La France se balade contre la Bosnie-Herzégovine et valide sa qualification au Mondial 2023

Crédit photo : Julien Bacot / IS / FFBB

Après sa balade en Lituanie (90-65) vendredi, l'équipe de France a été sérieuse contre la Bosnie Herzégovine (92-56) et a validé sa qualification pour sa 5e Coupe du Monde de suite, ce lundi soir à Pau. Vincent Collet et ses hommes auront encore deux derniers matchs à disputer lors de ces éliminatoires en février prochain, avant de se lancer définitivement dans la quête d'un nouveau podium mondial.

D’un coup, Sylvain Francisco s’est élevé dans les airs. Le meneur d’1,79 m de Peristéri a chipé un ballon sur la remontée de balle bosnienne, a pris son dernier appui juste avant le demi-cercle de non charge puis a fracassé le cercle (26-13, 16’). Un dunk à une main monstrueux suivi d’un petit trashtalk avec Zinedin Mulic, sa victime du soir. « Je me suis levé de mon siège, j’ai enlevé ma casquette » , a salué le Palois Giovan Oniangue sur Twitter visiblement enamouré par cette action d’éclat.

Victor Wembanyama n’a pas fini de surprendre. Yoan Makoundou, lui, s’est rappelé au bon souvenir de la Meilleraie en playoffs (photo : Julien Bacot / IS  / FFBB).

Séduisante sur cette fenêtre comme rarement, l’équipe de France a pu célébrer sa qualification pour sa 5e Coupe du monde de suite (du 25 août au 10 septembre 2023, en Indonésie, au Japon et aux Philippines) avec le kop français. Victor Wembanyama, en bon chef d’orchestre, a pris le tambour et a donné le la. Juste devant lui, Yoan Makoundou hochait la tête au rythme des percussions. En prime, les Bleus ont signé une 14e victoire (92-56) en autant de matchs à domicile depuis la mise en place des fenêtres internationales en 2017. Les deux dernières rencontres de ces éliminatoires en février, le 23 en République tchèque et le 26 contre la Lituanie à Trélazé, ne seront que des avant-goûts du rendez-vous planétaire l’été prochain.

« On ne pouvait pas rêver mieux »

« Au-delà, du basket, c’était un groupe incroyable », sourit d’ailleurs « Wemby », auteur d’un match satisfaisant, au micro de France Télévisions. « On ne pouvait pas rêver mieux. On a su frapper fort dès le début. Sportivement, c’était un rêve. La NBA sera un nouveau monde mais j’espère être à la Coupe du Monde 2023. » Un sujet sur lequel Vincent Collet a été interrogé après la rencontre. « C’est possible qu’il soit là », note le sélectionneur sans le nommer expressément. « On ne sait pas, c’est encore trop tôt. »

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Un temps gênés par la défense de zone bosnienne, les Français ont parfois trop déroulé les systèmes de jeu en début de rencontre, manquaient clairement d’instinctivité et de peps pour transpercer la défense adverse.  Dominateurs aux rebonds (40 prises contre 31) et plus adroits derrière l’arc, les Français ont totalement maîtrisé leur sujet et ont fini par mettre leurs hôtes du soir sous l’éteignoir (64-44, 32’). « On n’a pas trouvé de réponse face à leur agressivité, on n’a rien pu mettre en place offensivement », regrettait le sélectionneur bosnien Aziz Bekir. Accusant jusqu’à 36 points de retard (90-54, 39′), les Bosniens, victorieux du match aller en prolongation fin août (96-90) mais décimés par les blessures et les absences, n’ont pas pu endiguer la déferlante tricolore.

« On a envie et on a faim »

Et quel élan de fraîcheur ! Les fenêtres internationales sont ce qu’elles sont mais avec un effectif très jeune et inexpérimenté sur la scène internationale, la France en a profité pour puiser dans son réservoir de potentiels.  Appelé de dernière minute suite au forfait de Terry Tarpey III, Juhann Begarin s’est signalé avec un joli 22 d’évaluation en 19 minutes, le meilleur total de la soirée. « Ce sont des rendez-vous qui font très envie. On sait qu’il y a énormément de joueurs qui n’étaient pas présents mais ça ne nous fait pas peur. On est jeune. On a envie et on a faim », note Juhann Begarin, l’arrière du Paris Basketball aux deux sélections. Vif sur les lignes de passes, le Guadeloupéen de 20 ans a parfaitement compris les attendus du coach Collet. Dans un tout autre registre, Sylvain Francisco a, lui, été terriblement juste dans ses choix et a fait jouer son équipe. Moins d’un an après ses débuts, le meneur natif de Créteil postule clairement à une place dans le roster final pour le Mondial 2023. Un peu comme l’avait été Paul Lacombe, alors intenable lors des fenêtres, à la Coupe du monde 2019.

