que j’ai pu faire durant ma carrière. »
Le déclic mental, clé de la régularité
Si ce début de saison marque un tournant, ce n’est pas tant par une évolution technique que par un changement d’approche. À l’expérience, Vafessa Fofana a compris que son principal frein n’était plus le niveau de jeu, mais sa capacité à le reproduire semaine après semaine. « J’ai fait ce que je fais habituellement, mais avec plus de confiance. C’était surtout un travail mental. »
Ce travail s’est inscrit dans une volonté claire de se mettre face à ses propres limites. « C’était un de mes objectifs clairs de la saison, de me challenger sur ça. Suis-je capable de le faire ? »
La réponse, il l’a trouvée dans la répétition des efforts et l’exigence personnelle, bien plus que dans un match référence isolé. « Le plus dur, c’était de trouver cette régularité, de répéter les mêmes efforts sur chaque match. »
Un défi relevé, jusqu’à l’arrêt brutal imposé par la blessure.
Un leadership assumé, sans redéfinition formelle
Capitaine du BCM n’a pas vu son rôle redessiné par le staff à l’intersaison. Il s’est imposé dans la continuité de ce qu’il représente depuis plusieurs saisons à Gravelines-Dunkerque : un point d’ancrage défensif et un relais dans le vestiaire. « On me demande de faire mon rôle de capitaine, de rassembler l’équipe, surtout sur la partie défensive. »
L’augmentation de son impact offensif ne répondait pas à une consigne spécifique, mais à une décision personnelle, presque instinctive. « Il n’y a pas eu forcément de conversation avec le staff. Ça a été une conversation entre moi et moi-même. »
Libéré d’une pression inutile, l’ailier a choisi la simplicité. « Être agressif, jouer au basket, ne pas me prendre la tête. »
Un vestiaire sous pression, mais jamais résigné
Sportivement, la saison du BCM reste marquée par une lutte permanente pour rester hors de la zone rouge. Une situation qui pourrait fragiliser n’importe quel groupe, mais que Vafessa Fofana décrit comme maîtrisée sur le plan mental. « On pourrait croire qu’avec la situation actuelle, ce n’est pas tout rose, mais dans l’état d’esprit, il est bon. »
Malgré les défaites, l’équipe continue de travailler avec sérieux, sans céder à la résignation. « On ne lâche rien. On vient avec nos armes pour être performants. »
Pour le capitaine, cette attitude est essentielle pour espérer inverser la dynamique. « Il n’y a pas cette mauvaise spirale qu’on peut voir dans certaines équipes en galère. »
Des responsabilités redistribuées sans déséquilibrer le collectif
L’absence prolongée de Vafessa Fofana a obligé plusieurs joueurs à sortir de leur zone de confort. Une redistribution progressive des responsabilités, que le capitaine observe avec satisfaction. « Valentin Chery a pris une autre dimension cette saison. »
Certains cadres ont su se relancer dans ce contexte exigeant. « Gauthier Denis s’est très bien relancé après ses pépins physiques. »
Les jeunes ont également profité de cette période pour gagner du temps de jeu et de la confiance. « Louka Letailleur et Soren Bracq ont grappillé des minutes. »
Enfin, la montée en puissance de David Joplin illustre cette dynamique collective. « Ce qu’il fait aujourd’hui en match, c’est exactement ce qu’il proposait déjà à l’entraînement. »
Une blessure qui impose patience et recul
La blessure a brutalement mis fin à cette dynamique individuelle. Pour Vafessa Fofana, la priorité est désormais claire : la rééducation, sans brûler les étapes. « Je suis off pour la saison, ça c’est sûr. »
Six semaines après l’opération, les sensations reviennent progressivement, mais la prudence reste de mise. « Je commence tout doucement à reprendre la marche. »

Le retour à la compétition est envisagé sur le long terme, avec une approche méthodique. « Pour septembre-octobre, ça dépendra de comment j’évolue. »
Notre capitaine Vafessa Fofana a un message pour vous 💬 #MoreThanTheNorth pic.twitter.com/e906mnVDK6
— BCM Basketball (@BCMBasket) December 16, 2025
Un regard différent, toujours au service du collectif
Éloigné des parquets, Vafessa Fofana n’a pas quitté le cœur du projet. Son rôle a simplement évolué. Moins dans l’action directe, davantage dans l’observation et l’accompagnement, le capitaine nordiste a découvert une autre manière d’exister au sein du groupe, avec une distance qui change la perception du jeu et des dynamiques humaines. « Quand tu es derrière, tu as une vision plus globale. »
Ce recul lui permet d’identifier plus finement les moments de fragilité, les phases de doute ou, au contraire, les leviers à activer pour maintenir le cap. « Faire en sorte de ne rien lâcher, de tout donner. »
Ce rôle discret mais constant contribue à préserver l’exigence collective. Une présence qui se manifeste dans les détails, les échanges, et la continuité du travail quotidien. « On apprend toujours. Aujourd’hui, j’apprends avec une vision plus large. »
Sans chercher à projeter trop loin, cette période hors des terrains s’inscrit comme une étape à part entière dans le parcours de Vafessa Fofana. Un temps d’observation et de construction, qui s’ajoute à l’expérience accumulée et qui pourrait, demain, enrichir encore son impact.

























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