Sylvain Francisco, un prétendant pour la sélection finale au Mondial 2023 ? (photo : Julien Bacot / IS / FFBB).

« Des joueurs ont marqué des points », note Vincent Collet en rappelant que certains étaient des « invités surprises » de la dernière édition en Chine. « On a découvert des joueurs qu’on attendait pas à un tel niveau et c’est une très bonne nouvelle pour l’équipe de France. » Même Damien Inglis, qui fêtait sa première cape vendredi à 27 ans, a été joliment complimenté par Vincent Collet. « Il a été une plaque tournante sur la zone en 2e mi-temps. Depuis Boris (Diaw), c’est le premier à être aussi à l’aise dans ce rôle. » Avant de regarder le Guyanais assis à ses côtés : « C’est un joli compliment, non ? ». « Je le garde pour moi », lance l’intérieur de Gran Canaria.

Cette victoire, c’est aussi la leur. Celle des vingt-et-un autres joueurs qui sont venus prêter fin forte au groupe France depuis le début des qualifications au Monténégro, un soir de novembre 2021. « Le Team France Basket n’a jamais aussi bien porté son nom », n’a pas manqué de souligner la FFBB sur son compte Twitter.  Au-delà du récital en Lituanie (90-65) et de la fête paloise contre la Bosnie-Herzégovine (92-56), Vincent Collet a apprécié la manière.« Les joueurs ont toujours été à fond avec beaucoup de détermination et d’agressivité défensive », note le technicien normand bien décidé à remonter sur le podium après le bronze de 2019. « On n’a pas eu beaucoup d’entraînements collectifs mais l’envie de jouer ensemble a compensé et nous a permis d’être à un niveau vraiment intéressant. On a pris le parti pris de simplifier au maximum notre trame de jeu sur cette fenêtre avec très peu de systèmes mais en les travaillant en détail. » Un sélectionneur satisfait, des matchs vraiment plaisants et des jeunes fiers et déterminés à défendre les couleurs françaises, les Bleus ont fait le plein à Pau.

 

 

« Un match moyen » de Victor Wembanyama

 

Victor Wembanyama
Victor Wembanyama, toujours aussi précieux, a été moins en vue qu’à Vilnus. (photo : Julien Bacot / IS / FFBB).

 

À sa sortie, Victor Wembanyama s’est volontiers arrêté prendre la pose et signer quelques autographes à ses plus jeunes fans. Il s’est découvert des talents de musiciens, aussi, et a enchainé les interviews télé avec France TV et BeIN Sports avec une aisance toujours aussi déconcertante. D’apparence, une simple routine. Sauf que cela n’en est pas encore une avec les tricolores. Pour sa grande première avec la tunique bleue dans l’Hexagone et devant ses parents, l’ailier-fort de Boulogne-Levallois a marqué les sept premiers points français avant de forcer un peu ses tirs, notamment à longue distance. « Il s’est enflammé et a un peu de déchet », note Vincent Collet. « Même quand il fait un match moyen, Victor est plutôt bon. ll est resté trop en périphérie et n’est pas assez allé dans la raquette, alors que c’est là qu’il a une domination quasi-systématique. »

Auteur de la 3e meilleure marque pour un rookie en équipe de France vendredi à Vilnus, le natif de Chesnay a affiché un pourcentage aux tirs moindre (46 %, 7/15) mais a tout de même scoré 19 points pour 18 d’évaluation. « Pour évaluer ses performances, Victor se fie à son évaluation », explique Vincent Collet. « Quand il fait des grands matchs  – comme à Limoges il y a deux semaines où il a mis 33 points pour 41 d’évaluation -, son évaluation dépasse largement le nombre de points qu’il marque. »

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Qui a écrit ce papier ?

Théo Quintard

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